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JusticeÉpisode 2/2

Zakariyya, 23 ans : la BAC l'étrangle, la vidéo accable

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-08
Illustration: Zakariyya, 23 ans : la BAC l'étrangle, la vidéo accable
© alameen .ng / Pexels

Le 4 avril, un samedi comme les autres

Zakariyya a 23 ans. Il vit à Évin-Malmaison, une commune ouvrière du Pas-de-Calais. Ce samedi-là, il est chez lui, avec sa famille. Soudain, la Brigade anticriminalité (BAC) débarque. Les policiers veulent l'interpeller. Pourquoi ? Le transcript de Mediapart ne le précise pas. Mais les faits, eux, sont enregistrés.

Le père, Djellali Seddaoui, sort sur le perron. Il voit son fils plaqué au sol. Il sort son téléphone. Il filme. « Filmer, c'est déjà la première défense. Il ne faut pas avoir peur de filmer », dit-il à Mediapart. Ce geste — filmer — sauvera peut-être la vérité.

Les images montrent Zakariyya allongé sur le ventre. Plusieurs policiers le maintiennent. L'un d'eux appuie sur sa nuque. Un autre bloque ses jambes. Le jeune homme ne bouge plus. Puis il convulse. Un malaise. Puis un deuxième. Son visage devient bleu. Son père crie : « Il est en train de mourir ! » (Mediapart, 7 mai 2026).

Les policiers ne s'arrêtent pas. Ils continuent d'exercer une pression. Le corps de Zakariyya se tord. Ses yeux roulent. La scène est insoutenable. Elle dure. Et elle est filmée.

« Un des policiers a étranglé mon fils »

Djellali Seddaoui ne se contente pas de filmer. Il parle. Il raconte. À Streetpress, il livre un témoignage glaçant : « Un des policiers a étranglé mon fils. Son visage était tout bleu. Son corps se tordait de douleur et on voyait ses yeux rouler. » (Streetpress, 2026). Les mots sont précis. La douleur est palpable.

Ce n'est pas une simple interpellation musclée. C'est une strangulation. Un geste qui, selon les protocoles, doit être immédiatement interrompu dès que la personne cesse de résister. Ici, Zakariyya ne résiste pas. Il est au sol, inerte. Et pourtant, la pression continue.

Pourquoi ? Qui a donné l'ordre de maintenir cette pression ? Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.

Le père a fait ce que des milliers de familles font désormais : filmer pour protéger. Sans cette vidéo, que resterait-il ? Un procès-verbal de police, peut-être. Une version officielle. Mais ici, la vérité est brute. Elle montre ce que les mots ne disent pas.

Une enquête ouverte, un système en accusation

Le parquet de Béthune a ouvert une enquête. Motif : violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique. Les faits sont qualifiés. Les policiers de la BAC sont mis en cause. Mais une enquête, ce n'est pas une condamnation. C'est le début d'un chemin semé d'obstacles.

Les violences policières ne sont pas une nouveauté en France. Depuis 2020, des milliers de plaintes ont été déposées. Des enquêtes ont été ouvertes. Peu de condamnations. Le système judiciaire, souvent, protège ses agents. Les vidéos, pourtant, ne mentent pas.

Mediapart a révélé les images. Le journal les a rendues publiques le 7 mai 2026. Elles sont réservées aux abonnés, mais le choc est immédiat. Des élus locaux réclament des comptes. Des associations appellent à manifester. Le débat sur la violence policière rebondit.

Mais derrière les mots, il y a un corps. Celui de Zakariyya. A-t-il des séquelles ? Des blessures ? L'enquête le dira. Son père, lui, est brisé : « Je ne peux pas oublier son visage bleu. Mon fils est vivant, mais il a frôlé la mort. » (Djellali Seddaoui, cité par Mediapart).

« Filmer, c'est déjà la première défense »

Djellali Seddaoui est un quinquagénaire ordinaire. Il travaille, il élève ses enfants. Mais ce 4 avril, il devient un lanceur d'alerte. Il filme. Il publie. Il témoigne. Son geste est politique. Il rappelle que la vidéo est devenue la seule arme contre l'impunité.

Combien d'interpellations brutales restent invisibles ? Combien de Zakariyya n'ont pas de père avec un téléphone ? Les chiffres officiels sont opaques. Les rapports du Défenseur des droits, eux, sont clairs : les violences policières sont sous-estimées, sous-déclarées, sous-jugées.

Le père de Zakariyya ne se considère pas comme un militant. Il est juste un père. Un père qui a vu son fils suffoquer. Un père qui a crié. Un père qui a filmé. Et ce film, aujourd'hui, est une preuve. Une preuve que la BAC, parfois, dépasse les bornes.

Les questions qui restent

Zakariyya a survécu. Mais combien de temps faudra-t-il pour que la justice tranche ? Les procédures pour violences policières durent des mois, des années. Les policiers mis en cause bénéficient souvent de la présomption de légitime défense. Les vidéos sont contestées. Les témoins se rétractent.

Ici, la vidéo est claire. Les cris du père sont authentiques. Les malaises de Zakariyya sont réels. Pourtant, rien n'est joué. L'enquête du parquet de Béthune devra déterminer si les gestes des policiers étaient proportionnés. Un simple coup d'œil aux images suffit à douter.

Qui a donné l'ordre d'interpeller Zakariyya ce jour-là ? Pourquoi la BAC a-t-elle utilisé une technique de contention aussi dangereuse ? Où est la formation ? Où est le contrôle ? Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.

L'affaire Zakariyya n'est pas un incident isolé. Elle s'inscrit dans une série de violences policières filmées et diffusées : Théo, Adama, Nahel, et tant d'autres. Chaque fois, le même schéma : un jeune homme, une interpellation, une vidéo, une enquête. Et souvent, l'impunité.

Mais cette fois, le père a filmé. Et il a parlé. Et Mediapart a publié. La machine judiciaire est en marche. Reste à savoir si elle ira jusqu'au bout.


Sources

  • Mediapart, « Il est en train de mourir : dans le Pas-de-Calais, les images insoutenables de l'interpellation de Zakariyya », 7 mai 2026.
  • Streetpress, « Un des policiers a étranglé mon fils », 2026 (cité dans l'analyse).
  • Parquet de Béthune, ouverture d'enquête pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique.
  • Témoignage de Djellali Seddaoui, père de Zakariyya.

L'enquête continue.

📰Source :youtube.com

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