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Le Premier ministre belge accuse la Chine de 'dévaster' l'économie européenne

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-22
Illustration: Le Premier ministre belge accuse la Chine de 'dévaster' l'économie européenne
© Illustration Le Dossier (IA)

"La Chine dévaste notre économie." Douze mots qui font l'effet d'une grenade. Prononcés hier devant des journalistes stupéfaits, la phrase du Premier ministre belge circule déjà dans toutes les capitales européennes. Un diplomate à Bruxelles résume : "C'est la première fois qu'un dirigeant ose ce mot. Dévaster. Comme après une guerre."

L'Europe sous perfusion chinoise

396 milliards. C'est le trou. Le déficit commercial record de l'UE avec la Chine en 2025. Et pourtant, personne n'avait encore employé ce vocabulaire.

Les secteurs stratégiques saignent. L'acier ? 62 usines fermées en trois ans. Les panneaux solaires ? Des entreprises allemandes en faillite malgré les subventions. Les voitures électriques ? Les constructeurs européens vendent deux fois moins cher que leurs concurrents chinois — à perte.

"Nos entreprises meurent. Nos emplois partent. Et Pékin rigole." La colère d'un négociateur européen, sous couvert d'anonymat, dit tout. La Belgique, qui préside actuellement le Conseil de l'UE, a choisi son moment. Calcul politique ou coup de gueule sincère ? Les deux, probablement.

La méthode chinoise : trois coups pour dominer

Premier coup : le dumping. Des aciéries chinoises vendent 40% sous le prix de production européen. Résultat ? Les hauts-fourneaux de Liège ont rendu l'âme l'an dernier.

Deuxième coup : le chantage. "Achetez nos trains, ou on coupe vos accès aux terres rares." Cette phrase, prononcée lors d'une réunion à Bruxelles en 2024, vient d'être confirmée par des documents internes. Pékin joue cartes sur table.

Troisième coup : l'espionnage. Le réseau démantelé en mars dernier par la police belge n'était que la partie émergée. "Ils ciblent nos technologies vertes, nos brevets, nos savoir-faire", explique un procureur. Shenzhen répond par un haussement d'épaules.

L'Europe désunie face au rouleau compresseur

L'Allemagne freine des quatre fers. Raison ? 38% des ventes de ses constructeurs automobiles dépendent du marché chinois. La France joue les fiers-à-bras, mais TotalEnergies signe des contrats gaziers records avec Pékin.

La Commission européenne, elle, navigue à vue. Enquêtes anti-dumping d'un côté, nouveaux accords commerciaux de l'autre. "Schizophrénie institutionnelle", ironise un expert du Parlement européen. Preuve ultime : les investissements chinois dans l'UE ont bondi de 27% l'an dernier. Y compris dans les ports et les réseaux 5G.

1995-2026 : trente ans d'illusions

Tout avait pourtant bien commencé. L'Europe ouvre ses marchés. La Chine promet une transition vers l'économie de marché. Trois décennies plus tard, le bilan est accablant :

  • 1,2 million d'emplois industriels envolés
  • 60% des brevets "européens" déposés en Chine
  • 98% de nos terres rares importées de Pékin

"On a cru au dialogue. Grave erreur." L'aveu d'un ancien commissaire européen sonne comme un mea culpa. Les transferts technologiques, les joint-ventures, les partenariats — tout cela n'a servi qu'à nourrir le dragon.

Les pistes pour contre-attaquer

Le "bouclier économique" français fait débat. L'idée ? Réserver 40% des marchés publics aux entreprises européennes. Simple sur le papier. Impossible en pratique : les Pays-Bas, le Danemark et l'Irlande bloquent toute avancée.

Autre option : durcir les contrôles sur les acquisitions. En 2025, seules 12% des prises de participation chinoises ont été examinées. "Nos règles sont des passoires", admet un responsable de la DG Trade.

Et maintenant ? Le 15 avril, les 27 doivent trancher sur de nouvelles sanctions. Pékin a déjà prévenu : toute mesure déclenchera des représailles. La partie d'échecs continue. Mais l'Europe a-t-elle encore des pions à jouer ?

Sources

  1. Déclarations du Premier ministre belge, Le Monde, mars 2026
  2. Données commerciales UE-Chine, Eurostat 2026
  3. Rapport "Dépendances stratégiques de l'UE", OCDE 2025
  4. Documents internes de la Commission européenne sur les négociations commerciales
  5. Enquête judiciaire belge sur l'espionnage industriel, février 2026

À suivre.

Par la rédaction de Le Dossier

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