LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

Société

Euthanasie : l'effondrement du soutien parlementaire et la menace des garde-fous

Par la rédaction de Le Dossier · 26 JUIN 2026
Illustration: Euthanasie : l'effondrement du soutien parlementaire et la menace des garde-fous
© YouTube

Trois lectures, un effondrement

Le soutien parlementaire fond. Selon les chiffres cités dans l'hémicycle par le député UDR de l'Ardèche Vincent Trébucher, le taux est passé de 79 % en 2021 à 53 % à la précédente lecture. « L’euthanasie, plus on en parle, plus on comprend ce que c’est, moins on y adhère », a lancé Trébucher.

Cette érosion interroge. Pourquoi un tel recul ? Le député pointe un « lobbying incessant » suspect. Mais les chiffres sont têtus. Le Sénat a rejeté le texte à plusieurs reprises. La commission mixte paritaire a échoué. Et pourtant. Le gouvernement et ses alliés semblent déterminés à faire adopter le texte dans les prochains jours.

L’amendement qui déchire

Mardi, un vote a stupéfié l'Assemblée. L’amendement déposé par la députée RN du Vaucluse Marie-France Lorho a été adopté. Il interdit aux médecins d’administrer le produit létal. Objectif affiché : respecter le serment d’Hippocrate. « Il s’agit de s’assurer que le serment d’Hippocrate est respecté », a expliqué la députée. Mais le texte prévoit que les infirmiers pourraient pratiquer l’injection fatale. Les médecins dispensés, les infirmiers chargés du geste — une contradiction, soulignée par Guillaume de Tiolois, président de la Marche pour la vie. « Est-ce qu’à la fin des fins les médecins seront dispensés, qu’il y aura que les infirmières qui devront assassiner ? » Selon lui, confier l’acte létal aux infirmiers revient à « transformer l’assassinat en soin ». Il ajoute : « On peut pas demander à la fois aux mêmes personnes de sauver des gens et de les assassiner. »

Les ordres professionnels ont réagi. Le Conseil national de l’Ordre des médecins et celui des infirmiers ont rappelé que « le médecin comme l’infirmier doivent accompagner le mourant jusqu’à ces derniers moments, assurés par des soins et mesures appropriées la qualité d’une vie qui prend fin ». Ils ne peuvent « provoquer délibérément la mort ». L’amendement Lorho constitue un désaveu cinglant pour les promoteurs de l’euthanasie. Mais il ouvre une brèche : les infirmiers pourraient devenir les exécutants d’un geste que les médecins refusent.

Les garde-fous sous pression

Question centrale : les garde-fous. Les opposants dénoncent une stratégie d'« étape par étape ». « Dans la première loi, il y aura pas les mineurs. Dans la première loi, il y aura pas les maladies psychiatriques. Dans la première loi, il y aura même pas les maladies d’Alzheimer », a rappelé Guillaume de Tiolois. La députée MODEM de la Nièvre, Périne Goulet, a tenté de rassurer : « Non, les mineurs ne sont pas concernés. Non, les personnes âgées qui n’auraient pas de maladie incurable ne sont pas concernées. Non, les handicapés qui n’ont pas une maladie en fin de vie et qui ne souffrent pas d’une souffrance réfractaire ne sont pas concernés. Bref, nous n’allons pas euthanasier tous les fragiles de notre pays. »

Mais les exemples étrangers inquiètent. Pas plus tard que cette semaine, aux Pays-Bas, alors qu’initialement le processus était réservé aux adultes, un enfant de moins de 12 ans a été euthanasié. Le lendemain jeudi, la loge maçonnique du Grand Orient publiait un communiqué appelant à légaliser la piqûre en évoquant les avancées observées dans de nombreux pays européens.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Sur le même sujet