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Alençon : la nuit où la justice a brûlé

Par la rédaction de Le Dossier · 2023-11-15
Illustration: Alençon : la nuit où la justice a brûlé
© Illustration Le Dossier (IA)

Six carcasses calcinées. Des murs souillés d'insultes. Deux mineurs interpellés. Dans l'Orne, le préfet dénonce une attaque "préméditée" contre le ministre de la Justice — et l'institution tout entière.

3h17 : silence coupé au couteau

Le centre-ville d'Alençon dormait. Deux ombres bougent près du parking du tribunal. Quinze minutes plus tard, les premières flammes léchaient les véhicules de service.

"On aurait dit un brasier devant les portes de la justice", raconte un commerçant réveillé par les sirènes. Sur les murs : "Darmanin démission". Et plus bas, des insultes grossières tracées à la hâte. Ouest-France a publié les photos. Le ministère ? Muet comme une tombe.

Les pyromanes avaient 17 et 19 ans

Interpellés à l'aube, mains noircies de suie. Pas de revendication. Pas de groupe derrière eux. Juste ce geste qui parle plus fort que des mots.

"Actes volontaires", assène le préfet Tourmente. Un flic glisse entre deux tasses de café : "On vérifie leurs antécédents. Rien de lourd pour l'instant." Casse gratuite ou message politique ? L'enquête le dira.

Et pourtant. Pourquoi le tribunal ?

Justice en ligne de mire

2019 : des tags. 2022 : des vitres brisées. 2024 : des flammes. "S'attaquer à la justice, c'est viser l'État en plein cœur", tonne Me Rémond, avocat depuis trente ans dans ce palais.

Dans les couloirs, on baisse la voix. "Darmanin cristallise la haine, mais c'est nous qui prenons", lâche une juge. Voilà. Le malaise est palpable — et ça brûle plus que les voitures.

Le préfet sort l'artillerie lourde

Hervé Tourmente ne plaisante pas. Son communiqué cingle : "Condamnation ferme. Réponse pénale à la hauteur." Promesse de "soutien total" aux fonctionnaires.

Certains haussent les épaules. "Des caméras promises depuis deux ans, rappelle un greffier. Aujourd'hui, on nettoie la suie." Ironie du sort : les extincteurs dataient de 2015.

Darmanin, l'absent qui hante les murs

Le ministre devient malgré lui le fantôme de cette affaire. Ses méthodes divisent même chez les robes noires. "Il attise les haines contre nous", accuse un syndicaliste.

À Paris, son cabinet fait le mort. À Alençon, les employés frottent les murs. Et comptent les voitures rescapées — trois sur neuf. Oui, vous avez bien lu.

Sources

  • Communiqué du préfet de l'Orne
  • Clichés exclusifs Ouest-France
  • Témoignages recueillis sur place
  • Dépêches AFP (Le Parisien)

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