Langres : un lycée se bat contre l'expulsion d'une famille nigériane

« Ne fais pas ça. » — L'histoire d'une fuite
Alia a de quoi être fière. Sa famille a survécu au pire il y a deux ans, quand son père a rejoint Boko Haram, le groupe terroriste djihadiste. Sa décision a été sans appel : les filles ne devaient plus aller à l'école. Il voulait réunir assez d’argent pour marier Alia de force. Elle l’a supplié — « Ne fais pas ça. » Réponse du père : « Non, j’ai déjà pris ma décision. » Il brûle le commerce de sa femme, violente filles et mère, puis envoie Shakira faire une course. Le temps pour lui de marier l’aînée. La mère raconte : « Le lendemain, comme ils avaient bu, tout le monde avait sommeil. Alors mes enfants et moi, on s'est tout simplement enfuis et c'est là que notre périple a commencé. »
De Paris à la forêt, en passant par l'Espagne
En août 2024, à Paris, on leur vole leurs passeports. Puis Montbéliard, l’Espagne, jusqu’à Besançon où les enfants peuvent aller à l’école — mais dorment dans la rue. Le 22 avril 2025, le centre d’accueil pour demandeurs d’asile de Langres leur ouvre enfin ses portes. Onze mois plus tard, Shakira reçoit une obligation de quitter le territoire français. « Si la police vient, elle nous renverrait au Nigeria et ça c'est hors de question, impossible. On ne peut pas y retourner parce que c'est dangereux. » Ses filles lui ont dit : « On ne se sent plus à l'aise ici, partons, c'est tout. » Alors pendant les vacances de Pâques, la famille fuit à Étampes. Cachette : la forêt. Elles dorment sous les arbres.
L'appel au secours d'une élève — et la riposte du lycée
L’aînée a envoyé un message à ses professeurs. Un appel à l’aide, simple et désespéré : la famille fonde tous ses espoirs sur l’école, veut construire son avenir par l’école. Elle ne demande rien — juste pouvoir revenir au lycée. Le 30 avril, profs et parents d’élèves marchent unis. Deux chaises vides trônent devant le lycée Diderot — symboles de l’absence des sœurs dans leurs classes. Une cagnotte en ligne est lancée pour trouver un logement et de quoi vivre. Objectif : les aider à suivre leur scolarité sereinement. Car elles ont un désir de réussir, des projets professionnels bien définis. Et aider la famille à vivre correctement.
Un recours, et rien d'autre
Shakira a déposé un recours devant le tribunal administratif après l’OQTF. Elle n’espère qu’une chose : que ses enfants puissent revenir à l’école en septembre — avec un titre de séjour.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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