Crise énergétique en France : Les conséquences de la dépendance au gaz russe
Entre inflation record, fermetures d'entreprises et sabotages des gazoducs Nord Stream, la France paie cher sa dépendance au gaz russe. Nicolas Millant, spécialiste de l'énergie, révèle les dessous d'une crise qui aurait pu être évitée.

Le gaz russe : Une dépendance à haut risque
Le gaz américain coûte entre 3 et 7 fois plus cher que le gaz russe. Nicolas Millant, ingénieur et spécialiste de l'énergie, ne mâche pas ses mots : "Le gaz russe, c'était notre assurance-vie énergétique. Et on l'a perdue." Voilà. C'est tout ce qu'il fallait savoir pour comprendre où la France s'est plantée.
En septembre 2022, Millant rencontre le cabinet d'Agnès Pannier-Runacher, alors ministre de la Transition énergétique. Le constat est sans appel : "Ils m'ont assuré qu'il n'y avait pas de problème à se passer du gaz russe. Que nous achèterions du gaz au Qatar ou aux États-Unis. Mais le prix, lui, était une autre histoire." Et pourtant.
Le gaz américain, beaucoup plus cher, a fait exploser les coûts pour les entreprises et les ménages. Résultat : une baisse de la consommation de 20 à 30 %, des fermetures d'entreprises record et une inflation qui n'avait pas été vue depuis des décennies.
Nord Stream 1 et 2 : Le sabotage qui a tout changé
En 2022, les gazoducs Nord Stream 1 et 2 sont sabotés. "C'était un coup dur pour la France et pour l'Europe entière", explique Millant. Ces gazoducs étaient notre principale source d'énergie bon marché. On les pensait invulnérables. Ils ne l'étaient pas.
La France, dépendante à 40 % du gaz russe, s'est retrouvée coincée. Les alternatives, comme le gaz américain ou qatari, étaient non seulement plus chères mais aussi moins fiables. "Le Pakistan, par exemple, a connu des blackouts parce qu'il ne pouvait pas se permettre d'acheter du gaz à ces prix", rappelle Millant. Une spirale infernale.
L'impact sur les entreprises françaises
Les entreprises françaises ont été les premières à souffrir de cette crise énergétique. "Le coût de l'énergie est passé de 4 % à 40 % du chiffre d'affaires pour certaines industries", déplore Millant. Vous avez bien lu : 40 %. Aucune entreprise ne peut survivre à une telle augmentation.
Boulangeries, fabricants de verre, conserves : tous ont été touchés. "Quand le gaz devient trop cher, les entreprises ferment. C'est aussi simple que ça", ajoute Millant. Les délocalisations ont explosé. Des entreprises partent vers des pays où l'énergie coûte moins cher, laissant derrière elles des emplois et des collectivités en souffrance.
La politique énergétique française : Un échec cuisant
La France, fière de son parc nucléaire, a longtemps bénéficié d'une électricité bon marché. Mais tout a changé avec la crise énergétique. "Le prix de l'électricité a été indexé sur celui du gaz, ce qui est une absurdité", critique Millant. Nous avons des centrales nucléaires, mais nous payons l'électricité comme si elle provenait de centrales à gaz. Absurde ? Oui.
Cette politique énergétique désastreuse a conduit à une hausse des prix de l'électricité, mettant encore plus de pression sur les entreprises et les ménages. "Nous avons perdu notre avantage compétitif", regrette Millant. Et cela nous coûte cher.
Les leçons à tirer
La crise énergétique en France est le résultat d'une dépendance excessive au gaz russe et d'une politique énergétique mal conçue. "Nous devons diversifier nos sources d'énergie et investir dans le nucléaire", insiste Millant. C'est la seule façon de garantir notre indépendance énergétique.
Les leçons sont claires : ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier énergétique. Et surtout, ne jamais sous-estimer l'importance d'une politique énergétique bien pensée. La France, et l'Europe entière, ne peuvent plus se permettre de telles erreurs.
Sources
- Entretien avec Nicolas Millant
- Données sur les prix du gaz et de l'électricité
Quel pourcentage de gaz russe la France importait-elle avant la crise ?
Par la rédaction de Le Dossier
Source originale
