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Moscou : une femme kamikaze vise un général russe, 3 morts

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-03
Illustration: Moscou : une femme kamikaze vise un général russe, 3 morts
© YouTube

Les faits

Le restaurant UP est bondé. Une femme s'approche de l'entrée. Elle transporte un engin explosif artisanal. Un agent de sécurité l'intercepte. L'explosion déchire la nuit.

Bilan : trois morts, vingt-et-un blessés. Parmi les victimes : la femme qui transportait la bombe, l'agent de sécurité qui l'a empêchée d'entrer, et un client.

Les circonstances exactes restent floues. Selon une chaîne Telegram liée aux forces de l'ordre russes, l'explosion serait due à des déflagrations de bonbonnes de gaz dans la cuisine. Les analystes interrogés qualifient cette version de « propagande russe ». Les images en direct montrent une terrasse dévastée, des débris éparpillés, des secouristes s'activant parmi les blessés.

Selon la source, la cible serait le général Alexander Cheiko. Un haut gradé de l'armée russe aurait été la cible. Son état de santé est inconnu.

Alexander Cheiko n'est pas un officier anonyme

Commandant en chef des forces aérospatiales russes, il est accusé par Kiev de crimes de guerre en Ukraine et en Syrie. Selon les analystes, il figure sur une liste de cibles établie par les services de renseignement ukrainiens.

Ce mode opératoire — une femme transportant un engin explosif — est une première pour les opérations ukrainiennes sur le sol russe. Jusqu'ici, les éliminations ciblées de généraux russes utilisaient des charges dissimulées dans des véhicules, des trottinettes, ou des statuettes piégées. Selon Xavier Tittleman, ancien aviateur militaire, c'est la première fois que les Ukrainiens s'engagent dans une élimination ciblée en sachant qu'ils allaient perdre un agent sur le terrain.

Les services de renseignement ukrainiens sont décrits comme « très efficaces ». Ils auraient identifié le lieu et le moment de la célébration. Une présence sur le terrain, une capacité de renseignement humain que les analystes jugent « exceptionnelle ». Une coopération avec les services occidentaux est évoquée. Non confirmée.

Aucune revendication officielle

Les autorités russes ont ouvert une enquête pour « acte terroriste ». Les experts travaillent sur les lieux de l'explosion. Le nombre exact de victimes est encore en cours de détermination.

La femme qui transportait l'engin n'a pas été identifiée formellement. Les services russes tentent de retracer son parcours, ses liens éventuels avec les services ukrainiens, et la manière dont elle s'est procuré l'explosif.

Si le général Cheiko est vivant, il pourrait être placé sous protection renforcée. Les précédentes tentatives d'élimination — dont un général tué alors qu'il rendait visite à sa maîtresse — ont resserré la sécurité autour des hauts gradés.

Ce que ça dit de la France

Pourquoi un attentat à Moscou interroge-t-il la France ? Parce que la porosité des conflits étrangers n'épargne plus aucun territoire européen. Les méthodes employées — femmes kamikazes, engins artisanaux, ciblage de personnalités — les services antiterroristes français les connaissent bien.

La France a déjà été confrontée à des attentats visant des personnalités russes sur son sol. En 2019, l'assassinat de Zelimkhan Khangoshvili à Berlin avait mis en lumière les opérations des services russes en Europe. Aujourd'hui, ce sont les services ukrainiens qui opèrent sur le territoire russe. La menace est symétrique.

Les experts interrogés le soulignent : la guerre en Ukraine a franchi un cap. Les opérations d'élimination ciblée ne se limitent plus au champ de bataille. Elles touchent les capitales, les restaurants, les lieux publics. La population russe voit la guerre s'inviter dans son quotidien.

Double question pour la France. D'un côté, la coopération avec les services ukrainiens — avouée ou non — expose le territoire à des représailles. De l'autre, les méthodes employées par Kiev pourraient inspirer d'autres acteurs, étatiques ou non, sur le sol européen.

Le contribuable français finance une partie de cette guerre via l'aide militaire et le renseignement partagé. Il est en droit de se demander jusqu'où cette implication l'engage.

Et maintenant ? L'état de santé du général Cheiko reste inconnu. Les élections législatives russes, prévues du 18 au 20 septembre 2026, pourraient être perturbées par une recrudescence de ces attaques. La nervosité du régime, déjà palpable, pourrait s'accentuer. Pour la France, le signal est clair : la guerre est devenue totale. Ses frontières ne la contiennent plus.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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