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Service national : Blanchet et Saintoul s'affrontent sur l'obligation

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-28
Illustration: Service national : Blanchet et Saintoul s'affrontent sur l'obligation
© YouTube

Trente ans. C'est le temps écoulé depuis la suspension du service national. 1997 — Jacques Chirac met fin à la conscription. Le monde a changé. La guerre froide s'est éteinte, l'armée est devenue professionnelle. Mais les menaces, elles, ont muté.

Deux députés s'affrontent sur le plateau de « Controverse ». Christophe Blanchet (Modem) et Aurélien Saintoul (LFI) défendent des modèles différents. Même obligation, mais pour quoi faire ?

Premier vote des étudiants de l'INSEEC : 46 % pour le rétablissement, 18 % contre, 36 % sans avis. Une majorité d'indécis.

« 60 conflits armés dans le monde »

Christophe Blanchet attaque fort. « Nous n'avons jamais été autant menacés », lance-t-il. Il aligne les chiffres : 60 conflits armés, des cyberattaques quotidiennes, des incursions sur les satellites, des câbles sous-marins rompus. La France, première nation au monde par ses fuseaux horaires — 13 — est exposée partout.

Sa proposition de loi, déposée il y a un an, est précise. Un service militaire obligatoire mais sélectif. Chaque jeune entre 18 et 25 ans doit candidater. Les forces armées, élargies à la garde nationale, sélectionnent les profils utiles. Objectif : 50 000 jeunes par an, soit 8 % d'une classe d'âge. Neuf mois de service. Coût estimé : 700 millions d'euros.

Le modèle ? La Suède. « Ça se passe bien dans les pays qui l'ont mis en exploitation », assure le député Modem. Il insiste : mixité totale, y compris pour les femmes. Et une contrepartie pour les objecteurs de conscience — possible, mais avec des contraintes.

« Anachronique, insuffisant »

Aurélien Saintoul ne mâche pas ses mots. Le service national obligatoire tel qu'imaginé par son collègue ? « Anachronique », « insuffisant ». Premier grief : l'ancien service n'était pas mixte. « La moitié de la jeunesse était exclue », rappelle-t-il. Impossible de rétablir sans repenser le modèle.

Deuxième grief : la sélection. Le modèle Blanchet oblige à candidater, mais l'armée choisit. « Peut-être que la sélection ne tombera que sur les plus fragiles », interroge Saintoul. Inégalité garantie, selon lui.

Sa proposition à lui : une conscription citoyenne mixte, majoritairement civile. Missions écologiques, défense, engagement volontaire. Rémunérée au SMIC. Pour toute une classe d'âge. Pas d'envoi à l'étranger.

Saintoul s'appuie sur la dissuasion nucléaire. « La première chose, c'est de se dire que nous avons sanctuarisé notre territoire grâce à l'arme nucléaire. Et jusqu'à présent, elle n'a pas été prise en défaut. » Pas de besoin, selon lui, de 800 000 jeunes pour une guerre d'invasion.

Il attaque aussi la notion de « force morale ». « Pour faire face à l'épreuve, il faut une société soudée. Ce qui met le plus en danger la cohésion ? L'éclatement des inégalités. » Impôts, services publics, désertion des élites — voilà les vraies menaces, selon l'insoumis.

53 % des Français pour — mais seulement 41 % des jeunes

Christelle Craplet, d'Ipsos BVA, apporte des chiffres. En novembre 2025, 62 % des Français se disaient favorables à un service militaire volontaire. En mars 2025, 53 % étaient pour un service obligatoire. La tendance est nette.

Mais le clivage générationnel est flagrant. Chez les 60 ans et plus, 63 % sont pour. Chez les 18-25 ans, seulement 41 %. Les premiers concernés sont les plus réticents.

Le service militaire volontaire actuel ? 3 000 candidats cette année, sur 5 millions de jeunes de 18-25 ans. Blanchet juge le score insuffisant.

Le débat qui bascule

Les étudiants posent des questions. Ahmed interroge sur le coût : 700 millions, est-ce raisonnable ? Blanchet répond que c'est « un coût raisonnable ». Justine soulève le problème des inégalités. Saintoul évoque les menaces cyber. « Un service militaire ne protégera pas des hackers russes », rétorque-t-il.

Le débat porte sur la cohésion nationale. Saintoul lie le sujet à la VIe République, à l'égalité réelle, aux cantines gratuites. Blanchet insiste sur l'intérêt supérieur de la nation, sur la défense comme première raison d'être de l'État.

Les deux députés convergent sur un point : l'obligation est nécessaire. Garantir l'égalité, éviter le volontariat qui favorise les déjà engagés. Mais la divergence reste profonde sur les finalités.

La question des objecteurs de conscience

L'objection de conscience est évoquée. Christophe Blanchet la juge possible mais avec des contreparties. Aurélien Saintoul y intègre la possibilité d'alternatives civiles.

Le vote final : 52 % pour, 41 % contre

Les étudiants de l'INSEEC votent. Premier tour : 46 % pour, 18 % contre, 36 % sans avis. Après le débat, les indécis doivent choisir. Résultat : 52 % pour, 41 % contre, 7 % indécis. La proposition Blanchet l'emporte, mais Saintoul minimise : « On a tous les deux une proposition qui repose sur la participation des jeunes. »

La suite ? Le débat est lancé. Service militaire ou conscription citoyenne ? L'obligation, elle, semble acquise. Reste à savoir sous quelle forme.

Les étudiants, premiers juges

Les étudiants présents sur le plateau ont joué leur rôle. Ahmed, Aïcha, Justine, Lamine Diarra, Edouahdi, Alixia, Issa — ils ont challengé les députés. Leurs doutes reflètent ceux de la jeunesse française : 41 % seulement sont favorables au service obligatoire.

Mais le vote final montre qu'un débat bien mené peut faire basculer. 52 % des étudiants présents ont finalement voté pour. Un chiffre à prendre avec prudence — les indécis ont dû choisir, et le vote n'est pas représentatif de l'ensemble des jeunes.

Un enjeu de société

Le service national n'est pas qu'une question militaire. C'est un miroir tendu à la société française. Cohésion, inégalités, rapport à l'armée, place des jeunes — tout y passe.

Blanchet voit dans le service un moyen de renforcer les forces morales de la nation. Saintoul y voit un outil parmi d'autres, dans un projet plus large de refondation républicaine.

Les deux camps s'accordent sur un diagnostic : la défense nationale concerne tous les citoyens. Le désaccord porte sur les moyens.

L'enquête continue.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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