G7 sous influence : comment Trump, Poutine et Milei imposent leur agenda climatosceptique

Le grand absent du G7
Le G7 s’est tenu il y a quinze jours. En France, les températures montaient. Les chefs d’État se sont réunis. Un sujet a brillé par son absence : le climat.
Emmanuel Macron l’a reconnu, gêné : « Il y a des sujets sur lesquels on n'est pas d'accord et des sujets sur lesquels on ne sera pas d'accord. » Un tabou, pour ne pas contrarier Donald Trump. Climatosceptique en majesté.
La France marche sur des œufs pour éviter les tempêtes diplomatiques. Déjà, lors du G7, ni réchauffement climatique ni sortie des énergies fossiles n’ont été évoqués. Macron justifie : « Si j'avais pris la question frontalement, il n'y avait pas de G7. Vous pouvez dire "il n'y avait pas besoin de G7". C'est pas comme ça que je vois les choses. »
Alors, Trump a-t-il réussi à imposer son agenda climatosceptique ?
« La plus grande arnaque jamais réalisée »
Trump ne croit pas au réchauffement. Il s’en prend à ceux qui alertent. Sa déclaration est cinglante : « C'est la plus grande arnaque jamais réalisée. Toutes ces prédictions faites par les Nations unies et bien d'autres, souvent pour les mauvaises raisons, étaient fausses. Elles ont été faites par des gens stupides qui ont coûté des fortunes à leur pays. Si vous ne vous éloignez pas de cette escroquerie verte, votre pays va échouer. »
D’autres grandes puissances abandonnent leurs objectifs climatiques et explosent leurs émissions. Selon la source, Vladimir Poutine autorise 20 % de rejet de CO₂ en plus d’ici 2035. En Inde, troisième plus gros pollueur de la planète, Narendra Modi boude les dernières conférences sur le climat. Selon la vidéo, « L'Inde a retiré sa candidature pour accueillir l'un des plus grands sommets mondiaux sur le climat ».
Milei, le clone argentin
En Argentine, Javier Milei ne cache pas son climatoscepticisme. Sa déclaration : « Tout cela sert à financer des profiteurs socialistes. » Le président ultralibéral supprime des subventions, coupe dans le service météo, autorise l’exploitation minière sur des glaciers protégés. Sa logique ? « Il y a 10 ou 15 ans, on disait que la planète allait geler. Maintenant, ils soutiennent qu'elle se réchauffe. Il faut pas exagérer. »
Une politique presque calquée sur celle de Donald Trump.
Le charbon comme étendard
Trump a fait du charbon très polluant le symbole de son dernier mandat. Il annonce : « Nous allons protéger 42 mines de charbon. C'est un nombre extraordinaire. Nous allons construire 2 nouvelles centrales au charbon. »
Pendant ce temps, les États-Unis baissent de 4,6 milliards de dollars le budget de l’Agence pour l’environnement. Une décision qui, selon la vidéo, « va retirer les États-Unis de la lutte contre le changement climatique à un moment où les conséquences deviennent plus évidentes, qu'il s'agisse des incendies de forêts ou des inondations au Texas qui ont coûté la vie à des dizaines de personnes ».
L’Amérique d’abord, et l’Amérique seule. Les États-Unis sont sortis de quatre traités et accords internationaux sur le climat. Trump le revendique : « Nous nous sommes retirés de l'accord de Paris sur le climat, injuste et à sens unique. »
Et pourtant. Selon un sondage, 65 % des Américains estiment que Donald Trump ne fait pas assez pour la protection de l’environnement.
Un décalage entre l'opinion et les dirigeants
Christophe Roux, journaliste, note l’intérêt de ce sondage. Emmanuelle Duteil confirme : « Et il est corroboré par un sondage Veolia. Chaque année, dans tous les pays du monde, un sondage est fait pour voir comment les populations voient ou non leur impact via toutes ces questions. Leur sondage, y compris l'année dernière, montrait bien que les Américains étaient très attentifs à des questions liées à l'eau. C'est moins facile que chez nous de pouvoir boire de l'eau dans tous les États aux États-Unis, semblait-il. »
Duteil poursuit : « C'est malheureusement la meilleure publicité pour agir. On se rend bien compte qu'on n'a plus le temps d'attendre. C'est atroce d'arriver à ce genre de considération. »
La grande question, c’est qui paie. « On va tous se dire qu'on ne va pas vouloir payer », anticipe-t-elle.
Le financement, nerf de la guerre
Roux pose la question : « La seule solution, des emprunts communs au niveau européen ? Diriger l’épargne des Français... » Emmanuelle Duteil répond : « Ça me semblerait plus logique que ce soit au niveau européen. »
Roux énumère : « On parle aussi de l'IA. Il faut encourager l'investissement pour la recherche médicale, la recherche sur l'IA... Tout est devenu prioritaire ? Je rajoute la défense, où on dit qu'il faut mettre beaucoup plus d'argent. À un moment donné, ça va être compliqué. »
Marc Lomazzi déclare : « On l'a vu au moment des crises économiques qu'on a connues en Europe, sans remonter à la crise grecque... On a trouvé de l'argent pour résoudre ces grandes crises économiques et financières. Pour le covid, la France a mis 134 milliards sur la table. » Il poursuit : « Là, on s'est beaucoup moqués de ces militants écologistes qui paralysaient le périphérique, troublaient Roland-Garros, collaient des mains sur les œuvres d'art au nom de l'urgence écologique. Malheureusement, l'urgence écologique, plus ça va, plus on va dans le mur. Il va falloir trouver de l'argent. J'espère que ce sera un des débats de la présidentielle. Je crains qu'on évite à nouveau le débat, mais les solutions existent. »
Roux résume : « En tout cas, on évoquait le club des climatosceptiques. Une partie de l'élite mondiale considère que l'urgence n'est pas là et qu'on a totalement la capacité de tout climatiser et de continuer à forer et de continuer avec l'énergie carbonée. »
La guerre technologique contre la Chine comme alibi
Jakubyszyn, journaliste, apporte une nuance : « Il y a deux dimensions dans l'attitude de Trump vis-à-vis de la question écologique. À un moment donné, son électorat a envie d'entendre son discours "laissez-nous tranquilles avec le climat, laissez-nous avoir des grosses voitures". Peut-être que ça va changer. On verra. La deuxième dimension, c'est que parfois, il a des visions stratégiques. Il lui faut de l'énergie pour alimenter les data centers... Et pour alimenter cette course économique contre la Chine. Aujourd'hui, il a besoin du pétrole et du charbon. Il y a aussi cette volonté de donner la primauté à la guerre technologique avec la Chine. Pour ça, il a besoin de l'énergie. »
Il précise : « Je ne l'excuse pas, j'essaie de comprendre. »
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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