LES ESCLAVES SEXUELLES DE L'ÉGLISE : ABUS, AVORTEMENTS FORCÉS ET IMPUNITÉ

Une souffrance sacrée
"Je faisais des fellations au Père Marie-Dominique à sa demande." Michel France, religieuse carmélite, témoigne. Elle avait 26 ans en 1971. Comme des milliers d'autres, elle a subi des abus sexuels pendant des années. Par des hommes de Dieu. "Il voulait me sentir l'amour de Jésus pour moi." Une justification spirituelle pour couvrir l'indicible.
Les religieuses, femmes consacrées, mariées à Dieu, sont des proies faciles. Leur foi est leur faiblesse. Leur obéissance, leur piège. "Je prenais ça comme un exercice de pénitence." Michel France ne trouvait pas la force de refuser. Elle était comme "le petit oiseau hypnotisé par la vipère".
Le système Thomas
Le Père Thomas. Un nom qui revient sans cesse dans les témoignages. Prêtre charismatique, directeur spirituel, il a abusé de nombreuses femmes pendant plus de 25 ans. "Il m'a dit : 'Tu peux te déshabiller.'" Michel France raconte. "Il s'est étendu sur moi."
En 1952, le Père Thomas avait déjà été jugé pour abus. Interdit de célébrer la messe, il a continué ses agissements. Sans que sa hiérarchie n'intervienne. "Pour moi, c'est un scandale pur." Sœur Véronique Margron, théologienne, ne comprend pas. "Quelqu'un qui a commis ce type de délit, je ne comprends pas qu'on puisse le remettre en responsabilité."
Le Père Thomas n'était pas seul. Il formait des disciples. Le Père Gilbert, l'un d'eux, a abusé d'une jeune femme pendant 7 ans. "J'ai été accompagné par le Père Thomas." Une excuse suffisante pour justifier l'injustifiable.
Témoignages étouffés
Doris, religieuse allemande, a été abusée en 2006. "Il a approché sa main et a ouvert le bouton de mon habit." Elle a porté plainte en 2012. Les procédures ont été classées sans suite. "L'une pour manque d'éléments probants. Dans l'autre, les autorités judiciaires se sont déclarées incompétentes."
L'Église utilise ses propres procédures. Le droit canonique. Une justice interne qui protège les prêtres. "La vérité n'émane pas de la parole des femmes." Dans la doctrine catholique, les femmes sont des témoins douteux. Les prêtres, des messagers de Dieu.
Avortements forcés
Les religieuses tombent parfois enceintes. Leur sort est terrible. "Le prêtre responsable insiste pour qu'elle avorte." Marie McDonald, religieuse missionnaire, l'a dénoncé dans un rapport en 1998. "La sœur est éloignée de sa congrégation. Le prêtre est muté."
En Afrique, en Europe, partout dans le monde, des religieuses sont réduites à l'état d'esclaves sexuels. "C'est la prostitution." Michel France explique. "Les prêtres leur donnent l'argent. Les supérieurs livrent les sœurs chez les prêtres."
Le silence du Vatican
En 2001, le Parlement européen vote une résolution. Il somme le Vatican de réagir. Rien ne se passe. Les rapports de Mora Odonom et Marie McDonald restent lettre morte. "La réaction du Vatican a été très décevante." Tom Roberts, journaliste catholique, témoigne. "Ils ont essayé de ne pas en tenir compte."
En 2018, le Vatican reconnaît partiellement les faits. "Ces rapports étaient fondés." Une victoire tardive. Trop tardive. "Le pape est conscient du problème." Mais rien ne change. Le pouvoir des prêtres reste absolu. Le silence, une arme.
Une messe de réparation
En 2017, une messe de réparation est organisée en France. Pour les victimes du Père Thomas. Une cérémonie rarissime. "Je demande pardon." Les évêques présentent leurs excuses. Une première. Mais les victimes attendent plus. Elles veulent justice. Pas seulement du pardon.
"Je le fais aussi pour vous qui avez choisi de vous engager à l'Arche pour la vie et qui êtes ébranlés par les révélations sur le passé sordide du Père Thomas." Michel France prend la parole. Elle veut que sa souffrance serve. Qu'elle empêche d'autres abus.
L'impunité continue
Le système perdure. Les prêtres abusent. Les religieuses souffrent. Le Vatican ferme les yeux. "La structure de l'Église a quelque chose de fermé qui donne le pouvoir au mal." Michel France l'a compris trop tard. Elle veut maintenant que d'autres sachent.
Les victimes parlent. Mais elles sont souvent seules. Leur voix est étouffée. Leur souffrance, ignorée. "Je pense à toutes les victimes qui sont restées dans l'ombre." Michel France continue son combat. Pour elles. Pour toutes.
L'enquête continue
Le scandale des esclaves sexuelles de l'Église catholique est loin d'être clos. Les témoignages s'accumulent. Les preuves aussi. Mais le Vatican reste silencieux. Les victimes, elles, ne se tairont plus.
L'affaire commence ici. La vérité doit éclater. Les coupables doivent être jugés. Pour Michel France, Doris et tant d'autres, le combat continue. Pour la justice. Pour leur dignité. Pour leur foi.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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