Incendies : l'exposition des populations a bondi de 40 % en 20 ans

Quarante pour cent. C'est l'augmentation de l'exposition des populations aux incendies entre 2002 et 2021. Des climatologues, biologistes et ingénieurs signent ce constat dans une étude parue il y a un an dans la revue Science. La cause ? Une proximité accrue entre les feux et les zones habitées. Et le continent le plus touché n'est pas celui qu'on croit.
Le feu se rapproche des maisons
L'étude ne dit pas qu'il y a plus de feux. Elle dit que les humains sont plus souvent sur leur chemin. Entre 2002 et 2021, l'exposition mondiale a grimpé de 40 %. Pourquoi ? Les populations se déplacent vers les zones à risque. Les villes s'étendent — jusqu'à l'orée des bois. Et le réchauffement climatique allonge la saison des flammes.
Les chercheurs ont passé en revue les incendies qui ont menacé des habitations partout dans le monde. Leur conclusion est nette : la menace n'est plus une exception saisonnière. Elle devient une donnée structurelle de l'urbanisme.
En Europe, la densité de population aggrave le danger. Un feu de faible superficie peut menacer des centaines de maisons. En France, en Espagne, en Italie, les flammes frappent vite. Très vite. Les villes continuent de s'étendre jusqu'aux forêts — et les forêts, elles, brûlent plus souvent.
L'Afrique, continent oublié des incendies
Plus de 85 % des personnes exposées aux feux de forêt entre 2002 et 2021 vivaient en Afrique. C'est le chiffre clé de l'étude. Et pourtant, ces incendies restent invisibles. Pas d'images. Pas de reportages.
La carte de Global Forest Watch est sans appel. Chaque point rouge représente un départ de feu — depuis la mi-juin, les points crépitent sur la pointe sud du continent. La République démocratique du Congo, l'Angola, la Zambie sont les plus touchés. Pourquoi ? Le climat y est sec. La savane domine — un milieu plus inflammable qu'une forêt humide. La sécheresse s'aggrave avec le réchauffement.
Mais il y a un autre facteur. Dans ces régions, l'agriculture sur brûlis reste une méthode traditionnelle. Les feux échappent à tout contrôle. L'urbanisation rapide aggrave le risque. Les populations s'installent là où les flammes passent.
Des progrès, mais un risque structurel
Il y a une bonne nouvelle. Les surfaces brûlées ont baissé de 26 % au niveau mondial en vingt ans. La lutte contre les incendies a progressé. On éteint plus vite. On fixe mieux les feux.
Mais le nombre de départs, lui, ne cesse d'augmenter. 90 % des départs de feu sont d'origine humaine — volontaires ou accidentels. La foudre ne compte que pour 10 %. Les humains et leurs activités se rapprochent des espaces boisés. Chaque été, les occasions de départ de feu se multiplient.
La période de sécheresse et de fortes chaleurs s'étend désormais du milieu du printemps au début de l'automne. En France, on l'a vu cette année. Le réchauffement climatique transforme des régions autrefois épargnées en poudrières.
Faut-il interdire de construire en zone à risque ?
Les chercheurs posent une question que les pouvoirs publics évitent. Faut-il intégrer le risque incendie dans l'urbanisme comme on le fait déjà pour les inondations ? Interdire les constructions dans les zones les plus dangereuses ?
Les experts cités dans l'étude le disent. Il va falloir prendre en compte le risque d'incendie comme on prend en compte le risque d'inondation. Et peut-être décider d'interdire les constructions dans les zones les plus exposées. Une décision impopulaire. Mais les chiffres sont là.
L'étude de Science n'est pas une prédiction. C'est un constat sur vingt ans. Vingt ans pendant lesquels l'exposition a bondi de 40 %. Vingt ans pendant lesquels l'Afrique a été la plus touchée — sans que personne n'en parle.
À suivre.
Sources : Revue Science (étude parue il y a un an) ; Global Forest Watch (carte des départs de feu) ; chronique vidéo.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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