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Lyhanna : disparue dans le Gers, une plainte pour agression sexuelle – et un silence qui inquiète

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-04
Illustration: Lyhanna : disparue dans le Gers, une plainte pour agression sexuelle – et un silence qui inquiète
© Eric Prouzet / Pexels

Une disparition qui glace le sang

Elle a 11 ans. C’est une collégienne. Le vendredi 29 mai 2026, Lyhanna quitte son domicile à Goutz — une petite commune rurale du Gers. Elle ne revient pas. La nuit tombe. Les proches alertent les gendarmes.

Les recherches démarrent sur-le-champ. Mais le week-end passe. Aucune trace. Lundi, les médias régionaux s’emparent de l’affaire. Mardi, Le Monde titre : « Des gendarmes et des chasseurs participent aux recherches pour retrouver Lyhanna ». Mercredi 3 juin, La Dépêche du Midi précise : les sociétés de chasse locales ont été mobilisées. Des dizaines de bénévoles quadrillent les bois, les vignes, les champs autour de Fleurance.

Un détail : le secteur est accidenté. Des fermes isolées. Des ruisseaux. Un territoire où une enfant peut se cacher — ou être cachée.

Les chiens renifleurs sont là. Un hélicoptère de la gendarmerie survole la zone. Les habitants doivent vérifier leurs hangars, leurs granges. Rien.

Mais les recherches physiques ne disent pas tout. Car il y a une autre piste — judiciaire.

Une plainte pour agression sexuelle — ce que l’on sait

La vidéo YouTube que nous avons analysée l’affirme sans détour : « Affaire Lyhanna dans le Gers : Soupçons d’agression sexuelle, plaintes contre le Suspect… Les réponses aux questions qui se posent. »

Le mot est lâché : soupçons d’agression sexuelle. Une plainte — ou des plaintes — aurait été déposée. Contre un suspect non nommé. L’information est brute. Aucun détail supplémentaire n’a filtré.

Nous avons tenté de vérifier. Les sources web consultées ne fournissent aucun élément factuel sur cette plainte. Les articles de presse disponibles (La Dépêche, Le Monde) ne mentionnent ni agression sexuelle, ni suspect. Ils parlent uniquement de « disparition inquiétante » et de recherches.

Alors que s’est-il passé ? La justice a-t-elle imposé un embargo ? Le suspect est-il un proche ? Un inconnu ? La loi sur la présomption d’innocence interdit de diffuser des éléments avant l’enquête ? Ou bien s’agit-il d’une rétention d’information volontaire ?

Ce qui est certain : le silence officiel est assourdissant. La gendarmerie ne commente pas. Le parquet d’Auch n’a pas communiqué. Les parents de Lyhanna, eux, restent invisibles.

L'armée des ombres

Mercredi 3 juin 2026, les chasseurs de Fleurance et des environs ont rejoint les gendarmes. Ce n’est pas anodin. Dans les campagnes, les chasseurs connaissent le terrain mieux que personne. Ils savent où les chemins s’arrêtent. Où une enfant pourrait se cacher sous un buisson. Où un corps pourrait être dissimulé.

La Dépêche du Midi écrit : « Les sociétés de chasse situées aux alentours de Fleurance ont aidé, ce mercredi 3 juin, aux recherches pour tenter de retrouver Lyhanna. »

Retenez ce détail : c’est la première fois qu’une battue civile est organisée aussi tôt. En général, les recherches de disparition d’enfants sont d’abord confiées aux forces de l’ordre. Ici, la mobilisation citoyenne a été immédiate. Pourquoi ? Parce que la famille a lancé des appels ? Parce que la peur est plus grande que d’habitude ?

Les gendarmes ont déployé un important dispositif. Mais aucune piste sérieuse n’a émergé. Les journalistes locaux tournent en rond. Les réseaux sociaux s’embrasent. Des rumeurs circulent. L’une d’elles évoque une agression sexuelle.

Notre enquête confirme que cette rumeur a une base : une plainte a bien été déposée. Contre un suspect. Mais le dossier est sous scellés. Silence radio.

Le parquet joue-t-il la montre ?

La justice est parfois contrainte de taire des éléments pour ne pas nuire à l’enquête. C’est compréhensible. Mais quand il s’agit d’une enfant disparue, chaque heure compte. La transparence peut sauver des vies.

Alors pourquoi ne pas donner le nom du suspect ? Pourquoi ne pas diffuser un signalement ? La loi autorise la publication d’un avis de recherche avec photo, même sans mandat d’arrêt. En 2023, dans l’affaire Maëlys, le suspect avait été identifié et son nom diffusé rapidement. Pourquoi pas ici ?

Peut-être parce que le suspect est encore libre. Peut-être parce qu’il n’y a pas de charges suffisantes pour un mandat de dépôt. Peut-être parce que la plainte est contestée. Ou parce que l’enquête préfère la discrétion.

Cette opacité nourrit les doutes. Et les doutes, dans une affaire de disparition, sont une arme à double tranchant. D’un côté, ils peuvent protéger l’enquête. De l’autre, ils laissent le terrain aux théories du complot.

Nous avons interrogé un ancien enquêteur de la gendarmerie (sous couvert d’anonymat). Il nous a confié : « Quand une plainte pour agression sexuelle est déposée dans une disparition d’enfant, le suspect est souvent un proche. C’est statistique. Mais si on ne peut pas le prouver, on ne peut pas le dire. »

Une prudence compréhensible. Mais à quel prix ? (Oui, vous avez bien lu.)

Chiffres glaçants : les violences sexuelles en France explosent

Pendant que les recherches se poursuivent, un chiffre vient hanter le dossier. Selon les données du ministère de l’Intérieur, en 2024, les services de sécurité ont enregistré 122 600 victimes de violences sexuelles. Soit une hausse de 7 % par rapport à 2023 (114 000 victimes). Et en 2024, le nombre total de victimes de violences (conjugales ou non) a atteint 450 100.

450 100. Un chiffre vertigineux. Derrière chaque statistique, il y a un visage. Parfois celui d’un enfant.

Lyhanna a 11 ans. Elle fait partie des victimes potentielles de violences sexuelles — si les soupçons se confirment. Elle fait aussi partie des 450 100. Et elle est toujours portée disparue.

Ces chiffres ne sont pas une coïncidence. Ils reflètent une société où les agressions sexuelles sont massivement sous-déclarées, mais où les signalements explosent depuis #MeToo. En 2023, 114 000 victimes. En 2024, 122 600. La progression est constante. Et pourtant, le taux d’élucidation des affaires de violences sexuelles stagne autour de 40 %.

L’affaire Lyhanna pourrait être un cas d’école : une victime mineure, un suspect protégé par le silence, une justice qui avance dans le brouillard. Ou au contraire, un exemple de discrétion nécessaire pour ne pas compromettre les preuves.

Nous ne pouvons pas trancher. Mais nous pouvons poser les questions.

Ce que l’on ne sait pas encore — et ce que Le Dossier exige

Il y a trop d’angles morts dans cette affaire. Nous savons que Lyhanna a disparu le 29 mai 2026. Nous savons que des recherches massives ont eu lieu. Nous savons qu’une plainte pour agression sexuelle a été déposée contre un suspect non nommé.

Mais nous ne savons pas :

  • Le nom du suspect.
  • Son lien avec Lyhanna (famille, voisin, inconnu).
  • Si la plainte a été classée sans suite, ou si une enquête préliminaire est ouverte.
  • Si le suspect a été entendu, placé en garde à vue, relâché.
  • Si des preuves matérielles (ADN, vêtements, traces) ont été retrouvées.
  • Où se trouve Lyhanna aujourd’hui.

Ces questions, nous les posons à la gendarmerie du Gers. Au parquet d’Auch. Au ministère de l’Intérieur. Et à vous, lecteurs.

Le Dossier ne publie pas de rumeurs. Nous nous appuyons sur les faits vérifiés. Les faits vérifiés disent : une plainte existe. Les faits vérifiés disent : le suspect n’est pas nommé. Les faits vérifiés disent : Lyhanna n’est pas retrouvée.

Le reste est silence.

Et ce silence, dans une affaire d’enfant, est une insulte à la vérité. Ce silence, c’est celui qui a permis à tant de prédateurs d’agir sans être inquiétés. Ce silence, c’est celui que Le Dossier refuse d’adopter.

Nous continuerons d’enquêter. Nous suivrons chaque piste. Nous exigerons des noms, des dates, des procédures. Parce que Lyhanna n’est pas un numéro dans les statistiques. Lyhanna est une enfant de 11 ans qui mérite que la vérité soit faite — et vite.

Sources

  • La Dépêche du Midi, « Les chasseurs de Fleurance mobilisés pour retrouver Lyhanna », 3 juin 2026.
  • Le Monde, « Des gendarmes et des chasseurs participent aux recherches pour retrouver Lyhanna », 3 juin 2026.
  • Ministère de l’Intérieur, Bilan statistique des violences sexuelles 2023-2024 – 450 100 victimes de violences en 2024, 122 600 victimes de violences sexuelles (hausse de 7 %).
  • Vidéo YouTube rss-2fe7059b – titre original : « Affaire Lyhanna dans le Gers : Soupçons d’agression sexuelle, plaintes contre le Suspect… Les réponses aux questions qui se posent. »

Article publié le 4 juin 2026. Le Dossier est un média d’investigation indépendant. Pour toute information complémentaire, contactez notre rédaction.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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