Marine Le Pen, Richard Ferrand et le deal qui interroge

Le verdict qui change tout
Marine Le Pen est candidate à la présidentielle. Elle l'a annoncé elle-même : « Je suis candidate à l'élection présidentielle. » Jordan Bardella, son directeur de campagne, se dit « extrêmement heureux ». Pourtant, elle vient d'être condamnée en appel. Pourquoi ce soulagement ?
La réponse tient en un chiffre : 45 mois. C'est la durée de sa peine d'inéligibilité, dont 30 mois avec sursis. Comptez 15 mois à partir du 31 mars 2025, date du jugement de première instance. La peine est purgée depuis le 1er juillet 2026. Marine Le Pen peut se présenter.
En première instance, elle avait écopé de 5 ans d'inéligibilité. La cour d'appel a considérablement réduit la sanction. L'amende reste la même : 100 000 euros — « une broutille pour cette riche héritière », selon la vidéo. À la barre, Marine Le Pen a détaillé ses revenus : 11 000 euros par mois issus de ses mandats, une résidence personnelle dont elle est propriétaire, et une succession en cours de 4 millions d'euros grâce à son père.
Elle a les moyens de se pourvoir en cassation. Elle a pris un ténor du barreau — l'ancien avocat de François Fillon.
Un calendrier accéléré sous pression
Le citoyen lambda attend des mois, parfois des années, pour un procès en appel. Pas Marine Le Pen. Après le verdict en première instance en 2025, la cour d'appel de Paris a annoncé que le procès aurait lieu avant l'été 2026. Un magistrat interrogé par l'émission confie : « Marine Le Pen a bénéficié d'un traitement de faveur en matière d'audiencement. Il s'agissait pour la cour d'appel de faire un geste afin de répondre aux pressions politiques du RN et de la droite. »
Les juges de première instance avaient été menacés de mort. La présidente du tribunal, Bénédicte de Pertuis, a été placée sous protection policière. Marine Le Pen l'avait « lâchée en pâture » sur TF1 le soir du verdict.
Et il n'y a pas eu que les pressions du RN. Gérald Darmanin, ministre de la Justice, est intervenu à l'Assemblée nationale en avril 2025. Il a publiquement incité la cour d'appel à accélérer le second procès : « Tout citoyen, toute citoyenne doit pouvoir faire valoir son droit au recours. »
Comment juger sereinement dans ces conditions ? La question reste posée.
La décision du Conseil constitutionnel — trois jours avant
Le 28 mars 2025. Trois jours avant le verdict de première instance. Le Conseil constitutionnel rend une décision qui va tout changer. Elle ordonne aux juges de pondérer l'inéligibilité avec la préservation de « la liberté de l'électeur ». C'est exactement le motif retenu par la cour d'appel dans son arrêt.
La cour juge que l'exécution de la peine d'inéligibilité a « déjà réparé l'atteinte à la probité dans une mesure compatible avec les garanties fondamentales reconnues aux citoyens ». Autrement dit : le droit de voter pour un candidat condamné prime sur la sanction.
Ludovic Friat, président de l'Union syndicale des magistrats (USM), confie : « C'est une notion empruntée au Conseil constitutionnel. Le Conseil constitutionnel utilise cette notion pour statuer sur la validité des candidatures. »
Devinez qui préside le Conseil constitutionnel ? Richard Ferrand. Nommé en 2025 après une controverse. Et qui a permis sa nomination ? L'abstention du Rassemblement national.
Le deal Ferrand-Le Pen
Richard Ferrand a été nommé président du Conseil constitutionnel grâce à la « clémence du RN ». Marine Le Pen, qui d'ordinaire ne mâchait pas ses mots contre l'institution, a retenu ses coups. Ses troupes se sont abstenues lors du vote au Parlement. Ferrand a obtenu son poste à une voix
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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