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Mort de Quentin de Ran : l'antifascisme au cœur du piège politique

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-11
Illustration: Mort de Quentin de Ran : l'antifascisme au cœur du piège politique
© YouTube

Un mot. Huit lettres. Des millions d’interprétations. Depuis la mort de Quentin de Ran, jeune militant d’extrême droite tué en 2025 lors d’affrontements avec des membres de la Jeune Garde — mouvement lyonnais dissous en juin 2025 —, le terme « antifasciste » a été placardé, retourné, accusé.

Dans la vidéo de 20 Minutes consacrée au décryptage du mouvement antifasciste, des personnalités de droite et d’extrême droite affirment que « l’antifascisme était devenu le nouveau fasciste ». Le collectif identitaire Némésis a même lancé une pétition pour que les organisations antifascistes soient qualifiées de terroristes. Une une du journal Marianne a enfoncé le clou.

Mais que recouvre réellement ce mot ? Et surtout, que dit la mort de Quentin de Ran de la polarisation actuelle du débat public ?

Les faits — une mort, des tweets, une marche

Quentin de Ran, militant d'extrême droite lyonnais, trouve la mort lors d'affrontements avec des membres de la Jeune Garde, un groupuscule antifasciste radical créé en 2018 et dissous en juin 2025 après plusieurs agressions.

Selon la source, Quentin de Ran avait posté sur les réseaux sociaux des tweets rendant hommage à Adolf Hitler et tenu des propos antisémites et racistes.

Lors de la marche organisée en sa mémoire, des saluts nazis ont été aperçus dans la foule. Des insultes racistes ont également été entendues.

Une histoire longue, une récupération immédiate

L’antifascisme n’est pas né hier. Selon la définition du Larousse, reprise par la vidéo, il s’agit de « l’opposition au fascisme sous ses diverses formes et plus généralement aux régimes politiques autoritaires ». Le fascisme, lui, est né en Italie en 1919, porté par Benito Mussolini, ancien militant socialiste rallié au nationalisme totalitaire.

En France, les émeutes du 6 février 1934 — près de 20 morts lors de manifestations d’extrême droite à Paris — marquent un premier tournant. Après la guerre, des groupuscules néofascistes réapparaissent, notamment Ordre nouveau, créé en 1969 et à l’origine du Front National.

L’antifascisme reprend des couleurs dans les années 1980, avec la montée du FN de Jean-Marie Le Pen. En 2013, la mort du militant antifa Clément Méric, 19 ans, tué lors d’une rixe avec des néonazis, provoque l’émergence de nouveaux mouvements, dont la Jeune Garde. Ce groupe lyonnais se distingue en tentant de créer des ponts avec les organisations politiques traditionnelles — avant d’être dissous en juin 2025.

C’est dans cette séquence que survient la mort de Quentin de Ran. À droite et à l’extrême droite, on accuse l’antifascisme d’être un « nouveau fascisme ». En témoigne la une de Marianne — qui titre sur « l’antifascisme devenu le nouveau fascisme ». Le collectif Némésis réclame la qualification terroriste des mouvements antifascistes. À l’international, les États-Unis de Donald Trump et la Hongrie de Viktor Orbán ont déjà classé certains mouvements antifa comme organisations terroristes.

Du côté de la gauche, on estime que ces accusations visent à discréditer les antiracistes et on rappelle que l’antifascisme n’a jamais eu vocation à la violence, bien que certains radicaux mènent des actions violentes. Selon la source, ils veulent faire une inversion totale des valeurs.

Ce que ça dit de la France — porosité entre histoire et stratégie

Regardons les faits. Selon des historiens cités par la source, le bilan des violences politiques en France est sans appel : l’ultradroite a provoqué près de 60 morts depuis 1986, contre seulement 6 pour l’ultragauche.

Sources :

  • 20 Minutes — vidéo « Le mouvement ANTIFASCISTE en trois points » (YouTube)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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