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PolitiqueÉpisode 3/3

Dynasties politiques : ces familles qui règnent sur nos communes

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-25
Illustration: Dynasties politiques : ces familles qui règnent sur nos communes
© Illustration Le Dossier (IA)

À Rubigny, les Baudrillard règnent sans partage

55 habitants. 12 ans de règne. Daniel Baudrillard passe le relais à son fils Yohann comme on transmet une ferme familiale. « On connaît la famille », marmonne un habitant. La phrase dit tout.

Le jeune maire promet de poursuivre « dans la même veine ». Mais derrière cette continuité affichée, une question brûle : et si les électeurs confondaient mémoire collective et projet politique ?

Les Delaporte, ou l'art de pérenniser un héritage

La Lande-Saint-Siméon, Orne. Rachel Delaporte ceint l'écharpe que son père Didier portait depuis vingt ans. La cérémonie a des airs de sacre. « Préserver l'héritage », jure-t-elle.

Héritage ? Le mot est lâché. Les archives sont propres, certes. Mais regardez les chiffres : 83% des maires sortants sont réélus dans les communes de moins de 500 habitants. Un terreau idéal pour les dynasties.

Yssigneaux pleure son maire... et élit son fils

Haute-Loire, 2026. Arthur Liogier devient maire un an après la mort de son père. « En sa mémoire, je dirais : Au boulot et en avant », clame-t-il. La foule applaudit, émue.

Mais sous l'émotion, un malaise. Le conseil municipal compte trois cousins Liogier. Normal dans une commune de 120 âmes ? Peut-être. Inquiétant pour la démocratie ? Sans aucun doute.

Les Prévost : trente ans, trois mots

« Continuer ce que mon père a commencé. » Paul-Raphaël Prévost résume en une phrase trente ans de pouvoir familial à Sommette-Eaucourt. 177 habitants. Zéro alternance.

Et pourtant. Aucun scandale financier. Juste cette évidence : quand un nom s'installe dans le paysage, il devient difficile d'imaginer d'autres visages à la mairie.

Aix-en-Provence : les Joissains, une malédiction ?

        1. Quatre dates, trois générations, deux condamnations. Les Joissains gouvernent Aix comme les Médicis gouvernaient Florence — avec un sens aigu de la pérennité familiale.

Détournements de fonds ? Le père en 1983. La mère en 2009. La fille, Sophie, vient d'être réélue en 2026. Comment une famille survit-elle à tant de scandales ? Réponse dans les urnes : 52% des voix au second tour.

Le syndrome du « déjà-vu » électoral

30% des maires français issus de dynasties. Ce chiffre monte à 47% dans les communes de moins de 500 habitants.

Trois risques majeurs :

  1. La confusion entre bien commun et patrimoine familial
  2. L'étouffement des contre-pouvoirs
  3. L'habitude électorale qui remplace le choix politique

— Et si la démocratie locale était devenue une affaire de généalogie ?

Des solutions ? Oui. Des volontés ? Moins.

Limiter les mandats familiaux ? « Atteinte à la liberté », clament les élus. Publier les comptes municipaux en temps réel ? « Trop technique », rétorquent les petites communes.

Pendant ce temps, à Rubigny, Yohann Baudrillard prépare son premier conseil municipal. Son père assiste à la réunion. Simple citoyen, bien sûr. Enfin, presque.

Fin de règne ?

Les dynasties municipales ne sont pas toutes nocives. Certaines apportent stabilité et compétence. Mais quand un nom devient plus important qu'un programme, la démocratie trébuche.

Voilà le vrai danger : non pas les familles elles-mêmes, mais l'oubli collectif qu'on peut — qu'on doit — parfois leur préférer d'autres visages. D'autres projets. D'autres noms.

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Épisode 3 · 2026-03-25

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