Florian Philippot et les liens troubles de l'extrême droite avec la Russie

Un déni qui interroge
"Je m'en fiche du Kremlin." La phrase de Florian Philippot résonne comme un défi. Pourtant, parmi les figures de proue de son rassemblement "patriote", six noms ont un point commun : ils ont tous travaillé pour Russia Today. La chaîne de propagande russe, interdite en France depuis des années, continue d'exercer son influence par proxy.
De quoi s'interroger. Alors que la guerre en Ukraine entre dans une nouvelle phase, cette convergence ne passe pas inaperçue.
Les faits en lumière
Le rassemblement d'Arras a mobilisé un nombre important de personnes. Officiellement, l'objectif était de "sortir des mensonges pour redresser la France". Mais le programme incluait une session sur "les vrais et faux amis de la France" — avec en toile de fond le conflit russo-ukrainien.
Les invités suscitent des questions. Alexis Poulin, Caroline Galacteros, Nicolas Markovic, Régis Le Somier, Nicolas Vidal et Didier Maisto : tous ont collaboré avec RT. Alexis Poulin continue d'ailleurs de tenir une chronique sur le site de RT, relayant des thèses critiques envers les médias occidentaux.
Interrogé, Philippot balaie les critiques : "Dès qu'on défend la position gaulliste de paix, on dit que c'est le narratif du Kremlin." Mais dans la foule, des déclarations sans équivoque sont captées. "La Russie est l'ami du peuple français. Même celle d'aujourd'hui", affirme un participant. Un autre renchérit : "Les torts sont partagés."
Une stratégie bien rodée
Nicolas Dupont-Aignan, présent à Arras, reprend une revendication de Vladimir Poutine : "Faire de l'Ukraine une zone démilitarisée neutre." Une position que Jean-Luc Barré, biographe du général de Gaulle, qualifie d'"abus de mémoire". "De Gaulle respectait le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Il aurait été du côté de l'Ukraine."
Cette instrumentalisation historique n'est pas le fruit du hasard. Une enquête allemande expose des méthodes sophistiquées : recrutement d'"agents jetables", manipulation de l'opinion via des influenceurs.
Ce que ça révèle de la France
Les faits sont têtus. Alors que le RN semble prendre ses distances avec Moscou, ses dissidents — Philippot en tête — maintiennent le lien.
La comparaison avec l'Allemagne est édifiante. Là-bas, l'AfD subit un examen rigoureux. En France, les "patriotes" de Philippot jouissent d'une forme d'impunité médiatique. Et pourtant, "la menace russe s'est intensifiée."
Voilà.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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