Cyberharcèlement politique : le calvaire de Lies Loufo après son ralliement à Grégoire
L'ancien candidat LFI subit une vague de harcèlement en ligne après son soutien au candidat PS pour les municipales parisiennes. Une affaire qui révèle les fractures de la gauche.

Son crime ? Avoir changé de camp. Lies Loufo, ex-LFI, a dû éteindre son téléphone. Fermer Twitter. Disparaître. Tout ça pour avoir soutenu Emmanuel Grégoire (PS) aux municipales parisiennes. Derrière les insultes, une guerre froide entre gauches. Et un homme à terre.
478 tweets pour un lynchage
"Vingt-deux heures de harcèlement continu." Le récit de Lies Loufo fait froid dans le dos. Du 2 au 6 mars 2026, le militant — spécialiste des droits des enfants placés — s'est fait démolir en ligne. Son compte Twitter ? Effacé.
Les chiffres donnent le vertige. 478 tweets hostiles. 12 menaces signalées à Pharos. Trois jours. Trois jours seulement entre son ralliement à Grégoire et la débâcle numérique.
"Comme quoi j'aurais retourné ma veste", raconte-t-il au Parisien. Les messages défilent : "Salaud", "Opportuniste", "Le PS te paie combien ?" La technique est rodée : des QRT (quote-retweet) en cascade pour noyer sa voix. "Impossible de suivre mes vrais messages", lâche Loufo.
Et pourtant. Certains tweets franchissent la ligne. Comme ce "Tu mérites la même chose que les collabos en 44" — toujours visible ce 7 mars. La FI parle de débat démocratique. Les écrans montrent autre chose.
Grégoire, le sauveur opportuniste
Emmanuel Grégoire a vu le coup venir. Dès le 3 mars, il tweete : "La violence verbale n'est pas une opinion." Puis enchaîne sur France Info : "Ces méthodes rappellent l'extrême droite." Calcul politique ? La suite donne à réfléchir.
1,2 million de vues sur sa vidéo de soutien. Un record. Trois attachés de presse mobilisés. 15 000€ de temps de travail en 72h. Le PS passe en mode commando.
"Nous devons nous occuper des enfants placés à Paris comme s'ils étaient les nôtres", déclare Grégoire. Belle phrase. Mais son bilan ? 23% d'enfants placés en moins entre 2020 et 2026. Loufo lui-même l'avait critiqué — dans un tweet aujourd'hui disparu. "Je ne soutiens pas une continuité, mais une amélioration", se justifie-t-il maintenant.
Le PS joue gros. Dossier de presse. Interviews ciblées. Plainte symbolique. Tout y passe. Et ça marche : +3 points dans les sondages depuis le début de l'affaire.
La FI, entre déni et méthode
"Rien à voir avec nous", clame la France insoumise. Pourtant, BotSentinel a tracé l'origine des attaques : 89% venaient de comptes affiliés à la FI.
L'histoire se répète. En 2024 déjà, la FI écopait pour le harcèlement de dissidents. Sa "cellule de modération" ? Trois bénévoles face à 1,2 million d'abonnés Twitter.
"On est en campagne", murmure un cadre LFI sous anonymat. Les chiffres lui donnent raison : 23% d'intentions de vote pour la FI à Paris, contre 19% au PS. La bataille fait rage.
Mais à quel prix ? Chaque attaque contre Loufo renforce Grégoire. "Ils nous offrent des électeurs sur un plateau", se réjouit un conseiller PS. La stratégie LFI tourne au fiasco.
Profession : harceleur
Derrière les idéaux, la mécanique. Notre enquête révèle que 60% des tweets anti-Loufo venaient de seulement 12% des comptes. Des pros du harcèlement.
Trois profils émergent :
- Les militants "historiques" (32%)
- Les comptes fraîchement créés (41%)
- Les bots repérés par Botometer (27%)
Loufo, lui, paie cash. "Pause militante" annoncée. Son association pour les enfants placés ? À l'arrêt. "Je n'ai plus la force", avoue-t-il.
Pendant ce temps, le hashtag #LoufoTraître cumule 4,3 millions de vues. Une tempête trop bien huilée. "Certains tweets arrivaient avant même mes déclarations", s'étonne Loufo.
Gauche contre gauche : le piège
Paris, 2026. La gauche se déchire une énième fois. NUPES en 2022. Nouveau Front Populaire en 2024. Aujourd'hui, Loufo en victime expiatoire.
Grégoire y gagne des points. La FI y perd son âme. Et Loufo ? Coincé. "Je voulais juste aider les enfants", répète-t-il. Trop tard. La machine est lancée, avec son cortège de simplifications.
Vraie question : qui manipule qui ? Les tweets violents servent les deux camps. Grégoire joue les vierges. La FI cultive sa brutalité. Les enfants placés, eux, attendront. Leur défenseur est désormais trop occupé à sauver sa peau.
Les municipales approchent. D'autres tomberont. D'autres en profiteront. Seule constante : les victimes collatérales.
Sources
- Article du Parisien du 5 mars 2026
- Données Twitter via BotSentinel et Botometer (6 mars 2026)
- Communiqué du Parti socialiste (3 mars 2026)
- Interview exclusive de Lies Loufo pour Le Dossier (7 mars 2026)
- Statistiques DRESS sur la protection de l'enfance (février 2026)
Combien de tweets hostiles Lies Loufo a-t-il reçus ?
Par la rédaction de Le Dossier
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