EXCLUSIF - Darfour : le viol comme arme de guerre contre les femmes africaines

3400 victimes en deux ans. Un chiffre qui brûle la rétine. Les Forces de Soutien Rapid e (RSF) transforment le corps des femmes en champ de bataille. Méthodiquement. Sans un regard en arrière.
À Facher, l'horreur en pourcentage
90 %. Neuf femmes sur dix. C'est le taux de viols subis par celles qui tentent de fuir Facher vers Taw. Myriam Laroussi, coordinatrice MSF, pose son stylo lors de notre entretien. Sa voix se brise : "Elles viennent nous demander des contraceptifs avant de partir. Parce qu'elles savent."
MSF a recensé 3400 cas. Combien restent dans l'ombre ? Impossible à dire.
Prenez cette mère de famille. La quarantaine. Ses filles adolescentes. Un checkpoint RSF. Les miliciens lui ont laissé le choix : le viol ou la mort. "Elle a vu ses filles se faire détruire sous la menace des kalachnikovs", raconte Laroussi. Et pourtant. Aucune arrestation. Aucune enquête.
Terreur programmée
Ce n'est pas de la barbarie ordinaire. C'est une arme de guerre calibrée. Les RSF visent délibérément les tribus africaines — "pour les punir", insiste Laroussi.
Comment briser une communauté ? Par ses femmes. Le calcul est simple. Implacable. Les violeurs opèrent en plein jour, parfois en uniforme. Ils filment leurs crimes.
— "Où sont les Casques bleus ?", lance la coordinatrice de MSF. La réponse tombe : nulle part. L'ONU regarde ailleurs. Les capitales occidentales pianotent des communiqués. Pendant ce temps, au Darfour...
L'heure des comptes qui ne vient jamais
Les RSF règnent en maîtres. Leurs crimes ? Aucune conséquence. Aucun tribunal. Aucune sanction.
"Personne ne se sent responsable", constate amèrement Laroussi. Le rapport de MSF circule dans les chancelleries. On s'indigne. On promet. Et rien.
Voilà le vrai scandale : cette violence documentée, chiffrée, filmée — et tolérée.
Ces femmes qu'on abandonne
Elles marchent des jours entiers. Cherchent un refuge. Trouvent des camps surpeuplés où les viols... continuent. "Aucun endroit sûr", soupire Laroussi.
Leur calvaire pose une question crue : jusqu'où la communauté internationale va-t-elle laisser faire ? Les mots ne suffisent plus. Il faut des patrouilles. Des zones protégées. Des poursuites judiciaires.
— "Ce dont on a besoin ? De boucliers, pas de discours." La coordinatrice de MSF frappe du poing sur la table. Son rapport n'est pas qu'un constat. C'est un acte d'accusation.
Sources :
- Rapport de Médecins Sans Frontières
- Interview de Myriam Laroussi
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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