Archipel : le média qui défie l'oubli colonial en Océanie

Le réveil kanak
"On nous a appris l'histoire de France. Pas la nôtre." Stéphanie Sékemé balance cette phrase comme un coup de poing. Née en Nouvelle-Calédonie, cette journaliste de 26 ans a fondé Archipel en décembre 2025. Un média 100% indépendant. 100% engagé.
Les chiffres donnent le vertige. En Nouvelle-Calédonie, 37% des jeunes quittent l'école sans diplôme (source : Vice-rectorat 2024). "Quand j'ai étudié l'histoire à l'université, j'ai découvert nos vérités. Celles qu'on cache aux enfants kanaks", explique-t-elle sur Twitch.
La suite est édifiante. Les accords de Nouméa ? Signés il y a 28 ans. Le gel du corps électoral ? Toujours pas appliqué. "Le parti indépendantiste kanak le réclame depuis 2018. Rien ne bouge."
Vanuatu : l'indépendance volée
30 juillet 1980. Le Vanuatu proclame son indépendance. Un événement occulté dans les manuels français. Stéphanie révèle l'indicible : "Ma mère a dû fuir le pays. Comme des milliers d'autres."
Le condominium franco-britannique ? Une aberration coloniale. Deux administrations. Deux monnaies. "Nos grands-parents devaient choisir leur camp. Français ou Anglais. Jamais vanuatais."
Aujourd'hui, le bichlamar — ce "broken English" — reste la langue du peuple. "On nous l'a interdit. Maintenant, c'est notre fierté." Archipel en fait un symbole. Comme cette dent de cochon, objet traditionnel devenu emblème de résistance.
L'apartheid géographique
Mélanésie = "îles noires". Polynésie = "multiples îles". Derrière ces noms, un racisme scientifique. "Les colons nous ont classés par couleur de peau", dénonce Stéphanie.
Preuve accablante : la Mélanésie est la seule zone nommée d'après un critère racial. "Regardez les cartes. Tout est dit." Les posts d'Archipel démontent pièce par pièce ce système de domination.
L'exemple le plus criant ? La Vahiné. "Cette image de femme polynésienne hypersexualisée date des peintres coloniaux. Elle pollue encore nos mentalités."
La contre-attaque culturelle
Ken One Project. Mélanésia 2000. Archipel documente ces bastions de résistance. "On réapprend nos langues. Nos danses. Même la navigation stellaire !"
Le festival de pirogues Hōkūleʻa en est la preuve. "Des centaines de bateaux traditionnels. Guidés par les étoiles. Pas par GPS." Stéphanie filme ces reconquêtes. Son arme ? Un smartphone et une détermination sans faille.
Les résultats surprennent. 15 000 abonnés en 4 mois. "Des jeunes kanaks me disent : 'Enfin, on existe.'"
Le piège financier
"Je vis avec 800€ par mois." Le revers de la médaille frappe dur. Pas de local. Pas d'équipe. "Je fais tout seule : recherche, montage, communication."
Le système médiatique français ? Un mur. "Sans réseau parisien, impossible de percer." Archipel devient alors son vaisseau amiral. "Ma façon de dire : nous valons mieux que vos clichés."
L'enquête continue. Stéphanie prépare "Le Pacifique dans nos assiettes", une série sur les cuisines oubliées. Prochaine étape ? Retour en Nouvelle-Calédonie. "Pour filmer nos vérités. Sans filtre."
À suivre.
Sources
- Archives de Mélanésia 2000 (Nouvelle-Calédonie)
- Données Vice-rectorat Nouvelle-Calédonie (2024)
- Entretien exclusif Mediapart/Twitch (février 2026)
- Comptes officiels Archipel (Instagram/TikTok)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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