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Confinement : la génération Z sacrifiée sur l'autel de la peur

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-10
Illustration: Confinement : la génération Z sacrifiée sur l'autel de la peur
© YouTube

Déjà 90 % du temps enfermés

Avant même le Covid, la génération Z était la plus casanière de l'histoire. Une étude de 2018 menée sur 16 000 personnes dans 14 pays d'Amérique du Nord et d'Europe révélait que nous passions déjà 90 % de notre temps en intérieur. 90 %. Pas 80, pas 70. Neuf dixièmes de l'existence entre quatre murs.

Le psychologue américain Jonathan Haidt s'amusait d'une comparaison glaçante : les jeunes Américains bénéficient en moyenne de 27 minutes de récréation par jour. Les prisonniers américains, eux, ont droit à deux heures d'air libre. Les détenus voient plus le ciel que nos enfants. (Oui, vous avez bien lu.)

Ce chiffre explique pourquoi le premier confinement a été si bien accueilli. Pour une génération déjà sédentaire, rester chez soi n'était pas une punition — c'était une confirmation. Le piège était tendu. Il ne restait plus qu'à refermer la trappe.

La deuxième cassure nette

Les confinements de 2020-2022 constituent la deuxième cassure brutale dans les courbes de santé mentale des jeunes. La première remonte au début des années 2010, avec l'avènement des réseaux sociaux. La seconde, c'est l'enfermement obligatoire.

Le Youth Risk Behavior Survey américain a mesuré l'ampleur du désastre. En 2021, 10 % des lycéens ont tenté de se suicider. Un chiffre qui a explosé pendant la pandémie et n'est jamais redescendu au niveau d'avant — pourtant déjà alarmant. En France, le Secours populaire a enregistré une augmentation massive des demandes d'aide, avec 45 % de primo-bénéficiaires en 2020.

Les interactions numériques ne remplacent pas le contact humain. Les études le montrent : voir des gens en personne réduit le risque de dépression. Les échanges par écran, non. Les trois antidépresseurs les plus naturels — sortir de chez soi, faire du sport, voir du monde — se pratiquent presque tous à l'extérieur. En les supprimant, on a privé une génération de ses remèdes les plus élémentaires.

Le contribuable a payé sans savoir

L'État a imposé ces confinements sans jamais en mesurer le coût réel. Pas seulement économique — la dette publique a explosé, le déficit a atteint 4,7 % du PIB en 2022. Mais aussi humain : des centaines de milliers de jeunes ont vu leur santé mentale se dégrader, leur scolarité interrompue, leur insertion professionnelle compromise.

Le rapport Gallois pointait déjà en 2012 un manque de compétitivité. Depuis, la France a perdu 2,5 millions d'emplois industriels. Les jeunes diplômés fuient : 60 % des polytechniciens travaillent à l'étranger cinq ans après leur sortie. Le confinement a accéléré cette hémorragie. Pourquoi rester dans un pays qui vous enferme chez vous pendant des mois, puis vous demande de voter ?

Comparons avec d'autres pays. La Suède n'a pas confiné ses enfants. Résultat : une dégradation sanitaire bien moindre, une économie moins endettée. Le Danemark a rouvert les écoles rapidement. La France, elle, a maintenu les établissements fermés plus longtemps que la moyenne européenne. Le contribuable a payé pour des mesures dont l'efficacité sanitaire reste discutée, mais dont les dégâts collatéraux sont, eux, bien documentés.

La norme qui a survécu au décret

Le confinement juridique a pris fin. Et pourtant. Une norme culturelle implicite lui a survécu. Dans les transports, certains portent encore le masque. Organiser une conférence ? Les jeunes ne viennent plus. Le télétravail s'est massifié : même pour gagner sa vie, il n'est plus nécessaire de sortir. La livraison à domicile promet de tout apporter — nourriture, vêtements, jeux — sans que l'on ait à franchir sa porte.

Le résultat ? Une société où le contact avec le monde extérieur devient facultatif. L'abstention électorale des jeunes a augmenté au premier tour de 2022. Pourquoi voter quand on peut rester chez soi ? Le numérique amplifie le phénomène : le mot-clé #trauma dépassait 25 milliards de vues sur TikTok en août 2023, #mentalhealth franchissait les 100 milliards. Une génération entière se reconnaît dans la souffrance psychique.

Le confinement a transformé l'isolement en mode de vie. Et ce mode de vie, une fois installé, ne se défait pas par décret.

Et maintenant ?

La France doit choisir. Soit elle continue de gérer la décrépitude avec élégance funèbre — en inaugurant des musées dans des friches industrielles, en subventionnant le « made in France » qui sonne creux. Soit elle reconstruit les conditions d'une vie sociale réelle : des espaces publics attractifs, des horaires scolaires qui laissent du temps pour jouer dehors, une politique d'immigration qui exige l'assimilation plutôt que l'enfermement communautaire.

Les jeunes ne demandent pas à être sauvés. Ils demandent qu'on cesse de les traiter comme des patients en soins intensifs. Le psychologue Jonathan Haidt le résume en une formule : « L'être humain est capable d'affronter l'épreuve, mais il n'est pas fait pour l'injonction paradoxale. » On a enfermé des gens bien portants pour éviter la mort. On a arrêté la vie pour éviter la mort. Le résultat est là : une génération isolée, fragilisée, et qui n'a pas fini de payer la facture.

Le contribuable, lui, attend toujours des comptes.

L'enquête continue.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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