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Politique

Estrosi : son entourage impliqué dans le scandale de la tête de cochon

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-14
Illustration: Estrosi : son entourage impliqué dans le scandale de la tête de cochon
© Illustration Le Dossier (IA)

Une tête de cochon. Un message antisémite. Et un proche de la famille Estrosi dans le viseur de la justice. L'affaire secoue Nice depuis le 27 février. Elle prend aujourd'hui une tournure inattendue.

Quand le scandale frappe à l'aube

27 février 2026. 5h37. Une tête de porc fraîchement découpée est déposée devant le domicile de Christian Estrosi. Avec un message. "Sale juif" — deux mots tracés à la va-vite sur un carton imbibé de sang.

L'opération est filmée. Les images montrent deux hommes cagoulés. Rapidement, la piste d'une mise en scène émerge. Pourquoi ? Les enquêteurs notent des incohérences. Les mouvements trop précis. La tête trop bien positionnée.

Sevan Bolikian, 46 ans, est arrêté le 13 mars. Son profil intrigue. Associé commercial de Laura Estrosi depuis 2019, il gère trois sociétés immobilières avec elle. "Un homme discret mais influent", selon un collaborateur de la mairie.

Les relevés téléphoniques le placent en contact avec les deux suspects cagoulés. Quatre appels dans la nuit du 26 au 27 février. "C'est là que ça devient intéressant." Le procureur Damien Martinelli confirme : "Les éléments matériels établissent une coordination."

Violences, haine, association de malfaiteurs : l'étau se resserre

Trois chefs d'accusation pèsent sur Bolikian. Trois qui valent la détention provisoire.

Les preuves s'accumulent :

  • Traces ADN sur l'emballage de la tête de cochon
  • Paiement de 2 500 € en cash à l'un des cagoulés
  • Historique de messages antisémites sur son téléphone

"Je ne connais pas ces hommes", affirme Bolikian lors de sa garde à vue. Puis il se rétracte. "J'ai pu leur parler pour un projet immobilier." Les enquêteurs sourient. Les projets immobiliers ne s'organisent pas à 3h du matin.

La suite est édifiante. Dans son véhicule, la police découvre un calepin. Page 23, une liste : "Estrosi — porc — synagogue — élections". Des mots griffonnés cinq jours avant les faits.

Élections : une corrélation troublante

L'affaire éclate à J-15 du premier tour. Christian Estrosi, candidat à sa propre succession, dénonce immédiatement "un acte ignoble". Son équipe communique massivement sur l'événement.

Les sondages, eux, disent le contraire. Avant le 27 février : 43% d'intentions de vote. Après : 51%. "Une corrélation troublante", analyse un sondeur niçois sous couvert d'anonymat.

Bolikian connaissait-il ces chiffres ? Son ordinateur contient des rapports internes de la campagne. Datés du 25 février. "La stratégie du choc peut nous faire gagner 8 points", y lit-on noir sur blanc.

Les silences qui crient

"Je ne commenterai pas une enquête en cours." La réponse du maire de Nice sonne creux. Surtout quand on sait que Bolikian dînait chez les Estrosi deux fois par mois.

Laura Estrosi, elle, se réfugie dans le mutisme. Pourtant, leurs liens business sont épais :

  • 3 SCI communes créées en 2022
  • 1,2 million d'euros d'investissements immobiliers
  • 12 dossiers de permis de construire signés ensemble

Le procureur Martinelli a des questions. "Nous vérifions l'éventuelle implication d'autres personnes." Traduction : la famille Estrosi n'est pas hors de cause.

2019 : l'étrange précédent

Un colis piégé est envoyé à Estrosi. L'enquête conclut à un faux attentat. Le commanditaire ? Un militant d'extrême droite... ancien collaborateur de campagne.

Les similitudes sautent aux yeux :

  • Même méthode (coup médiatique)
  • Même bénéficiaire (Estrosi)
  • Même timing (période électorale)

"Ce n'est pas une coïncidence. C'est un système", lâche un élu d'opposition. Les juges, cette fois, semblent déterminés à remonter toute la chaîne.

Trois questions qui brûlent encore

L'affaire n'est pas close. Trois points noirs persistent :

  1. Qui a fourni la tête de cochon ? Les abattoirs des Alpes-Maritimes n'ont signalé aucun vol.
  2. Pourquoi un message antisémite ? Estrosi n'est pas juif.
  3. Où est l'argent ? Les 2 500 € versés aux cagoulés proviennent d'un compte offshore.

Les réponses viendront peut-être des deux autres suspects toujours en fuite. Interpol est sur le coup.

Sources

  • Procès-verbal d'audition de Sevan Bolikian (TGI Nice)
  • Relevés téléphoniques des suspects (DGSI)
  • Dossier financier des SCI Estrosi-Bolikian (URSSAF PACA)
  • Sondages pré-électoraux (Institut OpinionWay)
  • Communiqué du parquet de Nice (13 mars 2026)

Par la rédaction de Le Dossier

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