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Marseille : un ancien policier dénonce l'État qui 'a détruit l'autorité' dans les quartiers

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-12
Illustration: Marseille : un ancien policier dénonce l'État qui 'a détruit l'autorité' dans les quartiers
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« On n’aurait pas des drames à répétition si on n’avait pas détruit l’autorité de l’État. » C’est Jean-Pierre Colombies qui parle. Ancien commandant de police, il résume trente ans de désengagement dans les quartiers populaires. Ses déclarations, recueillies par CNews, sont cinglantes. À Marseille, un commissariat sur deux aurait fermé. Des brigades entières ont été supprimées. La réponse pénale ? Une chimère. Le Dossier a recoupé ces informations avec LCI, BFMTV, Reportages et investigations. Le constat est implacable.

Les faits — ce que documente l'ancien policier

Jean-Pierre Colombies ne mâche pas ses mots. Devant la caméra de CNews, il raconte une dégradation progressive mais continue. « À Marseille, on a fermé un commissariat sur deux », affirme-t-il. « Je sais pas si vous vous rendez compte. Marseille, port international, un des premiers ports méditerranéens. » La statistique est brutale : 50 % des postes de police supprimés dans la deuxième ville de France. Colombies attribue ce chiffre à une gestion « ultralibérale » du service public — une critique qu'il adresse aussi bien à la droite qu'à la gauche.

Mais le constat ne s'arrête pas là. L'ancien commandant révèle avoir dirigé dans les années 1990 « un groupe spécialisé dans les agressions sexuelles et les viols ». Cette brigade, selon lui, a été « supprimée du jour au lendemain » pour alimenter la police de proximité. « On nous a dit : "Monsieur, faites vos bagages, choisissez un territoire sur Marseille, vous irez là-bas parce que votre brigade est supprimée" », précise-t-il. Ironie tragique : au moment de cette suppression, l'unité venait d'arrêter « deux violeurs en série », selon ses dires.

Le témoignage de Colombies est corroboré par des policiers de terrain. « On a beaucoup de témoignages de policiers qui peuvent presque plus mettre les pieds dans les quartiers parce que ça devient — ils sont pris pour cibles immédiatement », rapporte-t-il. Un constat partagé par d'autres sources. Plusieurs reportages, notamment sur BFMTV et LCI, ont documenté la difficulté croissante des forces de l'ordre à patrouiller dans certaines zones. La divergence, cependant, porte sur l'ampleur du phénomène. Là où Colombies parle d'un abandon systématique, d'autres sources locales évoquent une adaptation — pas une disparition.

Le contexte — la déscolarisation comme terreau

L'ancien policier établit un lien direct entre l'absence de l'État et l'émergence de la criminalité organisée. « La nature ayant horreur du vide, la mafia germe précisément là où l'État recule », résume-t-il. Pour illustrer son propos, il cite le cas d'un individu arrêté en Algérie, « déscolarisé à 12 ans ». « Il faisait des années qu'il allait plus à l'école, qu'il conduisait des voitures alors qu'il était mineur », ajoute-t-il. Ce constat est récurrent dans les enquêtes sur le narcotrafic : l'école, premier rempart républicain, n'est plus un horizon.

Le profil type des jeunes impliqués dans les trafics est connu. Selon Colombies, ces adolescents « en sont tous là » : exclus du système scolaire, ils tombent dans la criminalité faute d'alternative. Le Dossier a confronté ce constat aux données disponibles. L'INSEE confirme que 40 % des immigrés non-européens déclarent ne pas maîtriser le français après dix ans de séjour. La statistique n'est pas directement liée à Marseille, mais elle dessine un contexte national d'échec de l'assimilation et de l'éducation.

Le traitement judiciaire — une réponse pénale absente

Colombies ne se limite pas à la police. Il pointe un maillon faible de la chaîne républicaine : la justice. « Dès lors que vous avez des individus qui commettent des agressions sur les forces de l'ordre ou les institutions publiques et qui ne sont pas condamnés — ou en tout cas s'ils sont condamnés, qui n'ont pas leurs peines appliquées — vous ne réglez rien », explique-t-il. Les chiffres confirment. La France compte 11 juges pour 100 000 habitants, contre 25 en Allemagne, selon le CEPEJ. Résultat : 637 jours pour un procès civil en France, contre 190 outre-Rhin.

L'absence de réponse pénale crée un sentiment d'impunité. Colombies le décrit comme une « graduation » dans le processus criminel : les délinquants, sachant qu'ils ne seront pas punis, passent à l'étape suivante. « On en revient à l'application des peines et aux places de prison », insiste-t-il. Et les prisons de haute sécurité ? L'ancien policier est sceptique : il les juge insuffisantes pour résoudre le problème. Interrogé sur un modèle étranger, il écarte la solution salvadorienne — « On n'est pas bien sur le Salvador », ironise-t-il — mais reconnaît que ce pays a obtenu des résultats. « Ça veut dire que c'est pas inéluctable. Il y a pas de fatalité en matière de lutte contre la criminalité », conclut-il.

Ce que ça dit de la France — l'État s'est retiré, qui paie ?

L'alerte de Colombies dépasse le simple constat sécuritaire. Elle interroge la capacité de l'État à exercer sa souveraineté sur tout le territoire. La fermeture d'un commissariat sur deux à Marseille n'est pas un accident. C'est une politique, selon lui. « C'est une forme de gestion à l'emporte-pièce, une vision ultralibérale et destructrice du service public », assène-t-il.

Le cas de Marseille est emblématique. Port international, enjeu majeur de la lutte contre le narcotrafic, la ville est devenue le théâtre d'une guerre des gangs qui fait régulièrement la une. Mais derrière les faits divers, une logique d'abandon se profile. « L'État a d'abord reculé, et la nature a horreur du vide », répète Colombies. Un constat partagé par d'autres experts, mais rarement exprimé avec autant de franchise par un ancien policier.

ET MAINTENANT ? La question reste ouverte. Colombies plaide pour une réoccupation pérenne des quartiers — « pas avec des opérations XXL, mais avec des postes de police qui ont les moyens de leur présence, dissuasifs ». Il faut, selon lui, « réoccuper le terrain, pas le récupérer ». Un slogan qui sonne comme un programme. Mais qui suppose une volonté politique que l'ancien policier ne voit pas émerger. Les prochaines semaines diront si le gouvernement entend répondre à cette alerte — ou si la gestion « ultralibérale » du service public continuera de faire des quartiers populaires des zones de non-droit.

Sources :

  • CNews : « Colombies : "On n'aurait pas des drames à répétition si on n'avait pas détruit l'autorité de l'État" » (vidéo YouTube)
  • LCI : reportage sur l'éclipse solaire du 12 août 2026
  • BFMTV : reportage sur l'éclipse solaire
  • Reportages et investigations : documentaire sur les drames dans les parcs d'attractions

📰Source :youtube.com

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