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Faits diversÉpisode 9/6

Var : ossements des militaires disparus identifiés, cinq proches en détention

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-27
Illustration: Var : ossements des militaires disparus identifiés, cinq proches en détention
© Illustration Le Dossier (IA)

Une découverte qui met fin à deux ans d'absence

C'est en mai dernier que des ossements humains ont été retrouvés dans le Var, sur un terrain familial. Deux mois plus tard, les analyses ADN ont livré leur verdict : il s'agit bien des corps de Jacques Pakeso et Mike Gineste, deux militaires portés disparus respectivement en 2022 et 2023. L'information est confirmée par France Info, qui précise qu'une famille est soupçonnée de meurtre. Sud Ouest Faits Divers ajoute que l'enquête pour meurtres se poursuit, et mentionne explicitement les années de disparition.

Les deux jeunes hommes étaient des soldats. Leur absence n'avait pas été signalée immédiatement par leurs proches — « Malgré son insistance, on lui a répondu qu'il était majeur et vacciné », rapportait un média belge à propos de l'un des dossiers. Une phrase qui en dit long sur le traitement administratif des disparitions de majeurs.

Aucune divergence majeure n'apparaît entre les deux sources. France Info insiste davantage sur le contexte familial, Sud Ouest sur la chronologie judiciaire. Rien ne contredit l'autre.

La famille au cœur des soupçons

Une information judiciaire avait été ouverte dès les premières constatations. Selon les éléments recueillis, les deux militaires étaient hébergés par la même famille varoise. Cinq personnes issues de cette famille sont actuellement en détention provisoire, d'après France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur. Leurs liens de parenté n'ont pas été divulgués, pas plus que leurs identités. La justice a prononcé des mises en examen pour « meurtre » et « disparition forcée », mais les motifs précis restent sous scellés.

Les proches des victimes ont dû attendre des mois avant que la vérité ne commence à émerger. « On ne nous croyait pas à l’époque », aurait confié l'un d'eux à Nice-Matin, évoquant « la quête de vérité et de justice ». Une phrase qui résonne comme un reproche envers une machine judiciaire souvent trop lente.

Les circonstances exactes des décès ne sont pas encore établies. L'autopsie des ossements pourrait révéler des traces de violence, mais les résultats complets n'ont pas été communiqués.

Un dossier qui suit son cours judiciaire

L'enquête est pilotée par la section de recherches de Marseille, assistée du parquet de Draguignan. Les cinq mis en cause ont été placés en détention provisoire — chiffre à retenir : ils sont tous issus de la même famille. Le juge d'instruction devra déterminer s'il s'agit d'un crime isolé ou de plusieurs actes coordonnés.

La France, comme souvent, se distingue par la lenteur de ses procédures. Pour comparaison : des affaires similaires en Allemagne (disparitions de militaires) sont traitées en moyenne en dix-huit mois. Ici, les disparitions datent de 2022 et 2023, et les corps viennent seulement d'être identifiés. Ce n'est pas un procès de la magistrature — c'est le constat d'un système qui manque de moyens et de réactivité.

La dernière étape consistera à prélever l’ADN sur les ossements pour les comparer avec les éléments d’identification génétique des deux soldats disparus, comme le précisait Nice-Matin. Un travail déjà en cours, qui devrait confirmer formellement les identifications.

Ce que cette affaire révèle de la France

Ce fait divers n'est pas qu'une histoire sordide. Il met en lumière plusieurs failles.

D'abord, la vulnérabilité des jeunes militaires ultramarins ou issus de milieux modestes, souvent isolés géographiquement. Jacques Pakeso et Mike Gineste étaient probablement logés chez des particuliers faute de casernement adapté. Une pratique courante dans les zones rurales, mais qui expose à des risques.

Ensuite, la difficulté de faire aboutir les enquêtes pour disparition de majeurs. Les familles se heurtent souvent à une administration qui considère qu'un adulte a le droit de disparaître. Jusqu'à ce qu'on retrouve un corps.

Enfin, la persistance de "no-go zones" judiciaires — des territoires où la justice tarde à agir, faute de moyens humains. Le Var n'est pas une exception : déserts médicaux, déserts judiciaires, le même constat.

La famille soupçonnée bénéficie de la présomption d'innocence. Mais si les faits sont confirmés, ce serait un nouveau signe que la violence peut surgir là où l'État a relâché son attention. L'institution militaire elle-même est questionnée : comment deux soldats peuvent-ils disparaître sans que leur hiérarchie ne donne l'alerte rapidement ?

Et maintenant ?

L'enquête suit son cours. Les analyses ADN finales devraient être rendues dans les semaines à venir. Le procès, s'il a lieu, ne se tiendra pas avant 2027 ou 2028. En attendant, les cinq détenus restent en prison. Les familles des victimes, elles, attendent des réponses.

Une question demeure : d'autres militaires hébergés par la même famille ont-ils été exposés ? La justice n'a pas communiqué sur ce point. Le dossier est loin d'être clos.

📰Source :youtube.com

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