Bali Bagayoko : le Canard Enchaîné accuse, la RATP dément — qui dit vrai ?

Six mille euros par mois. C’est ce que touchait Bali Bagayoko, maire insoumis de Saint-Denis, en cumulant mandats d’adjoint, vice-présidence départementale et poste de cadre à la RATP, selon le Canard Enchaîné. L’hebdomadaire y voit un possible emploi fictif. Anticor a déposé deux plaintes auprès du Parquet National Financier. La RATP, elle, défend un salarié engagé. Un ancien directeur général adjoint de la régie parle de « malhonnêteté ».
Un cumul qui interroge — mais pas illégal
Bali Bagayoko a été embauché à la RATP en l’an 2000. Selon le Canard Enchaîné, il cumulait les fonctions d’adjoint au maire de Saint-Denis, de vice-président du conseil départemental et de cadre à la RATP. Le journal pointe l’absence de concours pour son recrutement et une augmentation de ses indemnités d’adjoint en 2015, au moment où il perdait son mandat départemental. Sa rémunération totale aurait alors dépassé 6 000 euros par mois, primes et 13e mois inclus.
Sauf que la loi autorise le cumul emploi-mandat local. Depuis décembre 2025, une loi a clarifié les règles : protection contre le licenciement, autorisations d’absence, aménagement horaire. Le Canard Enchaîné ne dénonce rien d’illégal.
La RATP contre-attaque
La régie affirme que Bali Bagayoko a été « recruté après avoir passé les entretiens d’embauche préalables à la titularisation ». Elle précise qu’il n’y a pas de concours à la RATP : les agents sont de droit privé, pas des fonctionnaires. Elle rappelle que les règles de droit commun facilitent la conciliation entre mandat d’élu et vie professionnelle.
Jacques Marce, ancien directeur général adjoint de la RATP, a écrit au Canard Enchaîné pour dénoncer « un exercice de malhonnêteté » et « un tissu de sous-entendus infondés ». Selon lui, Bagayoko a été recruté sur ses compétences. « S’il bénéficiait, comme tous les élus agents de la RATP, d’aménagements horaires, qui vous dit qu’il ne remplissait pas pleinement ses missions ? »
Le Canard Enchaîné n’a pas produit de preuve concrète d’absence au travail.
Anticor saisit la justice
L’association Anticor a déposé deux plaintes contre X auprès du Parquet National Financier. Elle s’interroge sur la réalité du travail fourni par Bagayoko à la RATP.
Bagayoko refuse de participer à « cette séquence politico-médiatique ». Dans un communiqué, il dit ne pas être atteint par les attaques et promet de faire valoir ses droits « quand cela sera nécessaire ».
Le journaliste Frédéric Aziza dans le viseur des insoumis
Les articles du Canard sont signés Camille Eder, mais ce serait le pseudonyme de Frédéric Aziza, journaliste à Radio J. Les insoumis l’accusent d’acharnement contre leur camp. Le 17 juin 2025, Aziza avait interpellé deux députés LFI, Alma Dufour et Arnaud Le Gall, en les traitant de « porte-parole du Hamas, du Hezbollah et de l’Iran ». Jean-Luc Mélenchon a tweeté : « L’animateur de Radio J est méprisé par toute la profession autant que par nous. Ses méthodes de voyou et sa tentative pour abattre notre ami le maire de Saint-Denis n’aboutiront jamais en aucun cas. »
Aziza a aussi signé un article sur Ali Diwara, maire de La Courneuve, concernant l’occupation d’un logement social. Les insoumis pointent une animosité récurrente.
Le Canard a publié trois articles. Aucun ne démontre que Bagayoko ne travaillait pas. Aucun ne prouve l’emploi fictif.
Deux cents élus à la RATP
Selon les informations disponibles, environ 200 salariés de la RATP cumulent un mandat électif avec leur emploi. La loi les autorise à bénéficier d’aménagements horaires.
Et maintenant ?
L’affaire Bagayoko est loin d’être terminée. Anticor a saisi la justice. Bali Bagayoko reste maire de Saint-Denis.
📰Source :YouTube
Par la rédaction de Le Dossier
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