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PolitiqueÉpisode 2/1

Bernadette Chirac : l'anorexie de sa fille, les infidélités, le pouvoir — une vie de secrets

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-08
Illustration: Bernadette Chirac : l'anorexie de sa fille, les infidélités, le pouvoir — une vie de secrets
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Une main levée, un destin scellé

Elle lève la main la première. Dans une bibliothèque de Sciences Po, rue Saint-Guillaume. Années 1950. Bernadette Chodron de Courcel, 20 ans, aristocrate discrète. Un ami lui a donné la recette : prendre le premier sujet d'exposé, fermer les yeux. « Tu lèves le doigt, tu prends le premier, ferme les yeux, c'est fini », raconte-t-elle.

Elle obtient le meilleur sujet. Dans la salle, un grand garçon nerveux remarque l'audace. Il s'appelle Jacques Chirac. Il vient la voir. « Mademoiselle, est-ce que je forme un groupe de travail ? » Elle le regarde « comme si je voyais un crapaud qui allait monter sur ma chaussure », dit-elle. « Vous savez, ça mérite réflexion. » Elle accepte.

Rapidement, Jacques Chirac s'appuie sur elle pour les devoirs. « Écoutez, vous avez beaucoup travaillé sur la démocratie en Amérique. Vous pourriez me prêter votre copie ? » Elle prête. Il a une meilleure note. « J'étais pas contente », lâche-t-elle.

Selon la source, ils viennent de mondes opposés. Lui, fils d'instituteur devenu cadre, bourgeois. Elle, aristocrate catholique, fille de diplomate. La famille voyait le mariage comme une mésalliance. Mais Jacques Chirac s'emballe. Il part aux États-Unis, vend des glaces, tombe amoureux d'une riche héritière. Il écrit à ses parents : il veut l'épouser. Bernadette ne cède pas. Elle s'allie aux parents de Jacques. Le père exige le retour. Les fiançailles ont lieu.

Le 16 mars 1956, ils se marient à Paris. Le soir, elle fait une omelette. « Je bats mes œufs avec les coquilles », avoue-t-elle. Des montagnes pointues. « C'est pas très brillant », dit Jacques. Elle rit encore.

Le bulldozer et la discrète

La carrière de Jacques Chirac décolle avec Georges Pompidou. Selon la source, Pompidou le repère dans une réunion, le surnomme « mon bulldozer ». « Chirac, vous êtes fait pour faire la politique », lui dit-il. Jacques est surpris. Bernadette aussi.

Élu député de la Corrèze en 1967. La région devient leur fief. Selon la source, Bernadette sillonne les routes au volant de sa Peugeot rouge. « Elle roulait la nuit », témoigne un proche. Elle visite les maisons de retraite, coupe les rubans, boit de la tisane (que les habitants appellent « thé ») pour ne pas choquer. La politique lui donne une existence propre. « C'était le moyen de son émancipation personnelle », explique un observateur.

Gérard Jannico, leur ancien garde du corps, se souvient de leurs interactions. « Ils étaient comme ça, avec de l'humour », dit-il. Un jour, Bernadette trébuche sur un chantier. Jacques se tourne : « Mais vous tombez ! » Il se moquait gentiment. Elle aussi.

Mais derrière la complicité ? Les tensions. Jacques Chirac est un homme pressé. Il file à des meetings, à des réunions. « Le mot que j'attendais le plus souvent, c'était "Je file" », dit-elle. Elle obéit. « C'est lui le chef, et il faut que j'obéisse », déclare-t-elle publiquement.

Le drame de Laurence

Leur fille aînée, Laurence, souffre d'anorexie mentale à partir de 15 ans. « Nous avons cherché des structures adaptées », confie Bernadette dans le documentaire. À l'époque, la médecine ne sait pas traiter. Laurence est enfermée dans une chambre d'hôpital sans fenêtre. Des barreaux, pas de visite. « Ça se passe très mal », dit-elle.

Pendant des décennies, la famille Chirac cache le drame au public. Claude, la cadette, devient la communicante. Laurence, elle, reste dans l'ombre. En 2014, Bernadette brise le silence : « L'anorexie est une maladie terrible. » Elle parle de son impuissance.

Selon la source, Laurence Chirac a tenté de se suicider en se jetant par une fenêtre dans les années 2000. En 2016, elle décède d'une fausse route.

Les infidélités, l'ambition, le pouvoir

Selon la source, Jacques Chirac a eu une relation passionnée avec la journaliste Jacqueline Chabridon en 1974. Il aurait voulu divorcer. Mais l'ambition politique l'en empêche. « Chirac a refusé le divorce par ambition », affirme un témoin. Bernadette le sait. Elle encaisse.

Elle choisit le même terrain que lui : la politique. « Elle a voulu lui montrer ce qu'elle valait sur son terrain », analyse un proche. « Essayer de le reconquérir. » Elle devient conseillère générale de la Corrèze, préside la fondation Hôpitaux de France, lance l'opération Pièces Jaunes. « Elle est devenue un leader politique », dit le récit.

Malgré les trahisons, elle reste. « Je suis l'épouse de Jacques Chirac, qui est un chef », répète-t-elle. Et lui : « Il l'appelait dix fois par jour pour savoir où elle était, ce qu'elle faisait. » Il la considérait comme « son meilleur soldat ». Elle ne trahirait jamais.

La chute de l'Élysée

  1. Jacques Chirac est élu président. Bernadette s'installe à l'Élysée. Elle redécore les appartements. « Aucun travail n'avait été fait depuis quarante ans », dit-elle. Elle organise des soirées culturelles.

Selon la source, après 2007, le couple a connu une dépression et une difficile adaptation à la retraite. L'appartement face au Louvre est prêté par l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri. Jacques regarde des vidéos, se couche tôt. Bernadette sort, va au théâtre. « On sent une grande dépression », explique un observateur.

La dernière bataille

Selon la source, en 2015, à 81 ans, Bernadette se présente aux élections départementales en Corrèze, prenant sa revanche sur François Hollande. Elle fait campagne à l'ancienne, un mot pour chacun, même pour le chien. « Comment il s'appelle ce petit chien ? Jason. Et ben Jason, dis ou il est gâté. »

Elle gagne. « Ce n'est pas une revanche, c'est du travail », dit-elle. Mais l'émotion est palpable. « Je suis née dans la chiraquie pure », dit une admiratrice. Bernadette répond : « Je suis à votre service. »

Selon la source, Jacques Chirac est décédé en 2019. Bernadette Chirac s'est présentée aux élections départementales en Corrèze en 2015.

Le documentaire de 2014 ne répond pas à tout. Mais il montre une femme debout. Les coquilles d'œuf dans l'omelette. Les larmes pour Laurence. Les pièces jaunes pour les enfants malades. « J'ai travaillé avec tout mon cœur », dit-elle. Les Français l'ont aimée pour cela. — Et pourtant.

Sources :

  • Documentaire vidéo Bernadette Chirac : secrets, drames et résilience, 2014, YouTube (entretien et témoignages).
  • Témoignages de Gérard Jannico, Évelyne Guillem, Éric Ducken, extraits du même documentaire.
  • Citations de Bernadette Chirac : « Je bats mes œufs avec les coquilles », « C'est lui le chef », « L'anorexie est une maladie terrible », « J'ai travaillé avec tout mon cœur ».

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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