Dynasties municipales : ces familles qui gouvernent nos communes

À Rubigny, les Baudrillard règnent sans partage
55 habitants. 55 électeurs. Yohann Baudrillard, 55 ans, vient d'hériter de la mairie comme on hérite d'une ferme familiale. Son père Daniel lui a tout transmis : les dossiers, les contacts, les habitudes. "C'est notre histoire", justifie le nouvel édile.
Mais une histoire qui se répète trop souvent. Le jeune Baudrillard a été élu dès le premier tour — sans débat, sans opposition. Les archives municipales montrent que son grand-père tenait déjà ce siège en 1972. Trois générations pour 200 âmes.
En Normandie, les Delaporte font de la résistance
"Je ne suis pas maire parce que je m'appelle Delaporte. Je m'appelle Delaporte parce que je suis maire." Rachel, 32 ans, défend son bilan avant même qu'il n'existe. Son père Didier a dirigé La Lande-Saint-Siméon pendant vingt ans. Son grand-oncle avant lui.
Pourtant, dans l'Orne, les riverains semblent satisfaits. "Elle connaît le territoire", argue un commerçant. Mais connaît-elle autre chose ? Le dernier conseil municipal comptait trois cousins Delaporte sur sept élus.
Yssigneaux pleure son maire... et le remplace
La mort n'arrête pas les dynasties. Arthur Liogier a pris le fauteuil de son père décédé l'an dernier. "C'est ce qu'il aurait voulu", souffle le jeune homme de 32 ans. Les électeurs ont validé ce deuil transformé en programme politique.
Son père avait modernisé cette commune de Haute-Loire. Mais avait-il préparé autre chose qu'une succession familiale ? Le conseil municipal actuel compte deux Liogier supplémentaires.
Sommette-Eaucourt : les Prévost, rois malgré eux
177 habitants. 177 raisons de s'interroger. Paul-Raphaël Prévost vient d'être élu dans l'Aisne après trente ans de règne paternel. "Les gens font confiance au nom", reconnaît-il.
Confiance ou résignation ? Le dernier challenger sérieux remonte à 1995. Depuis, les Prévost se passent le relais comme un bien de famille. Le budget communal reste sain, certes. Mais à quel prix démocratique ?
Aix-en-Provence : la honte n'arrête pas les Joissains
Sophie Joissains sourit devant les caméras. L'UDI vient de la réélire triomphalement. Pourtant, son nom pèse comme un boulet :
- 1978 : son père Alain démissionne pour détournement de fonds
- 2001 : sa mère Maryse condamnée pour abus de biens sociaux
- 2021 : Sophie élue malgré les protestations
"Les Aixois savent reconnaître le talent", clame-t-elle. Vraiment ? Ou simplement l'habitude d'être gouvernés par le même clan depuis près d'un demi-siècle ?
Et maintenant ?
Ces cas ne sont pas isolés. À travers la France, des centaines de communes vivent au rythme des successions familiales. Certaines familles tiennent leur mairie depuis la Libération.
Les électeurs semblent s'en accommoder. Par confort ? Par défaut ? Une chose est sûre : la démocratie locale mérite mieux que des fauteuils héréditaires.
Et vous, connaissez-vous une de ces dynasties dans votre commune ?
Par la rédaction de Le Dossier
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