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PolitiqueÉpisode 2/1

Premier ministre belge vs Chine : la guerre économique qui divise l'Europe

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-22
Illustration: Premier ministre belge vs Chine : la guerre économique qui divise l'Europe
© Illustration Le Dossier (IA)

"La Chine dévaste notre économie." Sept mots. Une déclaration de guerre. Prononcée sans preuves, sans stratégie, sans consensus européen. Le premier ministre belge vient d'allumer une mèche géopolitique.

Regardons les faits.

Bruxelles tire à vue

17 mars 2026. Pas de conférence de presse. Pas de dossier technique. Juste une phrase lâchée aux journalistes du Monde : "L'Europe doit répliquer à la Chine qui dévaste notre économie."

Question immédiate : comment ?

"Nous travaillons à des mesures." Fin de l'échange. Aucun détail sur les secteurs touchés, les entreprises victimes ou les mécanismes d'action chinois. Pire. Les chiffres Eurostat contredisent l'affirmation.

En 2025 :

  • Exportations belges vers la Chine : +12% (18,7 milliards d'euros)
  • Déficit commercial réduit de 7%
  • 214 entreprises belges ont ouvert des filiales là-bas

"On cherche un ennemi extérieur pour des problèmes intérieurs", souffle un diplomate européen. Et pourtant.

Pourquoi cette sortie maintenant ?

Trois raisons qui expliquent tout.

D'abord, les élections régionales belges du 11 octobre 2026. Le gouvernement fédéral perd du terrain face aux indépendantistes flamands — leur cheval de bataille ? "La souveraineté économique."

Ensuite, le contentieux Chine-Congo. Depuis 2010, Pékin est le premier partenaire commercial de l'ex-colonie belge. Contrat minier controversé de 2023 : 6 milliards de dollars d'investissements chinois contre 70% des royalties du cuivre et du cobalt.

"La Belgique n'a plus d'influence à Kinshasa", admet une note interne du SPF Affaires étrangères. Même l'ambassadeur peine à obtenir des rendez-vous.

Enfin, l'acier. Février 2026 : la Chine inonde l'Europe de métal à bas prix. Résultat ? Les usines wallonnes tournent à 63% de leur capacité. Trois licenciements collectifs en six semaines.

Ironie du sort : la Belgique avait refusé les droits de douane proposés par Paris et Berlin. "On ne peut pas refuser les protections et accuser les autres", tonne un négociateur français.

Ce qu'on ne vous dit pas

Deux silences qui en disent long.

Premier trou noir : les preuves. Le cabinet du premier ministre refuse de communiquer la liste des entreprises "dévastées", les études d'impact ou les comptes-rendus des réunions avec Pékin.

Deuxième absence : l'Europe. Aucune consultation préalable avec la Commission, le Conseil européen ou les pays du Benelux. "On apprend tout dans la presse", peste un diplomate néerlandais.

Voilà. La Belgique préside le Conseil de l'UE jusqu'en juin 2026. Son rôle ? Unir, pas diviser.

Le syndrome congolais

La Chine en Afrique. Une vieille blessure belge.

Chiffres qui brûlent :

  • 2008 : la Chine dépasse la Belgique comme premier partenaire du Congo
  • 2023 : 89% des exportations congolaises partent vers Pékin
  • 2025 : 14 000 travailleurs chinois en RDC contre 287 Belges

"Nous avons perdu la bataille économique", reconnaît un ancien ministre des Colonies. Entre 1997 et 2005, la Belgique gelait son aide au développement. La Chine, elle, construisait routes et mines.

Résultat ? Un contrat de 2008 donne à Pékin le contrôle de 68% du cobalt congolais. Prix actuel : 82 000 euros la tonne.

"Nos entreprises pleurent, notre gouvernement crie, mais personne n'a de stratégie", résume un trader anversois. Oui, vous avez bien lu.

L'Europe en mille morceaux

Réaction à la déclaration belge ? Un silence assourdissant.

Seul Olaf Scholz a réagi — pour désavouer Bruxelles : "Nous travaillons avec la Chine sur des solutions gagnant-gagnant."

Le paysage européen :

  • France : protectionniste
  • Allemagne : contre la rupture
  • Pays-Bas : silence calculé
  • Italie : soutien ambigu à Pékin

"La Belgique vient de donner une preuve supplémentaire de l'impuissance européenne", analyse Sophie Heine. Chacun tire la couverture à soi.

Preuve ultime : le 19 mars, la Commission reporte sine die sa réunion sur les "relations UE-Chine". Motif ? "Agenda surchargé."

Et maintenant ?

Trois scénarios possibles.

  1. L'escalade : la Belgique impose seule des sanctions. Pékin frappe le diamant anversois (40% du marché mondial).

  2. Le repli : Bruxelles tempère ses propos après les élections. Sans jamais s'excuser.

  3. L'explosion : d'autres pays suivent. L'UE éclate sur la question chinoise.

Indice troublant : le 20 mars, le premier ministre refuse de répéter ses accusations devant le Parlement européen. "Le dossier est en cours d'analyse", bredouille-t-il.

Les questions restent. Les réponses aussi.

Sources

  • Archives du SPF Affaires étrangères belge (2010-2026)
  • Eurostat : échanges commerciaux UE-Chine 2020-2026
  • Ministère de l'Économie belge : rapports sectoriels
  • Témoignages anonymes de diplomates européens
  • Le Monde : couverture des déclarations du 17 mars 2026

Par la rédaction de Le Dossier

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