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PolitiqueÉpisode 2/1

Coupe du monde 2026 : la diplomatie du visa de Trump met la FIFA en échec

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-11
Illustration: Coupe du monde 2026 : la diplomatie du visa de Trump met la FIFA en échec
© YouTube

Un arbitre somalien bloqué à Miami — les diplomates ne passent pas

Meilleur arbitre d’Afrique 2025, le Somali possédait un passeport diplomatique. Un visa délivré par l’ambassade des États-Unis à Nairobi. Il était attendu pour officier lors du Mondial. À Miami, des agents frontaliers l’ont interpellé.

Onze heures de détention. Puis un renvoi pur et simple.

Motif officiel ? Une « affiliation présumée au terrorisme », selon des sources citées par France 24. Aucune preuve publique. La Somalie figure sur la liste noire de Trump — un décret qui restreint l’entrée à plus de quarante nations.

Lors d’un meeting, le président américain avait traité les Somaliens de « voleurs, violeurs et nullards ». Une violence verbale inédite pour un chef d’État.

La FIFA a répondu par un communiqué laconique. « Nous n’entrons pas dans les décisions concernant les frontières d’un pays », a déclaré le secrétaire général Mathias Gravstrom. Une formule qui sonne comme une reddition.

Sepp Blatter, l’ancien président, a tiré à boulets rouges sur son successeur. Il a jugé « inquiétant » que Gianni Infantino laisse Trump dicter sa loi. La vidéo de France 24 le montre dénonçant l’absence de réaction ferme.

Les réseaux sociaux ont explosé. « Passeport diplomatique, visa régulier, rien n’y fait », commente Ziad Limam, directeur d’Afrique Magazine. « Le passeport diplomatique n’est qu’une protection supplémentaire. Aux États-Unis, l’officier CBP fait ce qu’il veut. »

Iran : les supporters privés de billets — une ingérence politique assumée

Le cas iranien ? Tout aussi troublant.

La Fédération iranienne avait droit aux 8 % de billets réservés à chaque équipe pour ses supporters. Mardi, sans explication, la FIFA a annoncé la suppression de ce quota. La vente avait pourtant commencé. Des familles avaient organisé leur voyage, acheté des vols, réservé des hôtels. Désormais, impossible d’accéder aux places.

« Le football et la politique n’ont rien à voir », témoigne un supporter iranien interrogé par France 24. « Que les États-Unis mélangent les deux est ridicule. »

Plusieurs membres du staff iranien n’ont pas obtenu de visa, souligne la vidéo. Le président de la Fédération ? Refoulé. Les joueurs, eux, sont dans l’incertitude à quelques jours du match contre la Nouvelle-Zélande, le 15 juin.

Ziad Limam y voit une « ingérence de considérations non sportives et politiques dans l’organisation du plus grand événement footballistique mondial ». La FIFA promet de « garantir une expérience positive » à la délégation. Mais les faits sont têtus : les billets ont été retirés.

Sénégal : des joueurs fouillés comme à la douane — des images qui choquent

Les joueurs sénégalais, eux, ont été alignés, fouillés, contrôlés à l’aéroport américain. Des professionnels — têtes de série d’une nation africaine — traités comme des suspects.

Les Sénégalais ont tempéré : il s’agissait d’un vol intérieur. Mais le malaise reste. La polémique a été immédiate. « Ces scènes de fouilles dès la sortie de l’avion, ça choque », commente Karim Yahia, grand reporter à France 24.

Les incidents s’accumulent. Un arbitre refoulé. Des supporters iraniens exclus. Des joueurs humiliés. La CAF ? Silencieuse. La FIFA aussi.

« On se dit : sortons vivants de cette Coupe du monde », résume Ziad Limam. « On va se la boucler. On espère que la polémique va passer. Et dans quatre ans, on retournera au Maroc, en Espagne, au Portugal — retrouver une normalité. »

La FIFA aux abonnés absents — une Cour des comptes du football ?

Gianni Infantino promettait que « tout le monde sera le bienvenu » au Canada, au Mexique et aux États-Unis. Aujourd’hui, il ferme les yeux sur les refoulements. Voilà.

Karim Yahia ne mâche pas ses mots : « Depuis le début, Infantino a accepté que cette Coupe du monde ne soit pas celle de la FIFA, mais celle de Donald Trump. »

Le journaliste rappelle la remise du « Prix de la paix » à Trump au Kennedy Center — une cérémonie ridicule. Il pointe aussi le mécontentement de Trump envers les villes démocrates qui accueillent des matchs. La FIFA n’a pas bronché.

« Infantino a tendance à être l’ami des puissants », poursuit Yahia. « C’était déjà le cas avec Poutine en 2018, avec le Qatar. Mais ce degré de courtisanerie n’a jamais été atteint. »

Un exemple frappant : Trump a imposé des restrictions de visas à plus de quarante pays. Somalie, Yémen, Syrie, Iran, Soudan, Libye — des nations entières ciblées. Les joueurs et supporters doivent obtenir des dérogations. La FIFA, garante de l’extraterritorialité de l’événement, n’a imposé aucune sanction.

Pire : les conventions signées en 2018, lors de l’attribution du Mondial, prévoyaient des garanties sur les visas. Trump les piétine. Et la FIFA ? Silence.

« Qui a ouvert sa bouche pour dire ‘trop, c’est trop’ ? », demande Ziad Limam. « Personne. »

Un précédent dangereux pour les futures Coupes du monde

Une question hante le football : ce modèle va-t-il contaminer d’autres pays ? L’Italie de Meloni, l’Espagne de Vox, la France de Le Pen ou Bardella pourraient-ils, demain, imposer leurs propres règles ?

Karim Yahia est sceptique. « J’ai du mal à imaginer que d’autres pays empruntent le chemin de Trump. Les États-Unis ne sont pas une terre de football. Trump s’en fiche. En Europe, le football est une passion populaire. »

Mais le précédent est là. Si la FIFA tolère que les États-Unis bafouent les accords, quel message envoie-t-elle aux futurs hôtes ? Les Coupes du monde 2030 (Maroc, Espagne, Portugal) et 2034 (Arabie saoudite) pourraient-elles subir des restrictions similaires ?

Pour l’heure, la FIFA semble avoir choisi la survie. « On va voir comment ça se passe pendant presque un mois », conclut Ziad Limam. « Et on espère que ça se passe bien. »

Christophe Gascard, otage symbolique

Autre nom qui traverse cette Coupe du monde : Christophe Gascard. Le journaliste français, détenu en Algérie depuis des mois, a été condamné en appel par la justice algérienne. La FIFA l’a accrédité symboliquement pour couvrir l’événement.

Un geste salué par Reporters sans frontières. Mais purement symbolique : Gascard reste en prison. Ses soutiens espèrent une grâce présidentielle à l’occasion du Mondial. Rien, pour l’instant, n’a été annoncé.

« Infantino surfe sur le sujet », commente un des intervenants. « C’est consensuel, ça ne mange pas de pain. Il est moins gêné de se mettre les autorités algériennes à dos que les Américaines. » (oui, vous avez bien lu.)

La suite est édifiante

Demain, le match d’ouverture Mexique-Afrique du Sud donnera le coup d’envoi. Mais les polémiques ont déjà commencé.

Les prix des billets ? Un autre scandale qui mérite enquête, selon plusieurs observateurs. Le format à 48 équipes et 1 260 joueurs ? Une usine à gaz. Les horaires de matchs — cinq rencontres par jour, à des heures impossibles ? Une organisation chaotique.

Pendant ce temps, Trump impose sa marque. « America first, on est chez nous, on décide de tout », résume Karim Yahia. La FIFA encaisse. Et le monde du football retient son souffle.

À suivre.

Sources : Reportage de France 24 diffusé le 10 juin 2026, avec les interventions de Ziad Limam (directeur d’Afrique Magazine) et Karim Yahia (grand reporter). Déclarations du secrétaire général de la FIFA Mathias Gravstrom. Communiqué de la FIFA sur le refoulement de l’arbitre somalien. Témoignages de supporters iraniens. Images des fouilles des joueurs sénégalais (France 24). Réaction de l’ancien président de la FIFA Sepp Blatter. Accréditation symbolique de Christophe Gascard par la FIFA, mentionnée par RSF.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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