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Jubillar : des ossements humains découverts, Cédric Jubillar a avoué

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-19

Une découverte presque fortuite

Deux fémurs humains ont été découverts jeudi 16 juillet, dans un champ à Mayoc, à une quinzaine de kilomètres du domicile de Delphine Jubillar à Cagnac-les-Mines.

Selon la source, Cédric Jubillar a parlé. Mercredi, il a indiqué aux enquêteurs où il avait dissimulé le corps en 2020.

Le récit des aveux est glaçant. Selon plusieurs témoins — dont son ex-petite amie Jennifer, rencontrée au parloir de la maison d'arrêt de Seysses (Haute-Garonne) — Cédric Jubillar a expliqué avoir étranglé Delphine lors d'une dispute conjugale.

Il aurait ensuite transporté le corps jusqu'à une parcelle agricole. Là, un tas de compost et de fumier de deux à trois mètres de haut. À mains nues, sans outil, il aurait enfoui le corps, profitant de la souplesse du monticule.

Le compost a depuis été utilisé par des agriculteurs. Les ossements ont été dispersés. « C'est presque par miracle que deux fémurs ont été retrouvés très rapidement », selon l'envoyé spécial. Les analyses génétiques, en cours à l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale à Pontoise, devraient confirmer l'identité de la victime. « Évidemment que ça rajoute encore un peu à la complexité de cette affaire et au côté parfaitement tragique », ajoute l'envoyé spécial. « Là où Cédric Jubillar devait conduire les enquêteurs, sur le lieu où reposait son épouse, on comprend que les ossements ont probablement, très probablement été dispersés par des agriculteurs. »

Le contexte d'une disparition

Delphine Jubillar a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Infirmière, mère de deux enfants — Elia et Louis — elle vivait à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Son mari, Cédric, peintre-plaquiste, a nié son implication jusqu'à son procès.

Le lieu où les ossements ont été retrouvés — à une quinzaine de kilomètres du domicile — se trouvait en dehors du périmètre d'enquête initial de dix kilomètres. « Ce lieu a visiblement échappé aux enquêteurs, aux gendarmes, aux magistrats instructeurs », selon l'envoyé spécial. « Jusqu'ici, pendant un peu moins de six ans, cette parcelle à l'abri des regards était passée sous les radars. »

Pourquoi cet endroit ? Selon la source, Cédric Jubillar connaissait la parcelle pour y avoir travaillé sur un chantier à proximité. Le propriétaire des lieux avance une autre hypothèse : le site serait situé près d'un lieu de prostitution et de rencontres libertines. « C'est un lieu aussi de rencontre libertine », selon le propriétaire. « Est-ce que Cédric Jubillar aurait eu connaissance de ce lieu par ce biais ? » s'interroge l'envoyé spécial.

Un traitement judiciaire sous tension

Selon la source, mis en examen en 2021, Cédric Jubillar a été jugé aux assises du Tarn. Jusqu'à son procès, il a nié en bloc.

Ce n'est qu'en juillet 2026, plusieurs mois après sa condamnation, qu'il a avoué. Ses aveux tardifs ont permis de localiser le corps — du moins, ce qu'il en reste. « Cédric Jubillar a expliqué à la magistrate chargée de l'interroger mercredi qu'il connaissait cet endroit parce qu'il avait travaillé sur un chantier situé à proximité », selon l'envoyé spécial.

Les deux fémurs ont été envoyés à l'IRCGN pour des analyses ADN. Les résultats sont attendus rapidement. Pour les proches de Delphine — et surtout ses enfants, âgés aujourd'hui de 7 et 11 ans — c'est l'espoir de pouvoir enfin se recueillir sur une tombe. « Ils vont pouvoir récupérer la dépouille de leur maman, ils vont pouvoir l'enterrer et puis ensuite, comme disait la petite Elia, déposer des dessins ou des fleurs sur la tombe de maman », selon une source proche.

Ce que cette affaire dit de la France

Cette affaire est un révélateur. Un révélateur des dysfonctionnements de la coordination judiciaire et policière française dans le suivi des violences conjugales et des disparitions non résolues.

Premier angle mort : le périmètre de recherche. Dix kilomètres. Une distance arbitraire qui a exclu d'emblée le lieu où le corps a été caché. « C'est un lieu qui correspond tout à fait aux aveux qui ont été rapportés par plusieurs témoins de ce dossier, notamment Jennifer », selon l'envoyé spécial. Pourquoi ce périmètre n'a-t-il pas été élargi ? Pourquoi les déclarations de Jennifer — qui évoquait un lieu situé à quinze minutes ou quinze kilomètres sur une exploitation agricole — n'ont-elles pas été prises plus au sérieux ?

Deuxième angle mort : la prise en charge des violences conjugales. Delphine Jubillar avait déposé une main courante. Le signalement n'a pas suffi à la protéger. Son mari, qui la battait, a pu passer à l'acte. La machine judiciaire, une fois le crime commis, a mis près de six ans à retrouver le corps.

Enfin, il y a la question des moyens. Les enquêteurs ont ratissé des hectares, mobilisé des centaines de gendarmes. Mais le corps était là, à quinze kilomètres, dans un tas de compost que des agriculteurs ont depuis dispersé. « Le compost dans lequel le corps a été enfoui en 2020 a pu être utilisé par les exploitations agricoles aux alentours, rendant leur découverte encore plus difficile. » « On comprend que les ossements de Delphine Jubillar ont probablement, très probablement été dispersés et que c'est presque par miracle que deux fémurs ont été retrouvés très rapidement. »

Le dossier est loin d'être clos. Les analyses ADN doivent confirmer l'identité des ossements. Mais au-delà du verdict scientifique, c'est tout un système qui est mis en cause. Un système qui n'a pas su protéger Delphine Jubillar, et qui n'a pas su retrouver son corps pendant cinq ans et demi. La question n'est pas seulement de savoir qui a tué. La question est de savoir pourquoi la justice a mis si longtemps à trouver les réponses.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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