Webloc : l'outil de géolocalisation israélien vendu aux entreprises françaises

L'affaire commence ici
Son nouveau visage s'appelle Webloc. Une solution de géolocalisation de masse — des millions de téléphones suivis à la trace, avec une capacité de remontée sur trois années de données. Selon l'enquête de Mediapart signée Yann Philippin et Antton Rouget, publiée le 31 juillet 2026, cet outil est désormais commercialisé auprès des entreprises françaises.
Trois vétérans de l'armée israélienne ont fondé la société à l'origine du produit. Une société que Facebook a bannie après le scandale Pegasus. La suite est édifiante : le fonds américain Penlink a racheté l'entreprise.
Après les États, les grandes entreprises
Le titre de l'enquête de Mediapart résume tout : « Une solution de cybermercenaires aux mains des entreprises françaises ». Le marché change de main. Après les gouvernements, les entreprises privées. Après l'espionnage d'États, la surveillance commerciale.
C'est le même écosystème. Les mêmes méthodes. Les mêmes profils. Des anciens du renseignement militaire israélien qui transforment leur expertise en produit commercial. Le bannissement par Facebook n'a pas tué le business. Il l'a déplacé.
Webloc s'inscrit dans cette continuité. Un produit technique, conçu par d'anciens militaires, capable de géolocaliser des millions de téléphones. Aucune distinction entre un journaliste, un salarié ou un concurrent. Un outil de surveillance massive, vendu comme une simple solution de gestion pour entreprises.
Pourquoi la France est devenue une cible
Depuis 2025, selon Mediapart, Webloc a investi le marché privé français. Pas par effraction : par la porte d'entrée. Les convoitises sont là, documentées par l'enquête. Les noms des entreprises clientes, en revanche, ne sont pas rendus publics dans les éléments publiés. Et pourtant.
Le résultat est simple. Des vétérans d'une armée étrangère conçoivent un outil de surveillance. Un fonds américain le vend. Des entreprises françaises l'utilisent — et le citoyen l'apprend par la presse.
Un business qui prospère sur les ruines d'un scandale
La filiation entre Webloc et Pegasus ne fait aucun doute dans l'esprit des enquêteurs de Mediapart. Même vivier de recrutement, même type de produit, même logique commerciale. L'outil a été conçu par trois vétérans de l'armée israélienne. La société a été bannie par Facebook. Puis rachetée par Penlink, un fonds états-unien. Le changement de propriétaire n'a rien changé au fond : la technologie reste une technologie de surveillance de masse.
Que peuvent faire les entreprises françaises avec un tel outil ? Suivre des salariés. Surveiller des concurrents. Tracer des clients. Remonter trois années de données de géolocalisation. Autrement dit, reconstituer les déplacements, les rendez-vous, les habitudes de vie de millions de personnes.
ET MAINTENANT ?
Trois questions se posent. Qui a acheté Webloc en France ? Quel usage a été fait des données collectées ? Et quelle autorité va vérifier que ces données n'ont pas servi à surveiller des salariés ou des concurrents ?
L'enquête de Mediapart ouvre des pistes, mais ne clôt pas le sujet. Les noms des clients français restent inconnus du public.
Webloc géolocalise des millions de téléphones. Potentiellement des millions de Français. Après Pegasus, le sparadrap a été changé, pas la plaie. Les cybermercenaires ont juste changé de costume.
Tout ce que l'on sait, d'après Mediapart, c'est que Webloc y a investi depuis 2025.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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