Cartel de Jalisco : après El Mencho, un chef américain à la tête

« Nous sommes en guerre »
Moins de 200 km à l'ouest de Mexico. L'État du Michoacán est une zone de guerre. Un territoire stratégique pour le trafic de drogue vers les États-Unis — plusieurs groupes criminels s'y disputent le contrôle.
L'un des cartels les plus puissants du monde a accepté de parler. Plusieurs voyages ont été nécessaires. En pleine nuit.
« Nous sommes le cartel de Jalisco, nouvelle génération. Nous sommes en guerre. C'est eux ou nous. »
Ces hommes sont membres des forces spéciales du cartel. Selon eux, l'État leur aurait déclaré une guerre sans merci, un État corrompu, allié avec d'autres groupes criminels pour éliminer le cartel de Jalisco.
« C'est prouvé. Le gouvernement soutient nos ennemis, les autres cartels, les députés, les sénateurs, les présidents municipaux, le gouvernement fédéral, ils sont tous corrompus jusqu'à la moelle. »
« Oui, oui, il a la main ferme. Mais je pose la question : main ferme contre qui ? Il ne s'en prend pas aux autres cartels. Il n'attaque pas nos ennemis. Il n'attaque pas le cartel de Los Templarios, ni le cartel de Ayala ou de TKP. Il parle de fermeté mais c'est seulement contre nous. Les autres cartels, il les protège. »
Le cartel de Jalisco est la cible d'opérations militaires répétées depuis des mois.
La mort d'El Mencho et la riposte
La vidéo indique que le fondateur, Nemesio Oseguera Cervantes — plus connu sous le surnom d'El Mencho — vient d'être abattu par l'armée mexicaine, appuyée par le renseignement américain.
Le gouverneur de Jalisco, Pablo Lemus, place la population en état d'alerte maximale.
Quelques heures après l'annonce, plus de 60 personnes meurent dans des affrontements. 27 membres des forces de sécurité. Une trentaine de tueurs du cartel.
« Nous avons été impactés, mais ça ne nous arrêtera pas. Nous allons redoubler d'efforts. Le cartel est au-dessus de tout. C'est une énorme machine qui ne dépend pas d'une seule personne. »
Le nouveau chef : un Américain
Les tueurs de Jalisco tiennent à montrer que leur organisation n'est pas affaiblie. Selon eux, le nouveau commandant est désormais le 03.
« Il représente l'autorité, le pouvoir, on peut le dire, c'est la personne à qui nous obéissons. Il a un grand cœur pour tout son peuple. Je le dis : attention à ceux qui défieront son pouvoir, car ils seront punis. »
Selon le cartel, le 03 est de nationalité américaine. La vidéo affirme que c'est la première fois que le plus gros cartel mexicain est dirigé par un citoyen américain.
Le 03 — de son vrai nom Juan Carlos Valencia Gonzalez — est le beau-fils d'El Mencho, né et en partie grandi dans la banlieue de Los Angeles.
Uruapan, la ville martyre
À trois heures du lieu de la rencontre avec le cartel : Uruapan. Ce jour-là, elle est quadrillée par les forces de l'ordre.
Gracia Kirse García n'était pas préparée à devenir maire d'Uruapan. Son mari, Carlos Manzo, a été assassiné en public le 1er novembre. Selon la source, les autorités désignent le cartel de Jalisco.
L'or vert ensanglanté
Le Michoacán est le premier producteur et exportateur mondial d'avocats.
Selon le témoignage de Laura Orozco et de sa mère Maria, des criminels avec la complicité d'autorités locales ont fait disparaître un à un tous les hommes de la famille pour s'emparer de leur terre.
Comme eux, plus de 130 000 personnes ont été enlevées et n'ont jamais été retrouvées au Mexique.
Le cancer de l'impunité
Selon la source, 95 % des crimes ne seront jamais résolus au Mexique.
Un policier de Ciudad Juárez a accepté de se confier anonymement. « Ici à Ciudad Juárez, on a envoyé la garde nationale, l'armée, la police de l'État. Mais la guerre contre le crime organisé ne pourra jamais se gagner parce que tout se décide en haut lieu. »
Selon son témoignage, un supérieur a ordonné de relâcher un meurtrier arrêté et de lui rendre son arme.
Les armes : le pipeline américain
La vidéo montre des armes du cartel, dont une mitrailleuse calibre 50.
Un trafiquant d'armes à Ciudad Juárez a accepté de parler. Selon lui, ses armes viennent des États-Unis, transportées par des personnes banales, souvent des femmes avec des visas américains. Il les revendrait près du triple de leur prix d'achat.
Louisa Chaparro, la voix qui dérange
Louisa Chaparro, journaliste indépendant sur YouTube (« Pied des notas »), enquête depuis plus de dix ans sur les liens entre politiques et crime organisé. Selon lui le cartel est composé d'avocats, d'hommes d'affaires, d'hommes politiques et de criminels.
Résister ou se taire
Laura Orozco et sa mère refusent d'abandonner leur champ d'avocat au cartel.
« Dans tout le Mexique, tout le monde connaît une famille qui a subi des souffrances similaires aux nôtres. Si on part ou si on se tait, les criminels imposeront leur version de l'histoire. »
« El Mencho a été tué mais le cartel de Jalisco continue à fonctionner parfaitement. Contrebande, extorsion, trafic d'arbres et mines illégales. Tout continue comme si de rien n'était. »
95 % des crimes impunis annoncés. 130 000 disparus. Un chef américain à la tête du cartel.
Sources :
- Témoignage de membres des forces spéciales du cartel de Jalisco
- Louisa Chaparro, journaliste indépendant (YouTube : 'Pied des notas')
- Témoignage d'un policier de Ciudad Juárez (anonyme)
- Témoignage d'un trafiquant d'armes (anonyme)
- Témoignage de Laura Orozco et sa mère Maria
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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