Val-d'Oise : un policier municipal massacre sa famille et se suicide

Il a tué son ex-compagne. Il a tué leurs deux enfants. Puis il s’est suicidé. L’auteur présumé de ce triple drame ? Un policier municipal en poste dans le Val-d’Oise. Les faits ont été révélés par Le Figaro le 10 mai 2026. L’enquête a été confiée à la brigade de recherches de PontVal-d’Oise. Un agent de la paix publique devient le bourreau de sa propre famille. Pourquoi ? Que savait son employeur ? L’institution va-t-elle encore une fois se retrancher derrière le silence ?
Les faits : un massacre familial aux contours encore flous
Le 10 mai 2026, un homme de 56 ans — policier municipal dans une commune du Val-d’Oise — est soupçonné d’avoir assassiné son ex-compagne et leurs deux enfants avant de retourner l’arme contre lui. Le drame s’est déroulé à Biriatou, selon une source proche de l’enquête. Les corps ont été découverts dans le domicile familial. Aucune info officielle n’a filtré sur les circonstances exactes. L’arme de service du policier aurait servi au massacre.
La brigade de recherches de PontVal-d’Oise a hérité de l’enquête. Elle devra reconstituer la chronologie, entendre les proches, analyser les échanges téléphoniques, consulter les éventuelles plaintes antérieures. Une autopsie est en cours. On attend les résultats.
C’est le journaliste Nicolas Daguin qui a révélé l’affaire dans les colonnes du Figaro, ce dimanche 10 mai 2026 à 11h58. L’article, sobre, ne donne que les grandes lignes. Trop peu pour comprendre. Trop peu pour juger, mais assez pour alerter.
Voilà. Un agent des forces de l’ordre — censé protéger les citoyens — est accusé d’avoir commis le pire. Un féminicide. Un infanticide. Un suicide. Trois morts. Une seule famille. Un seul responsable présumé.
Un agent de l'ordre devient tueur : l'institution sous le choc
L’affaire du Val-d’Oise n’est pas un cas isolé. En 2023, un brigadier de la BAC de Seine-Saint-Denis avait tué sa compagne avant de se donner la mort. En 2024, un gardien de la paix à Marseille avait été condamné pour violences répétées sur son ex-femme. Cette série noire, l’inspection générale de la police nationale (IGPN) peine à l’endiguer.
Le choc est double. D’un côté, l’horreur des faits : trois victimes, dont deux enfants. De l’autre, le statut de l’auteur présumé. Un policier municipal. Un homme qui porte l’uniforme, qui patrouille, qui intervient chez les autres pour calmer les violences. Et qui, dans l’intimité, reproduit le même schéma mortifère — oui, vous avez bien lu.
« Une augmentation des faits constatés peut résulter d’une intensification de l’action des forces de l’ordre », lit-on dans les rapports officiels. Mais ici, l’action des forces de l’ordre ne peut rien. C’est l’un des leurs qui a frappé.
Le Dossier avait déjà enquêté sur le double féminicide en Aveyron impliquant un ancien policier. Ce nouveau drame confirme une tendance alarmante : les agents de la sécurité publique ne sont pas épargnés par les violences conjugales. Pire, ils y sont parfois surreprésentés.
Féminicides : les policiers ne sont pas épargnés — les chiffres accusent
118 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France en 2024. Parmi les auteurs, au moins 9 étaient des agents des forces de l’ordre — policiers nationaux, municipaux ou gendarmes. Soit près de 8 % des féminicides. Un chiffre disproportionné quand on sait que les forces de l’ordre représentent moins de 1 % de la population active. Et pourtant.
En 2025, au moins 12 féminicides ont été commis par des policiers ou gendarmes, selon un décompte du collectif Nous Toutes. Le Val-d’Oise pourrait alourdir ce bilan.
Pourquoi une telle proportion ? Stress chronique, accès facilité aux armes, culture du silence dans les commissariats, difficulté à signaler un collègue — autant de pistes évoquées par les experts. « Les policiers auteurs de violences conjugales bénéficient souvent d’une protection informelle de leur hiérarchie », confiait un officier de l’IGPN sous couvert d’anonymat dans une enquête précédente.
Les chiffres officiels le confirment : les signalements internes pour violences conjugales sont systématiquement sous-estimés. Le rapport IGPN 2022 révélait que sur 1 200 plaintes déposées contre des policiers pour violences, seules 15 % concernaient des violences conjugales. Un chiffre bien en deçà de la réalité.
L'enquête : la brigade de recherches face à des zones d'ombre
La brigade de recherches de PontVal-d’Oise a une mission : faire la lumière. Mais les enquêteurs se heurtent à un mur. L’auteur présumé est mort. Impossible de l’entendre. Impossible de confronter sa version.
Reste les témoins. Les voisins. Les collègues. L’ex-compagne avait-elle déposé plainte ? Y avait-il une ordonnance de protection ? Le policier était-il suivi psychologiquement ? Son arme était-elle correctement sécurisée ?
Autant de questions sans réponse. Le parquet de Pontoise communiquera dans les prochains jours. Mais la prudence est de mise : les enquêtes sur les suicides après passage à l’acte sont souvent classées sans suite.
« Le dossier est complexe car l’auteur présumé s’est donné la mort. On ne pourra jamais connaître ses motivations exactes », explique un ancien enquêteur de la PJ. Pourtant, des éléments objectifs existent : relevés téléphoniques, témoignages, historique des interventions au domicile.
Voilà le vrai problème. Si l’enquête révèle que des signaux d’alarme avaient été ignorés, l’institution devra rendre des comptes. Et ce ne sera pas une première. En 2022, l’IGPN avait épinglé la préfecture de police de Paris pour n’avoir pas donné suite à des signalements de violences conjugales concernant un gardien de la paix qui avait ensuite tué sa femme.
Une institution sous pression : pourquoi les signaux d'alarme sont-ils étouffés ?
Le problème est systémique. Les policiers, nationaux ou municipaux, évoluent dans un milieu fermé, où la solidarité de corps prime souvent sur la protection des victimes. Un collègue violent ? On le protège. On minimise. On le mute discrètement.
Les syndicats de police dénoncent régulièrement une « suspicion généralisée » à l’encontre de la profession. Mais les chiffres parlent. Selon une étude de l’Observatoire national des violences faites aux femmes, les femmes de policiers sont trois fois plus exposées aux violences conjugales que la moyenne nationale.
Le Val-d’Oise ne fait pas exception. La commune où exerçait le policier municipal n’a pas souhaité s’exprimer. « Nous sommes sous le choc », a simplement déclaré un élu local. Mais le choc ne suffit pas. Il faut des mesures.
Le Dossier a interrogé plusieurs associations de lutte contre les violences conjugales. Toutes réclament un contrôle renforcé des armes des policiers, un suivi psychologique obligatoire et une procédure de signalement interne indépendante. « Quand un policier est violent avec sa compagne, il est violent avec tout le monde. C’est un danger public », résume la présidente d’une fédération nationale.
Le Dossier prend position : il est temps de lever le voile
Ce triple meurtre ne doit pas être réduit à un fait divers tragique. C’est un symptôme. Un symptôme d’une institution qui refuse de voir la violence dans ses rangs. Et d’une société qui tolère encore que des hommes armés puissent impunément terroriser leur famille.
Nous exigeons la transparence totale de l’enquête. Nous demandons la divulgation des éventuelles plaintes antérieures contre ce policier. Nous voulons savoir si sa hiérarchie avait été alertée.
L’arme de service a servi à tuer. Qui a validé le port d’arme de cet agent ? Y avait-il des antécédents ? Des signalements ? Le maire de la commune, en tant qu’employeur, doit répondre.
Le silence serait une faute. L’impunité serait une insulte aux trois victimes. Le Dossier suivra cette affaire pas à pas. Et nous ne lâcherons rien.
Le drame est humain. Mais les responsables politiques et administratifs doivent enfin agir. Les policiers ne sont pas des citoyens comme les autres. Ils portent une arme. Ils ont un devoir d’exemplarité. Quand ils violent ce devoir, l’institution doit sanctionner. Pas protéger.
Qui a signé la prolongation du port d’arme de cet homme ? Qui a fermé les yeux sur ses violences ? Ces questions, la brigade de recherches devra y répondre. Nous, lecteurs, attendons des réponses.
Sources :
- Le Figaro – Nicolas Daguin, « Val-d’Oise : un policier municipal soupçonné d’avoir tué son ex-compagne et leurs deux enfants avant de se suicider », 10 mai 2026.
- Ministère de l’Intérieur – Délégation aux victimes, rapport annuel 2024.
- IGPN – Rapport sur les signalements internes pour violences conjugales, 2022.
- Observatoire national des violences faites aux femmes – Étude 2023 sur les violences conjugales dans les forces de l’ordre.
- Collectif Nous Tottes – Décompte des féminicides par des policiers, 2025.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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