Violences et droits des femmes en France : un combat urgent et symbolique

La maison des femmes : une lumière dans l’ombre
125 000 femmes excisées vivent en France. Ce chiffre, glaçant, est au cœur du travail de Radem, fondatrice de La maison des femmes. Depuis dix ans, cette structure offre un soutien médical et psychologique aux victimes de violences. Le film La maison des femmes, réalisé par Mélisa Godet avec Karine Viard dans le rôle de Radem, met en lumière ce combat.
"La violence commence toujours par la psychologie", explique Radem. "C’est insidieux. La victime ne s’en aperçoit pas. Et quand elle ouvre les yeux, elle se sent coupable." Retenez ce détail. La violence psychologique est le prélude à la violence physique. Elle ne laisse pas de traces visibles, mais détruit de l’intérieur.
La maison des femmes compte trois unités, dont une dédiée aux femmes excisées. "La chirurgie ne suffit pas", insiste Radem. "Il faut aussi réparer l’estime de soi, la sexualité abîmée." Ces femmes pensent souvent qu’elles ne sont pas des "vraies femmes". La reconstruction est longue, douloureuse, mais possible.
Maternité des Lilas : la fin d’un symbole
Le 31 octobre 2025, la maternité des Lilas fermait ses portes après 61 ans d’existence. Pionnière de l’accouchement physiologique, elle incarnait la lutte contre le paternalisme médical. "Ce n’était plus une maternité, c’était un symbole", rappelle Radem. Les locaux ne répondaient plus aux normes de sécurité. Le financement n’était plus assuré.
Les Bleuets, une autre maternité engagée, ont réussi leur mutation en se délocalisant près de Trousseau. Les Lilas n’ont pas eu cette chance. "Ils ont essayé, mais ça n’a pas marché", explique Radem. La fermeture soulève des questions sur l’accès aux soins et les droits des femmes.
Les jeunes générations : un retour en arrière ?
Les violences faites aux femmes augmentent en France. Près de 1 800 victimes ont été recensées en 2025, soit une hausse de 12 % en un an. Les jeunes générations semblent régresser. "Ils nous renvoient quelque chose de l’ordre de ‘C’est allé trop loin’", constate Radem. "Les garçons disent qu’ils n’ont plus leur place. Les femmes ont tout raflé."
Sur les réseaux sociaux, des contenus masculinistes prolifèrent. "C’est une recette pour savoir comment être un ‘vrai mec’, comment soumettre les femmes", déplore Radem. Ce discours est parfois validé par des influenceuses qui glorifient le rôle de femme au foyer. "Elles disent être heureuses d’être soumises. Mais en réalité, elles sont financées par des marques."
La violence psychologique : un piège invisible
"La violence psychologique ne se voit pas", insiste Radem. "Elle est progressive, organisée. L’homme rabaisse, humilie, puis fait une déclaration d’amour. La victime se perd." Ce mécanisme touche tous les milieux sociaux, y compris les CSP+. "On continue de croire que ces violences sont le fait des milieux défavorisés. C’est faux. Ça nous rassure de penser que dans la société qui va bien, il ne peut rien se passer de mal."
Les hommes sont peu représentés dans les initiatives de lutte contre les violences faites aux femmes. "Sur 50 personnes, il y a deux hommes en moyenne", constate Radem. "C’est comme si c’était trop difficile pour eux de se dire : ‘Puisqu’il y a des femmes violentées, c’est qu’il y a des hommes violents.’"
La réparation : une deuxième naissance
La réparation des femmes excisées inclut à la fois la chirurgie et la reconstruction psychologique. "Elles se sentent enfin entières", explique Radem. "Une femme m’a dit : ‘J’ai passé mon permis moto. Je me suis sentie légitime.’" Ces petites victoires redonnent espoir.
Mais la prévention reste essentielle. "Réparer, c’est bien. Ne pas couper, c’est mieux", résume Radem. Le même principe s’applique à la violence conjugale. "Si on arrivait à faire en sorte que les hommes ne vivent pas leur virilité comme une nécessité de contrôle, on aurait fait un grand pas."
La justice : une vertu essentielle
Radem cite Gisèle Halimi : "C’est pas juste." Cette phrase résume son combat. La justice est une vertu essentielle, mais elle reste à conquérir. Les violences faites aux femmes persistent malgré les campagnes de sensibilisation. Les jeunes générations semblent régresser. Les symboles, comme la maternité des Lilas, disparaissent.
Le dossier est loin d’être clos. Les violences faites aux femmes sont un problème global, mais les solutions doivent être locales, concrètes, et soutenues par une volonté politique forte. L’affaire commence ici.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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