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Écologistes : Marine Tondelier veut exclure Sandrine Rousseau et Yannick Jadot

Par la rédaction de Le Dossier · 18 JUIN 2026
Illustration: Écologistes : Marine Tondelier veut exclure Sandrine Rousseau et Yannick Jadot
© YouTube

Une motion d'exclusion définitive. Voilà l'arme choisie par Marine Tondelier pour faire taire les dissidents. Tout adhérent qui se présenterait contre le candidat investi par le parti — ou qui soutiendrait un concurrent — s'exposerait à une exclusion définitive. La mesure a déjà été votée en bureau fédéral, selon Le Média (info exclusive). Les militants se prononceront ce week-end.

Difficile de ne pas y voir un texte taillé sur mesure pour Yannick Jadot et Sandrine Rousseau. Le premier, tenant de l'aile droite du parti, refuse la primaire unitaire et multiplie les rapprochements avec Raphaël Glucksmann. La seconde, représentante de l'aile radicale, assure qu'elle soutiendra le candidat de gauche le mieux placé — y compris si c'est Jean-Luc Mélenchon.

Chacun est prié de rentrer dans le rang. Ou de plier bagage.

Une tribune retirée — mais obtenue par Le Média

Depuis plus d'un mois, une tribune des pro-Tondelier était en gestation. Le texte — que Le Média s'est procuré — aurait finalement été retiré. À le lire, on comprend pourquoi. C'est une déclaration de guerre.

Personne n'est explicitement nommé. Mais les deux cibles sont parfaitement reconnaissables. Le texte commence par affirmer qu'il est normal que des désaccords existent en interne. Puis il passe au règlement de compte.

« Sous les sunlights et dans les haut-parleurs de ces derniers jours, nous avons l'affichage de l'une de nos figures nationales avec les leaders d'une construction politique autour d'un candidat déclaré de longue date », écrit la tribune. Il s'agit de Jadot, qui fricote avec Glucksmann et s'est affiché samedi dernier à son meeting.

La tribune vise ensuite Sandrine Rousseau. « La déclaration d'une autre de nos figures nationales qui, en réagissant à l'annonce au combien inattendue de la candidature officielle d'un autre leader de la gauche, juge irresponsable la stratégie validée par le parti. » L'autre leader — c'est Jean-Luc Mélenchon.

Le texte reproche aussi à Rousseau la publication de passages tronqués et donc mensongés de déclarations de la secrétaire nationale. Et il l'accuse d'omettre « systématiquement les appels à l'Union de la gauche et des écologistes ».

Les auteurs de ce texte se présentent comme « le socle de la pyramide des écologistes investi d'un mandat électoral local ». Ils reprochent à Jadot et Rousseau de « nuire notablement à l'image du parti » et de « dilapider l'énergie des militants ».

La conclusion est sans appel : « Énoncez vos choix et assumez-les en tirant la conclusion qui s'impose : vous devez vous mettre en retrait du parti. »

Une motion déjà votée — et des critiques

La motion d'exclusion a déjà été votée en bureau fédéral. Rien de très étonnant : ce bureau est notoirement pro-Tondelier, selon Le Média. Du côté de l'entourage de Marine Tondelier, on assure qu'il ne s'agit pas d'une chasse aux sorcières. Cette motion répondrait aux demandes de plusieurs groupes locaux, échaudés par les dissidences observées lors des municipales.

« Un parti n'est pas une caserne, mais pas un self-service non plus », résume un proche de la patronne à nos confrères de Libération. La formule est bien trouvée. Mais certains y voient la preuve que le curseur entre la caserne et le self-service est en train de bouger.

Des opposants s'alarment sous couvert d'anonymat. Un élu déplore qu'à défaut de rassembler autour de l'écologie, Marine Tondelier fait le choix d'épuré chez les écologistes. « Son autoritarisme n'a jamais eu d'égal dans le parti », dénonce un autre. Dans Politico, une écologiste abonde : « Tout ce qu'elle essaie de faire, c'est d'imposer sa candidature à la présidentielle non seulement en dépit des instances, mais surtout du bon sens. »

Les militants ont voté à 80 % — mais pas pour la présidentielle

Les militants ont bien voté à 80 % pour une candidature de Marine Tondelier à la primaire interne. Mais pas explicitement pour la présidentielle. C'est la petite différence. Et elle est de taille.

La primaire unitaire voulue par Tondelier — et d'autres — a complètement pris l'eau. Faute d'accords. C'est quasiment acté qu'elle ne verra jamais le jour. Tout le monde le sait, même si on continue un peu la comédie.

Quoi qu'il arrive, la patronne des écolos compte bien être présente sur la ligne de départ en 2027. Pas question pour elle de revivre le scénario de 2022, où une primaire interne avait départagé les différentes figures du parti entre Piolle, Rousseau et Jadot. Cette fois, Tondelier compte faire valoir le plébiscite des militants comme un blanc-seing pour la présidentielle.

En gros, s'ils l'ont envoyée à la primaire, c'est qu'ils veulent d'elle comme candidate à la fin. Pas besoin de revoter.

Jadot et Rousseau : deux visions, deux refus

Yannick Jadot, lui, ne se fait pas d'illusions. Il estime que si la direction souhaite l'exclure, lui qui a obtenu le plus de voix dans l'histoire de l'écologie politique — 3 millions de voix aux européennes de 2019 —, qu'elle assume, mais que cela ne réglera aucun problème de Marine Tondelier.

Il estime que la direction du parti s'enferme dans une stratégie qui conduit à des échecs électoraux répétés. Et qui risque d'affaiblir durablement l'écologie politique. À ses yeux, les écolos se perdent à force de ne pas trancher entre différentes orientations — entre la ligne incarnée par Jean-Luc Mélenchon (avec ses « dérives et ses relents antisémites », précise-t-il) et une autre perspective, celle d'une sociale-écologie pro-européenne et républicaine.

Sandrine Rousseau, elle, est plus proche de Mélenchon que de Glucksmann. « Philosophiquement, je me trouve plus proche des idées de LFI que de Raphaël Glucksmann », dit-elle. Mais elle plaide pour un débat interne. « L'extrême droite est aux portes du pouvoir. Nous ne pouvons passer toute cette séquence sans jamais nous questionner sur nos échecs ni sur la stratégie pour 2027. »

Elle dénonce la violence qu'elle subit dans le parti. « La violence que j'ai subie à l'intérieur du parti est inadmissible. » Elle cite l'exemple d'Harmonie L., désignée candidate aux législatives, qui a fait la photo, la profession de foi — puis s'est vu dire « non, parce que tu es roussoïste, ce sera quelqu'un d'autre ».

Selon elle, cela a permis à la direction de faire une coalition en disant « Regardez comme elle est méchante, c'est la sorcière » et de souder un collectif uniquement de façade.

Le dossier est loin d'être clos

Le vote des militants sur la motion d'exclusion aura lieu ce week-end. Mais le résultat est connu d'avance : le bureau fédéral est pro-Tondelier. La motion passera. Reste à savoir si les dissidents plieront bagage — ou si la guerre interne continuera.

Une chose est sûre : la biodiversité des idées a ses limites chez les écologistes. Et la direction semble prête à tout pour les faire respecter.

— Le Dossier

Sources

  • Le Média (info exclusive) — vidéo YouTube du 17 juin 2025
  • Libération — citation d'un proche de Marine Tondelier
  • Politico — témoignage d'une écologiste anonyme

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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