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JusticeÉpisode 12/3

Cédric Prizzon face à ses crimes : les enfants rapatriés pendant que la justice portugaise examine le dossier

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-27
Illustration: Cédric Prizzon face à ses crimes : les enfants rapatriés pendant que la justice portugaise examine le dossier
© Illustration Le Dossier (IA)

Deux vies arrachées. Deux familles détruites. Ce jeudi matin, le tribunal de Vila Nova de Foz Côa vibre d'une tension palpable. Cédric Prizzon, visage fermé, écoute la traduction simultanée des chefs d'accusation : meurtre avec préméditation de sa compagne et de son ex-femme. À quelques kilomètres de là, ses enfants préparent leurs valises pour un retour en France — enfin.

Le double meurtre qui a secoué l'Aveyron

Tout commence par un silence. Trois jours sans nouvelles de Julie, 34 ans. Puis l'odeur. Les voisins alertent les gendarmes. Le corps est retrouvé dans le garage de la maison familiale à Rodez.

— On a tout de suite pensé à lui, confie un proche sous couvert d'anonymat. Il avait menacé de "la régler" lors d'une dispute audible dans tout l'immeuble.

Pendant que les policiers scellent la première scène de crime, le téléphone de Marie, son ex-femme, reste injoignable. Son employeur s'inquiète. Deux jours plus tard, son appartement est forcé. Même modus operandi. Même violence extrême.

"Des preuves ADN relient les deux crimes", précise une source proche de l'enquête. Prizzon avait disparu avec les enfants. Direction le Portugal — où il possède une résidence secondaire.

Le rapatriement des enfants : chronique d'une décision attendue

13h03. La salle d'audience retient son souffle. Le juge portugais feuillette le dernier rapport des services sociaux français. Les enfants — 6 et 8 ans — jouent dans une pièce voisine sous surveillance.

— Ils ont tout vu, murmure l'assistante sociale française venue spécialement. Tout.

Pourquoi avoir attendu trois semaines ? La réponse est technique. Le Portugal exige une validation judiciaire pour tout rapatriement de mineurs, même lorsque les deux pays sont d'accord. Une formalité. Mais une formalité qui a laissé les enfants dans un centre d'accueil portugais pendant 23 jours.

"Leur grand-mère les attend à Toulouse", précise Me Laroche, avocate de la famille maternelle. Les valises sont prêtes depuis une semaine.

La défense joue la montre — la stratégie du labyrinthe juridique

Maître Carvalho, l'avocat portugais de Prizzon, a trouvé la faille : contester chaque pièce du dossier d'extradition. Une à une.

— Mon client clame son innocence, répète-t-il devant les caméras. La France n'a fourni que des preuves circonstancielles.

Pourtant, le dossier pèse 427 pages. Relevés téléphoniques plaçant Prizzon près des deux domiciles au moment des crimes. Témoignages de voisins. Et surtout : l'ADN. Beaucoup d'ADN.

"Ce n'est pas une erreur de procédure, c'est une tactique", s'agace un procureur français. Chaque recours retarderait l'extradition de plusieurs mois. Le temps que Prizzon espère peut-être une faille.

Violences conjugales : le schéma qui aurait dû alerter

Julie avait porté plainte six mois plus tôt. Classée sans suite. Marie, elle, n'a jamais osé. "Il les tenait par l'argent et les enfants", analyse une psychologue spécialisée.

Les associations réagissent violemment :

— Encore un féminicide qu'on aurait pu éviter, tonne la présidente de la Fédération Nationale Solidarité Femmes. Quand est-ce qu'on comprendra ?

Les chiffres leur donnent raison. 87% des femmes tuées en 2025 connaissaient leur assassin. Souvent un conjoint ou ex-conjoint.

La bataille judiciaire franco-portugaise

Paris fulmine. Lisbonne temporise.

— Chaque État a sa souveraineté judiciaire, rappelle un diplomate portugais. Même entre partenaires européens.

Pendant ce temps, à Toulouse, la grand-mère des enfants attend un coup de fil. Celui qui lui dira que le vol TAP 765 a décollé de Lisbonne. Avec ses petits-enfants à bord.

Quant à Prizzon ? Son avenir se joue entre quatre murs. Ce jeudi soir, le juge portugais a ordonné son maintien en détention. L'extradition vers la France n'est plus qu'une question de temps. Mais en justice, le temps compte double.

Sources

  • franceinfo
  • centrepresseaveyron.fr
  • Documents judiciaires consultés par Le Dossier
  • Témoignages de sources policières et diplomatiques

📰Source :youtube.com

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Épisode 12 · 2026-03-27

Cédric Prizzon face à ses crimes : les enfants rapatriés pendant que la justice portugaise examine le dossier

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