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Faits diversÉpisode 6/4

Baby-sitter : 18 enfants violés, l'État savait (et n'a rien fait)

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-15
Illustration: Baby-sitter : 18 enfants violés, l'État savait (et n'a rien fait)
© Kampus Production / Pexels

Dix-huit victimes. Des bébés de deux mois.

Ce chiffre donne le vertige. Dix-huit enfants âgés de 2 mois à 5 ans. Tous « susceptibles d’avoir été victimes » de viols et d'agressions sexuelles, selon les termes des autorités judiciaires (source : Paris Match). L'enquête pour viol sur mineur de moins de 15 ans a permis d'identifier les 18 victimes pour lesquelles l'homme risque la prison à perpétuité (source : Libération).

Le mis en cause ? Un baby-sitter de 37 ans, habitant du Nord. Mis en examen le 14 mai 2026. Mais ce n'est pas sa première comparution devant la justice — il avait déjà été condamné pour des faits similaires. Exactement le même type d'infractions. La suite est édifiante.

Les faits se sont déroulés sur plusieurs années, dans le département du Nord. L'homme officiait comme baby-sitter pour des familles, souvent via des plateformes ou des annonces. Il avait accès aux enfants. Personne n'a vérifié son casier judiciaire. Personne n'a posé de questions. Il a continué. Jusqu'à ce qu'une famille porte plainte. Ensuite, les vannes se sont ouvertes.

Les enquêteurs ont découvert un système bien rodé. L'homme, déjà condamné pour corruption de mineurs et agressions sexuelles, avait été interdit d'exercer toute activité impliquant un contact habituel avec des mineurs (source : Le Figaro). Interdiction ? Il l'a ignorée. Et personne ne l'a surveillé.


« Aujourd'hui, une femme de ménage en crèche est mieux surveillée qu'un baby-sitter »

La phrase est de Sarah El Haïry, haute-commissaire à l'Enfance. Elle l'a prononcée dans une interview au Parisien, le 14 mai 2026. « Un électrochoc collectif ! », a-t-elle lancé. Elle dénonce un scandale d'État : l'absence totale de contrôle des baby-sitters. Contrairement aux crèches, où les personnels sont soumis à des vérifications régulières, les gardes d'enfants à domicile évoluent dans un vide juridique.

« On ne peut pas accepter qu'une femme de ménage en crèche soit mieux surveillée qu'un baby-sitter ! », s'indigne-t-elle. La comparaison est implacable. Dans les crèches, les employés sont fichés, contrôlés, soumis à des enquêtes administratives. Les baby-sitters, eux, ne sont soumis à rien. Pas de casier judiciaire obligatoire. Pas de vérification d'antécédents. Rien.

Résultat : un pédocriminel déjà condamné peut librement proposer ses services sur Le Bon Coin, sur des groupes Facebook, ou via le bouche-à-oreille. Il peut s'occuper de dizaines d'enfants avant d'être démasqué. C'est ce qu'il a fait. Dix-huit fois.


Les failles du système : comment un récidiviste a pu passer entre les mailles

Posons les choses : l'homme avait déjà été condamné. Les juges avaient prononcé une interdiction d'exercer. Mais cette interdiction est restée lettre morte. Pourquoi ? Parce qu'aucun organisme ne s'est assuré qu'il la respectait. Le fichier judiciaire national des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS) existe. Mais les particuliers qui engagent un baby-sitter ne le consultent pas. Les plateformes de mise en relation ne sont pas tenues de vérifier le casier judiciaire des inscrits.

Le vide est béant.

Sarah El Haïry appelle à « un contrôle systématique pour les baby-sitters ». Elle veut une obligation de vérification du casier judiciaire avant toute embauche. Une mesure simple, qui pourrait sauver des vies. Mais pourquoi n'existe-t-elle pas encore ? Le lobbying des plateformes ? La justice trop lente ? La protection de l'enfance toujours reléguée au second plan ?

Les faits sont têtus. Cet homme a continué à garder des enfants pendant des années après sa condamnation. Il a violé, agressé, corrompu des mineurs. Et personne n'a rien vu. Personne n'a rien fait.


« De surcroît concernés par des faits de corruption de mineurs »

Les charges ne se limitent pas aux viols et agressions sexuelles. Selon Paris Match, les victimes sont « de surcroît concernées par des faits de corruption de mineurs ». Cela signifie que l'homme a pu exhiber des images pornographiques, ou inciter les enfants à des actes sexuels. La corruption de mineur est une infraction grave, souvent associée à la pédocriminalité en ligne. Ici, elle a été commise en face-à-face, pendant les gardes.

Le dossier est un cauchemar pour les familles. Certains parents confiaient leur bébé à cet homme depuis des mois. D'autres l'avaient rencontré sur des applications. Tous ignoraient son passé judiciaire. Aujourd'hui, ils doivent vivre avec la certitude que leur enfant a été violé. Et ils savent que la justice aurait pu empêcher tout ça.


Ce n'est pas une fatalité. C'est une faillite.

Voilà.


Ce qui doit changer : l'appel de Sarah El Haïry

Sarah El Haïry ne mâche pas ses mots. « Un électrochoc collectif », répète-t-elle. Elle annonce vouloir renforcer les contrôles des baby-sitters. Concrètement, cela passerait par une obligation de présenter un extrait de casier judiciaire avant toute garde. Les plateformes devraient vérifier ces documents. Les familles devraient les exiger.

Mais est-ce suffisant ? L'interdiction d'exercer une activité impliquant un contact habituel avec des mineurs existe déjà. Elle n'a pas empêché ce récidiviste de continuer. Il faudrait un fichier centralisé, consultable par tout employeur particulier. Un système de signalement obligatoire pour les professionnels de santé ou les services sociaux dès qu'un ancien condamné est repéré. Et surtout, des peines dissuasives pour ceux qui violent cette interdiction.

Actuellement, l'homme risque la perpétuité. Mais la peine ne réparera pas les vies brisées. Les 18 enfants, certains âgés de deux mois seulement, porteront des séquelles à vie.


La justice en question : un récidiviste libre, 18 victimes plus tard

Comment la justice a-t-elle pu laisser un homme déjà condamné pour pédocriminalité en liberté, sans surveillance, sans contrôle ? C'est la question que posent les associations de protection de l'enfance. Le suivi socio-judiciaire après une condamnation est souvent inexistant. Les interdictions professionnelles ne sont pas appliquées. Les fichiers ne sont pas croisés.

Dans cette affaire, l'homme a été condamné une première fois. Il a purgé sa peine. Ensuite, plus rien. Aucun agent de probation ne s'est assuré qu'il respectait l'interdiction d'exercer. Aucune alerte n'a été déclenchée lorsqu'il a commencé à proposer ses services comme baby-sitter. Le système a failli.

Et ce n'est pas un cas isolé. Des dizaines d'affaires similaires éclatent chaque année. Baby-sitters, éducateurs, animateurs : des récidivistes continuent à travailler auprès d'enfants parce que personne ne vérifie. Le vide juridique est un nid à prédateurs.

Sarah El Haïry promet des mesures. Mais combien de temps faudra-t-il pour qu'elles soient appliquées ? Combien d'enfants encore devront subir des viols avant qu'une loi ne soit votée ?


Les sources

  • Le Parisien – « Un électrochoc collectif ! » : l’appel à renforcer les contrôles, après la mise en examen d’un baby-sitter pour viols », interview de Sarah El Haïry, 14 mai 2026.
  • Libération – enquête sur les 18 victimes identifiées, mai 2026.
  • Paris Match – détails sur les charges de corruption de mineurs et la formulation « susceptibles d’avoir été victimes », mai 2026.
  • Le Figaro – sur l’interdiction d’exercer une activité impliquant un contact habituel avec des mineurs, mai 2026.

📰Source :youtube.com

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