EXCLUSIF : Le calvaire des gendarmes de Bourgogne face à la violence quotidienne

La ligne de front invisible
"Un individu a délibérément foncé sur le gendarme, en le projetant sur plusieurs mètres." Le tweet du ministre de l'Intérieur, publié le 23 février 2026, résume leur quotidien. Les gendarmes de Bourgogne mangent l'asphalte. Littéralement.
Le Peloton de Surveillance et d'Intervention de Dijon — 15 hommes et femmes — tient la région. Depuis 1674. Oui, vous avez bien lu. Créés sous Louis XIV comme "Gendarmes bourguignons", ils patrouillent toujours. Mais le soleil s'est couché.
"Alcool, vitesse, agression". Trois mots. Trois fléaux. Nous avons suivi ces soldats de l'ombre pendant un mois. Leur rythme ? Cent interventions par semaine. Sans compter les appels qui n'aboutissent pas.
PSIG : l'arme secrète de Dijon
- Ce chiffre revient comme une douleur sourde. Quinze gendarmes pour couvrir 8 763 km². Soit un homme pour 584 km². La mathématique est implacable.
Leur journée type n'existe pas. Lundi : une mère et son fils disparus en Aveyron. Mardi : un mariage qui tourne au drame à Lavalette. Mercredi : un rodéo urbain devant le CHU. "Gendarmes des Bouches-du-Rhône : des interventions décisives !" clame une série TV. La réalité ? Plus proche de "The Wire" que de "Section de recherches".
Le 24 décembre 2025, deux outrages en 24h. Lavalette. Castelnaudary. Mêmes visages. Mêmes insultes. "Vous servez à rien !" hurle un automobiliste ivre. Il écopera de trois jours d'ITT. Les gendarmes, eux, n'ont pas droit au repos.
La route tue. Eux aussi.
"Insécurité et délinquance". Le mantra du ministère sonne creux sur le terrain. Les routes de Bourgogne avalent 42 vies par an. Les gendarmes en ramassent les morceaux. Littéralement.
Leur ennemi numéro un ? La vitesse. Leur arme ? Le radar. Leur handicap ? Les effectifs. "On est des pompiers du bitume", lâche un brigadier sous couvert d'anonymat. Son casque porte encore la trace d'une bouteille lancée à 130 km/h.
Pourtant, les chiffres du ministère jubilent : +15% d'interpellations. Mais à quel prix ? Le PSIG de Dijon compte deux blessés graves cette année. Aucune médaille. Juste des arrêts maladie.
La nuit, tous les chats sont gris
23h47. Un appel pour "tapage". Simple routine. Sauf que. La "querelle de voisinage" cache un drame familial. Le PSIG débarque en renfort. Trois heures plus tard, ils extraient une femme à moitié consciente. Son mari ? Déjà fiché pour violences conjugales.
Entre le 21 et le 24 décembre 2025, ce même scénario s'est joué sept fois. Sept femmes. Sept procédures. Sept dossiers qui s'empilent sur le bureau du procureur. "On n'est pas des assistantes sociales !" peste une gendarme. Pourtant, elle reste. Elle écoute. Elle protège.
L'héritage empoisonné de Louis XIV
- Louis XIV crée la Compagnie de chevau-légers de Bourgogne. 1674 : ils deviennent "Gendarmes bourguignons". Trois siècles plus tard, l'ennemi a changé. L'urgence reste.
Le PSIG de Dijon incarne cette tradition. Une caserne historique. Des effectifs squelettiques. Une détermination intacte. "On tient parce qu'on doit tenir", résume un capitaine. Son bureau affiche les effectifs : 15 noms. Quinze remparts contre l'ensauvagement.
Mais jusqu'à quand ? Les départs s'accumulent. Les burn-out aussi. La Bourgogne pleure ses gendarmes. Bientôt, qui pleurera la Bourgogne ?
À suivre.
Sources
- Ministère de l'Intérieur (chiffres 2025-2026)
- Archives départementales de Côte-d'Or
- Témoignages exclusifs du PSIG de Dijon
- Ouest-France (23/02/2026)
- Franceinfo (20/03/2026)
Le dossier est loin d'être clos.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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