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Faits diversÉpisode 8/6

Var : les corps de deux militaires disparus identifiés, une famille mise en examen pour meurtre

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-27
Illustration: Var : les corps de deux militaires disparus identifiés, une famille mise en examen pour meurtre
© Illustration Le Dossier (IA)

Le silence des garrigues

C'est un recoin de la Provence qui a livré son secret. Fin mai 2026, dans les Bouches-du-Rhône, des ossements humains sont découverts dans une zone isolée. L'analyse ADN vient de confirmer ce que le parquet de Toulon redoutait : ils appartiennent à deux militaires portés disparus depuis plus de trois ans. L'identification a été officialisée le 27 juillet 2026, selon le communiqué du parquet de Toulon relayé par SudOuest.fr avec AFP.

Jacques Pakeso, né en 1997 à Nouméa, n'avait plus donné signe de vie depuis mai 2022. Il avait quitté la Nouvelle-Calédonie pour effectuer ses classes au sein de la Marine nationale, à Saint-Mandrier-sur-Mer, dans le Var. Mike Gineste, né en 1988 à Papeete, était engagé dans la Légion étrangère. Considéré comme déserteur depuis mai 2023 — malgré d'excellents états de service et un contrat fraîchement renouvelé. Sa famille était sans nouvelles de lui depuis cette période.

Deux trajectoires militaires exemplaires. Deux hommes jeunes, originaires du Pacifique, venus servir la France sur le continent. Disparus sans laisser de trace.

Jusqu'à cette découverte en garrigue.

La piste familiale

Selon la source, une mère et ses deux fils ont été mis en examen pour le meurtre des deux militaires. Ils sont également poursuivis pour traite d'êtres humains et séquestration.

Le lien entre les victimes et leurs accusés ? Un hébergement. Les soldats auraient été accueillis par cette famille. Les circonstances exactes de leur mort restent inconnues à ce stade. Le parquet de Toulon n'a pas communiqué sur le mode opératoire ni sur le mobile. Les investigations se poursuivent.

Ce qui frappe, c'est la discrétion des disparitions. Jacques Pakeso était parti de Nouméa pour rejoindre son unité. Mike Gineste, lui, avait renouvelé son engagement. Aucun des deux n'avait fui ni manifesté de troubles. Pourtant, l'institution militaire n'a pas alerté immédiatement. Le second a même été catalogué déserteur pendant des mois — une qualification qui a pu ralentir les recherches, selon des sources proches de l'enquête.

L'affaire prend une dimension plus large : un appel à témoins a été lancé pour recueillir des informations sur d'autres disparitions de personnes originaires des îles du Pacifique ayant séjourné dans le Var.

Où étaient les filets de protection ? Pourquoi des soldats, censés être encadrés, ont-ils pu disparaître sans que la hiérarchie ne s'en émeuve plus tôt ?

Un système qui laisse tomber les siens

Ce fait divers ne raconte pas seulement une histoire sordide. Il révèle une faille dans le traitement des militaires originaires des outre-mer. Ces jeunes hommes et femmes quittent leur île pour servir sous les drapeaux. Souvent, ils arrivent seuls, sans famille sur le continent, logés en caserne ou chez des particuliers.

Le premier réflexe de la Légion étrangère face à la disparition de Mike Gineste a été de le qualifier de déserteur. Alors qu'il venait de renouveler son contrat. Alors que sa famille, à Tahiti, tentait d'alerter. Un contraste saisissant avec la réactivité déployée quand un militaire métropolitain disparaît.

La France compte environ 10 000 soldats ultramarins engagés dans ses armées. Beaucoup viennent de Polynésie, de Nouvelle-Calédonie, des Antilles. Ils représentent une part précieuse du recrutement — mais leur éloignement géographique les rend vulnérables. Sans réseau, sans famille à proximité, ils sont plus exposés aux dérives.

Et maintenant ? L'enquête devra déterminer si d'autres disparitions sont liées à cette famille. Le parquet de Toulon a promis des investigations approfondies. L'institution militaire, elle, devra répondre d'une question gênante : comment deux soldats ont-ils pu s'évaporer sans déclencher plus tôt une procédure de recherche ?

Pour les familles des victimes, l'identification des corps est une étape douloureuse mais nécessaire. Enfin, elles peuvent faire leur deuil. Mais les questions persistent.

— Le Dossier

Sources

  • SudOuest.fr avec AFP (source citée dans la matière)

📰Source :youtube.com

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