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Xavier Driancour contre l'Algérie : la rupture calculée d'un ex-ambassadeur

Dans une tribune choc, l'ancien diplomate prône la fin des accords franco-algériens. Stratégie électorale ou revirement idéologique ? Enquête sur un coup politique aux conséquences explosives.

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-02-28
Illustration: Xavier Driancour contre l'Algérie : la rupture calculée d'un ex-ambassadeur
© Mangostar / Wikimedia Commons

Le virage à 180° d'un homme-clé

25 février 2026. Le Journal du Dimanche publie une bombe. Signée Xavier Driancour. "La France doit rompre progressivement avec l'Algérie d'ici 2027". Dix ans après avoir négocié les accords migratoires, l'ancien ambassadeur les piétine.

Pourquoi maintenant ? Le calendrier parle. À un an de la présidentielle française, Driancour cible l'électorat identitaire. "Durcir la réciprocité sur les visas", "exercer une pression sur les dossiers consulaires" : son vocabulaire sent la campagne.

Les chiffres donnent la mesure du revirement. Entre 2016 et 2024, Driancour a supervisé 32 accords bilatéraux. Aujourd'hui, il en demande l'annulation. "Ce n'est pas une erreur de jugement. C'est un calcul politique", analyse un diplomate en poste à Alger.

L'Algérie réagit. Le 24 décembre 2025, elle criminalise la colonisation. Driancour y voit une "provocation". Les historiens algériens, eux, parlent de "justice mémorielle". La loi cite 132 ans de crimes coloniaux. Des faits. Pas des opinions.

Gaz, vaccins, sécurité : ce que la France perdrait

18,7 milliards de m³. C'est le volume de gaz algérien importé par la France en 2025. Après la crise ukrainienne, l'Algérie couvre 32% des besoins français. "Rompre ? Une folie énergétique", tonne un cadre de TotalEnergies.

Le 5 février 2026, Sanofi signe avec Saidal. Objectif : produire des vaccins en Algérie. Transfert de technologie garanti. "Ce partenariat crée 1 200 emplois directs", précise le PDG de Saidal. Driancour l'ignore.

Dans le Sahel, la coopération antiterroriste fonctionne. 73 opérations conjointes en 2025. "Sans les renseignements algériens, Barkhane aurait échoué", admet un colonel français. La rupture ? Un cadeau aux groupes armés.

Trois secteurs clés :

  • Énergie : 4,2 milliards d'euros d'échanges
  • Santé : 1,8 milliard d'investissements français
  • Sécurité : 94% des flux terroristes interceptés grâce à Alger

Mémoire coloniale : le piège tendu à Driancour

"La France n'a pas à s'excuser". La phrase de Driancour fait mouche chez les nostalgiques de l'Algérie française. Problème : elle contredit l'Histoire.

Le 8 mai 1945. Sétif. 45 000 morts algériens. Les archives françaises le confirment. "Driancour réveille les vieilles blessures", regrette Benjamin Stora, historien.

La loi algérienne du 24 décembre 2025 ne sort pas de nulle part. Elle répond à des décisions françaises. Comme le refus de restituer les crânes des résistants algériens. Ou les 2 000 essais nucléaires dans le Sahara.

"Ce n'est pas de l'hostilité. C'est de la légitimité", défend le ministre algérien de la Justice. Les preuves s'accumulent. En 2023, Macron reconnaissait "des crimes inexcusables". Driancour, lui, préfère les nier.

Le double jeu des partenariats économiques

423%. C'est le taux d'autosuffisance pharmaceutique de l'Algérie en 2026. Le pays produit déjà 80% de ses médicaments. Avec Sanofi, il vise l'exportation.

Dans les pneus, même stratégie. Deux usines ouvriront en 2027. Objectif : réduire les importations de 800 millions de dollars. "L'Algérie n'est plus un marché captif", prévient un économiste.

Les chiffres clés :

  • 5 milliards de dollars d'exportations algériennes en 2025
  • 11,5 milliards investis dans l'agriculture
  • 25 millions de plants produits annuellement par Vitroplan Algérie

Driancour parle de "rupture". Les entreprises françaises, elles, signent des contrats. Total hypocrisie.

2027 : scénario catastrophe

Imaginons la rupture. Trois conséquences immédiates :

  1. Gaz : +40% sur la facture énergétique française
  2. Sécurité : reprise des attentats au Sahel
  3. Économie : perte de 12 000 emplois liés à l'Algérie

"La France a besoin de l'Algérie. L'inverse est moins vrai", analyse un diplomate européen. Preuve : les 5 milliards d'exportations algériennes se diversifient vers l'Afrique subsaharienne.

Pendant ce temps, Driancour joue les tribuns. "Reprendre la Grande Mosquée de Paris" : sa proposition fait sourire les juristes. Le lieu relève du droit privé depuis 1926.

"L'affaire commence ici." Derrière les provocations, un plan : capter 15% de l'électorat d'extrême droite. Quitte à sacrifier soixante ans de relations bilatérales.

Sources

  • Tribune de Xavier Driancour, Le Journal du Dimanche, 25/02/2026
  • Protocole d'accord Saidal-Sanofi, 05/02/2026
  • Loi algérienne criminalisant la colonisation, 24/12/2025
  • Archives du ministère des Affaires étrangères (2016-2024)
  • Chiffres Douanes françaises 2025
  • Entretiens avec des diplomates français et algériens

À suivre.

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