Viol conjugal : la justice française abandonne une septuagénaire

"On m'a raccroché au nez"
70 ans.
Violée.
Menacée de mort.
Frédérique se présente au commissariat. Premier refus : "Revenez demain". Deuxième tentative : "Pas notre secteur". Troisième appel : "Composez le 17".
Et le 17 de la renvoyer... au point de départ.
— J'ai cru devenir folle, raconte-t-elle à Mediapart, la voix tremblante de rage contenue. Juste une plainte. Rien qu'une écoute.
Le parquet de Paris l'admet enfin : la procédure a déraillé.
Comment ? Pourquoi ?
La machine à broyer les victimes
Les chiffres font mal.
En 2026, une femme sur trois victime de violences conjugales renonce à porter plainte. Frédérique a osé.
Résultat ?
- Commissariat du 15e : "Pas le temps"
- Brigade des mineurs : "Incompétente"
- Standard téléphonique : "Appelez le 3919"
Le 3919. Une écoute compassionnelle. Pas un service d'enquête.
— J'ai compris qu'on se fichait de moi, lâche Frédérique, les poings serrés.
Pourtant, la loi est formelle.
L'écart abyssal entre le texte et la réalité
Article 222-23 du code pénal : 15 ans de prison pour viol. Peu importe que l'agresseur soit un conjoint.
Sur le terrain ?
94 000 déclarations de violences conjugales en 2024. Seulement 16% de plaintes.
— Les flics minimisent systématiquement, souffle une procureure sous anonymat. Surtout quand la victime a des cheveux blancs.
Frédérique confirme :
— On m'a demandé si je n'avais pas "rêvé" cette agression. À 70 ans, apparemment, on délire.
Le parquet se réveille (trop tard)
Réaction du parquet de Paris ? Deux jours après la publication de Mediapart. Simple coïncidence ?
— Dysfonctionnement identifié, bredouille-t-on place Vendôme. Sans autre explication.
Dysfonctionnement ? Voyons plutôt :
- Budget de la justice : -8% en 2025
- Effectifs policiers : -12% depuis 2017
— Les services sont sous l'eau, se défend un syndicat.
Sous l'eau ? Vraiment ?
30 000 fonctionnaires à la préfecture de police. Zéro disponible pour Frédérique pendant 21 jours.
Le grand mensonge de l'État
- Le Grenelle promettait la lune. Cinq ans plus tard ?
- 122 féminicides en 2025 (+9%)
- 30% des plaintes classées sans suite
- 1,2 million d'euros en moins pour les associations
— Frédérique n'est pas une exception, martèle Me Dubois, avocate spécialisée. C'est le système qui craque de partout.
Le système ? Non. Ceux qui le dirigent.
Les responsables ont un nom
Gérald Darmanin. Ministre de l'Intérieur depuis 2020. Bilan :
- +15% de violences conjugales
- 23 commissariats fermés
- Aucune formation obligatoire
Éric Dupond-Moretti. Ancien garde des Sceaux. Héritage :
- 40 000 dossiers en attente
- Des tribunaux au bord de l'implosion
- Des propos qui ont "libéré la parole"... des agresseurs
— Quand le ministre de la Justice parle de "mensonges" dans 80% des plaintes pour viol, ça donne le ton, grince une magistrate.
Frédérique, elle, n'a pas menti.
Le calvaire continue
Plainte enfin enregistrée. Trois semaines perdues.
— Maintenant, commence le vrai parcours du combattant, soupire Frédérique.
Preuves médicales. Auditions. Expertises.
Temps moyen d'attente ? 18 mois. Quand le procès a lieu.
80% des viols conjugaux sont classés sans suite.
— Je tiendrai jusqu'au bout, promet Frédérique.
Contrairement à l'État, elle, elle tient parole.
Sources
- Mediapart (2 avril 2026)
- Témoignage de Frédérique
- Parquet de Paris
- Code pénal (Article 222-23)
- Ministère de l'Intérieur (chiffres 2024)
- Syndicat de la magistrature
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
Ne manquez aucun scandale
Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.


