ANTIFASCISME SOUS FEU : Violences politiques, dissolutions et complicités dans la crise française

La mort qui a tout déclenché
Une date. Un affrontement. Une mort. Le 14 février 2024, Quentin Deranque, militant d'extrême droite, perd la vie lors d'une rixe à Lyon. Neuf personnes sont mises en examen, dont deux collaborateurs de Raphaël Arnaud, député de la France Insoumise et fondateur du collectif antifasciste La Jeune Garde, dissous en 2025. Jacques Favreot, assistant parlementaire d'Arnaud, est poursuivi pour complicité par instigation. Les circonstances précises de la mort de Deranque restent floues, mais l'affaire a pris une tournure politique et médiatique inédite.
"Je n'étais pas présent sur les lieux. Je n'étais pas au courant de ce qui allait se produire", déclare Raphaël Arnaud dans un entretien exclusif avec Blast. Pourtant, Deranque est devenu un symbole. Une minute de silence a été observée à l'Assemblée nationale — une première pour un militant d'extrême droite.
Lyon, terrain de guerre politique
Lyon n'est pas une ville comme les autres. Depuis des années, les groupes d'extrême droite y sévissent en toute impunité. Retenez ce détail : le local du Parti Communiste Français a été attaqué plus de 17 fois. Attaques au couteau, violences racistes, menaces de mort — Lyon est devenu un champ de bataille politique.
"La police était présente sur place, mais n'est pas intervenue", révèle Raphaël Arnaud. Les renseignements territoriaux connaissaient la sortie du collectif Némésis, un groupe antifasciste. Pourquoi n'ont-ils rien fait ? "On est dans une ville où ça se répète depuis des années. C'est juste hallucinant", ajoute Arnaud.
Les groupes d'extrême droite lyonnais agissent en toute impunité. Photos, vidéos, témoignages — les preuves sont là. Pourtant, aucune interpellation. "Ils retournent dans leurs locaux et il y a rien", dénonce Arnaud. La préfecture de Lyon minimise régulièrement les violences d'extrême droite, malgré les alertes répétées des antifascistes.
La Jeune Garde : dissolution et résistance
La Jeune Garde, collectif antifasciste fondé par Raphaël Arnaud en 2018, a été dissous en 2025. Le gouvernement accuse le groupe de promouvoir la violence. Et pourtant, La Jeune Garde revendique un travail de veille et de lutte contre l'extrême droite.
"La Jeune Garde a été dissoute, mais ses membres continuent leurs activités", explique Arnaud. Le collectif avait obtenu des victoires antifascistes, limitant la violence de l'extrême droite. Mais la dissolution a marqué un tournant. "En détruisant un outil comme La Jeune Garde, ils pensent effacer l'antifascisme. Ils se trompent", affirme Arnaud.
Le Conseil d'État examine actuellement l'appel pour annuler la dissolution de La Jeune Garde. Une décision cruciale pour l'avenir de l'antifascisme en France.
Complicités institutionnelles
Les institutions françaises sont accusées de complicité dans la montée de l'extrême droite. Laurent Luger, ministre de l'Intérieur, a osé remettre la responsabilité de la mort de Deranque sur la France Insoumise. Un mensonge, selon Raphaël Arnaud.
"Le ministre de l'Intérieur savait dès le départ que cette affaire n'était pas en lien direct avec la France Insoumise", déclare Arnaud. Les renseignements territoriaux étaient sur place, mais n'ont rien fait pour empêcher l'affrontement. Pourquoi ?
Le laisser-faire des institutions favorise l'impunité des groupes d'extrême droite. "Il y a des défaillances à tous les étages, y compris de la part d'institutions dans lesquelles on devrait retrouver une certaine forme de neutralité", dénonce Arnaud. La préfecture de Lyon, la police, les renseignements territoriaux — tous sont mis en cause.
Antifascisme : un combat nécessaire
"Le fascisme revient parce qu'il y a une crise du capitalisme majeure", déclare Raphaël Arnaud. La crise économique, sociale et politique favorise la montée de l'extrême droite. L'antifascisme est présenté comme une réponse nécessaire, mais il doit s'inscrire dans un combat plus large.
"Il ne s'agit pas de Raphaël Arnaud ou de La Jeune Garde. Il s'agit d'un combat beaucoup plus large qui nous dépasse", explique Arnaud. L'antifascisme doit être massifié, à tous les étages de la société. Influenceurs, journalistes, militants — tous ont un rôle à jouer.
Jean-Luc Mélenchon, leader de la France Insoumise, soutient l'antifascisme et met en garde contre la violence. "Faites attention à ne jamais tomber dans le piège de la violence", répète-t-il. Une ligne que La Jeune Garde s'efforce de suivre, malgré les provocations de l'extrême droite.
Le dossier est loin d'être clos
La mort de Quentin Deranque a révélé une crise politique profonde en France. Les violences d'extrême droite, les dissolutions controversées, les complicités institutionnelles — tout est sur la table. Raphaël Arnaud et La Jeune Garde sont au cœur de cette tempête.
"Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui ont eu peur dans ce moment-là", confie Arnaud. La peur de voir la violence s'embraser, de voir l'extrême droite prendre encore plus de pouvoir. Mais la résistance continue. L'antifascisme est plus nécessaire que jamais.
Le dossier est loin d'être clos. Les conclusions de l'enquête judiciaire seront cruciales. Mais une chose est sûre : la lutte contre l'extrême droite ne s'arrêtera pas. "Nous ne sommes pas comme eux", conclut Raphaël Arnaud. Et c'est peut-être là l'essentiel.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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