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Business de l'été : plages privées, maillots à 135 € et flyboard — les coulisses d'une économie balnéaire

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-05
Illustration: Business de l'été : plages privées, maillots à 135 € et flyboard — les coulisses d'une économie balnéaire
© YouTube

Maillots de bain : le grand écart des prix

En 2016, le marché pesait 558 millions d'euros — 200 millions de plus qu'il y a cinq ans.

Décathlon, l'un des plus gros vendeurs d'Europe, teste ses maillots sur douze morphologies avant commercialisation. Dans les bureaux, Anne-Sophie, responsable de la collection, traque les surfeuses sur la plage de Sénit, au Pays Basque.

« Est-ce que tu es satisfaite du maillot de bain que tu portes ? » demande-t-elle à une jeune femme. Réponse : « Le problème c'est que dès que je sors et que j'attrape ma planche, j'ai le téton qui sort. »

Ces témoignages nourrissent la conception. Élise, la styliste, dessine. Marie-Christine, la prototypiste, optimise la découpe pour gagner 10 cm² de tissu par maillot. 10 cm² qui valent de l'or : « ça peut vite monter à 50 centimes », explique-t-elle. Multipliée par 20 000 exemplaires, l'économie pèse lourd. Résultat : un maillot vendu 17,99 €.

À l'opposé, Claire Mougenau vend ses créations en coton biologique jusqu'à 165 €. Elle fait produire au Pérou. Coût de fabrication : 50 €. Prix en France : 135 €. « Le coton biologique coûte 5 € le mètre », précise-t-elle. Pour réduire ses coûts, elle utilise ses clientes comme mannequins bénévoles lors des shootings.

Audrey Lioto, fondatrice de Mon Petit Bikini, réalise 50 % de marge sur les marques. Elle a donc lancé sa propre collection. Objectif : un coût de fabrication ne dépassant pas 15 €, selon nos informations.

Les blogueuses influenceuses sont devenues des rouages essentiels. Nolita, suivie par 500 000 personnes sur Instagram, a vendu 150 maillots en deux heures via une opération marketing.


Plages privées : le sable qui rapporte

Bernard, plagiste depuis douze ans, exploite Brotine Beach. Son loyer annuel à la mairie : 50 000 € (21 €/m² plus 2 % du chiffre d'affaires). Ses dépenses annuelles : 2 000 € pour le sable, 15 000 € pour la remise en état, 120 000 € de salaires. Son chiffre d'affaires : 375 000 € par été.

Chaque année depuis 1964, la mairie achète 600 tonnes de sable pour 60 000 €. Il provient d'une carrière près de Toulon, lavé et tamisé.

Les prix sur ces plages privées ? Une cliente a dépensé 204 € pour une journée (matelas 25 €, eau 40 €, tartare 24 €, fruits de mer 16 €). « C'est entre 8 et 10 € la bouteille d'eau », confirme le personnel.

Mais ce business est menacé. Un décret impose que 80 % du rivage reste libre. À Juan-les-Pins, les plages privées occupent 60 % du littoral. D'après nos informations, le décret les réduira à 20 %. Les plagistes se mobilisent pour préserver leurs emplois (300 personnes).

À Pornichet, Laurent Junot a dû démolir son restaurant pour se conformer aux nouvelles normes. Sa perte : 800 000 €.


Parasols et jouets : la face cachée du business

Didier Ben Simon a innové en louant des parasols haut de gamme. Chiffre d'affaires : 2 millions d'euros. Didier Guigliano, dont l'entreprise familiale a été rachetée par Vlamink, fournit parasols et housses à tous les plagistes.

Les jouets de plage viennent presque exclusivement de Chine. Lidy, acheteuse, sélectionne les pistolets à eau et négocie les prix avec les fabricants chinois pour l'été 2018.

Le flamant rose gonflable a été la star de l'été. Les commerçants ont sous-estimé la demande. Voilà.


Parcs aquatiques : le pari risqué

Deux entrepreneurs louent un lac privé 33 000 € par an pour installer un parc aquatique gonflable. Investissement initial : 80 000 € de bouées, 15 à 20 000 € de câbles installés par des plongeurs. Ils visent 200 clients par jour à 10 € l'heure. Un bon jour, ils rapportent 3 500 €.


Flyboard : l'invention française qui conquiert le monde

« C'est l'invention qui a changé ma vie complètement », confie Franky Zapata.

Zapata Racing produit 1 500 flyboards par an. Chiffre d'affaires : 5 millions d'euros. Coût de production : 2 000 €. Prix de vente : 6 000 €. Il faut y ajouter un jet ski à 15 000 €.

Pour promouvoir son invention, Zapata sponsorise des pilotes et organise des championnats du monde.

Steve Palma gagne 50 000 € par saison grâce aux formations et shows flyboard.


Sources

  • Interviews de plagistes, fabricants, commerçants et entrepreneurs réalisées par l'émission

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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