Benoît Hamon : le racisme, « cancer » de la société, l'ESS, rempart oublié

Le racisme est un cancer. Benoît Hamon le dit — sans détour. Ancien ministre de François Hollande, candidat PS à la présidentielle de 2017 (6,4 % des voix), il préside aujourd'hui ESS France et dirige l'ONG Singa. L'échec majeur du quinquennat Macron ? L'augmentation de la pauvreté infantile, selon lui. La déchéance de nationalité après les attentats de 2015, il la qualifie de « déflagration ». Et face au péril de l'extrême droite, il promet de « faire son devoir ». Voilà.
« C'est beaucoup plus grave qu'on le pense »
1er juin 2024. Le Parlement européen durcit les politiques d'asile et ouvre la voie à la délocalisation des centres de rétention dans des pays tiers. Benoît Hamon regarde les images. Sa réaction fuse : « C'est beaucoup plus grave qu'on le pense ».
Pas seulement le sort des demandeurs d'asile est en jeu. C'est l'idée même du projet européen qui vacille. « L'Europe qui avait été pensée comme le continent du droit ne permet pas à ceux qui viennent sur le territoire européen de faire l'expérience du droit et notamment l'expérience des droits fondamentaux. »
Hamon ne renie pas l'Europe. Il y croit « plus que jamais ». Mais il voit le danger — retour des empires, fin de l'hégémonie occidentale. L'Europe doit proposer autre chose. « Nous avons à mettre sur la table la possibilité de la coopération entre les États. »
Depuis qu'il dirige Singa, il donne des conférences sur les migrations. Il pose un quiz : quel est le premier couloir migratoire international ? La réponse ? Ce n'est pas l'Afrique vers l'Europe. C'est entre Européens. Un Portugais en France. Un Allemand en Roumanie. « Et là, invariablement, on me dit : "Oui, mais ça c'est pas des vraies migrations." » Le racisme est là. Dans le regard qui distingue.
La déchéance de nationalité, une « déflagration »
Hamon rappelle la rupture au PS sur la déchéance de nationalité après les attentats de 2015. Il la qualifie de « déflagration ». Il attribue partiellement sa défaite de 2017 aux conséquences de cette mesure. Et pourtant. Une décision qui a fracturé la gauche — et qui continue de peser.
L'ESS, un rempart oublié
Aujourd'hui, Hamon préside ESS France. Un secteur qui pèse 2,7 millions d'emplois, 160 000 entreprises — 75 % de la collecte textile nationale provient de l'ESS. Le 23 juin 2024, le gouvernement a renoncé à des coupes drastiques dans le budget de l'ESS. Le sommet mondial de l'ESS à Bordeaux s'est tenu sans le Premier ministre ni le président. Le gouvernement ne voit pas l'ESS comme un instrument de transformation. Un rendez-vous manqué.
La gauche fragmentée
La gauche reste éclatée, sans accord unitaire, entre plusieurs candidats. Hamon critique la « gauche de la bourgeoisie ». Il appelle à des politiques de justice sociale et de transition écologique. Des mots, des promesses — mais pour l'instant, rien ne bouge.
« Je ferai mon devoir »
Face au péril de l'extrême droite, Hamon promet d'agir. L'ESS France a adopté une résolution unanime contre la préférence nationale et l'extrême droite. Le racisme est un cancer. Hamon cite Gramsci : « Le vieux est mort, le neuf hésite à naître. »
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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