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SociétéÉpisode 2/1

Centrafrique : l'attaque d'Am Dafok, miroir des ingérences étrangères

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-13
Illustration: Centrafrique : l'attaque d'Am Dafok, miroir des ingérences étrangères
© Illustration Le Dossier (IA)

L'ombre portée d'une attaque

Au petit matin du 30 juin 2026, la ville d'Am Dafok, à l'extrême nord de la Centrafrique, est attaquée. D'après la source, les assaillants appartiennent à l'Alliance du Sursaut Patriotique. Cette coalition rebelle est dirigée par Nouredine Adam. La Cour pénale internationale le recherche pour des atrocités commises en 2013. Il avait alors ouvert un centre de torture à Bangui — le « Comité extraordinaire pour la défense des acquis démocratiques ». Des prisonniers y ont été enfermés dans des conteneurs, abandonnés à la chaleur et à la soif.

L'attaque vise la base des Nations unies à Am Dafok. Des vidéos amateurs montrent des combattants rebelles promettant de marcher sur Bangui pour renverser le président Faustin-Archange Touadéra. Les forces armées centrafricaines, appuyées par les mercenaires russes de Wagner, reprennent la ville quelques jours plus tard. Les pertes humaines sont difficiles à établir. Les communications sont coupées. Selon les autorités locales, plusieurs militaires sont portés disparus, dont le commandant de brigade de gendarmerie.

Selon la source, des combattants soudanais issus des Forces de soutien rapide (RSF) ont été recrutés — notamment parmi les clans Misérier et Etaisha. Le 18 juin, ces mercenaires auraient reçu des armes et des uniformes venus du Soudan. Les munitions porteraient la marque de l'entreprise serbe Free Partisan Ammunition PPU. Le 26 juin, le groupe quitte son campement de Napgaya pour Am Dafok. Trois jours plus tard, l'offensive est lancée.


Des rebelles aux multiples soutiens

Selon la source, Nouredine Adam résiderait régulièrement à Port-Soudan, capitale officieuse du camp du général Abdel Fattah al-Burhan. Il voyagerait même dans des avions militaires égyptiens, alliés de Burhan. Or, les mercenaires qu'il enrôle appartiennent aux RSF — le groupe rival dirigé par Mohamed Hamdan Dagalo (Hemedti).

La vidéo avance plusieurs hypothèses. D'abord, Adam aurait conservé des liens avec le camp d'Hemedti, notamment par l'intermédiaire de son propre frère, toujours intégré aux RSF et impliqué dans des trafics de bétail au Darfour. Ensuite, Hemedti n'a qu'un contrôle relatif sur les clans arabes du Soudan, qui poursuivent leurs propres agendas financiers. Enfin, le rôle du Tchad est central : Mahamat Idriss Déby entretient une alliance historique avec Hemedti, malgré des tensions récentes. Cette proximité pourrait avoir incité Hemedti à fermer les yeux sur l'opération.

Le gouvernement tchadien a démenti toute implication dans un communiqué officiel. Pourtant, la source affirme que les principaux commandants de l'attaque sont soutenus depuis des années par la dynastie Déby — le père puis le fils. Nouredine Adam, mais aussi Hardaakuma, un chef de guerre arrêté en 2025 dans la zone des trois frontières puis mystérieusement relâché. D'autres figures sont hébergées à N'Djamena : Nour Gaza, ou Francis Bozizé, le fils de l'ancien président. Une photographie de la demeure de ce dernier, située dans le quartier de Guinébor, est présentée dans l'enquête.

Selon la même source, le Tchad aurait fourni un appui logistique à la rébellion. Une faction commandée par le général Adelham Tourach et Batom — anciens lieutenants de Nouredine Adam — aurait pénétré depuis le territoire tchadien jusqu'à 15 km à l'ouest de Saraybo. Leurs uniformes proviendraient de l'armée tchadienne. Ils pourraient utiliser l'aérodrome de Tissi pour leur approvisionnement. Plus surprenant : ces combattants auraient reçu en 2023 une formation au maniement de drones dans le sud du Tchad, dispensée par le renseignement militaire ukrainien. Le tout sous l'œil bienveillant de l'armée française alors encore présente dans le pays.


La contre-offensive : Wagner et les « Wagner noirs »

Face à cette menace, le gouvernement centrafricain réagit avec l'appui des mercenaires russes de Wagner. La vidéo documente leur retour à Am Dafok, drapeau à tête de mort déployé. Ils auraient été rejoints par d'anciens rebelles centrafricains ralliés — surnommés les « Wagner noirs ». L'armée régulière, elle, semble reléguée au second plan. Selon la source, un scandale immobilier touche le chef d'état-major, Zepfira Mamadou : selon Mediapart, son épouse s'est portée acquéreur d'un appartement en région parisienne pour 700 000 euros.

La vidéo montre des décapitations de rebelles dans l'ouest du pays. La Centrafrique reste le dernier territoire où le groupe paramilitaire n'a pas été repris en main par Moscou via l'Africa Corps.


Le traitement judiciaire : une impunité persistante

Nouredine Adam fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale depuis les événements de 2013. Selon la source, il se serait récemment rendu depuis le Tchad jusqu'à Gaoundéré au Cameroun pour rencontrer des représentants de la rébellion centrafricaine. L'objectif : raviver un foyer insurrectionnel à l'ouest du pays, afin de couper le corridor commercial vital reliant Douala à Bangui.


Ce que ça dit de la France : l'ingérence persistante

Selon la source, la France n'a pas renoncé à son influence. La vidéo pointe le rôle de la Direction du renseignement militaire (DRM), plus active que la DGSE en Centrafrique. Le retour des militaires français au Tchad coïncide avec l'apparition de rebelles soutenus par N'Djamena.

Selon la source, l'opposant Abdoukerim Mecasoisa aurait multiplié les voyages à N'Djamena pour rencontrer Mahamat Idriss Déby. L'autocrate tchadien semblerait jouer la partition de la France.

L'enquête de Chroniques de Françafrique ne prétend pas détenir la vérité absolue. Elle compile des témoignages, des vidéos, des photos. Le gouvernement tchadien la qualifie d'« officine politico-médiatique ». Les faits rapportés n'ont pas été confirmés par des sources indépendantes.


Sources

  • Chroniques de Françafrique (YouTube) – enquête sur l'attaque d'Am Dafok, juin-juillet 2026.
  • Mediapart – cité dans la source pour le scandale immobilier du chef d'état-major centrafricain.
  • Données vérifiées par recherche web : attaque de mai 2023 par des rebelles tchadiens dans le nord de la Centrafrique (source RFI) ; accusations du Soudan contre le Tchad pour soutien au JEM (2008) ; fermeture des frontières soudanaises avec la Libye et la Centrafrique.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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