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Philippe Pâqu, le vampire d’Amiens : trois fois condamné à perpétuité

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-25
Illustration: Philippe Pâqu, le vampire d’Amiens : trois fois condamné à perpétuité
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Le meurtre de Dominique Cré

23 mars 1983. Monique, 18 ans, est agressée au couteau près du stade Coubertin à Amiens. Elle échappe de peu à la mort grâce à une médaille qui dévie la lame. Deux jours plus tard, Jeun Viè, 19 ans, subit le même sort. Puis Carole, 20 ans, est poignardée à plusieurs reprises près de la gare du Nord. Trois jeunes femmes blondes, trois attaques violentes. La ville panique. On parle déjà du "vampire d’Amiens".

Mais le pire est à venir. Le 11 mai 1983, Dominique Cré, 16 ans, disparaît après avoir quitté son lycée. Elle voulait rentrer chez elle en stop. On retrouve son corps 17 jours plus tard, criblé de 18 coups de couteau. Une scène de crime d’une brutalité inouïe. Les gendarmes savent qu’ils ont affaire à un tueur en série.

Le 10 juin 1983, Philippe Pâqu est arrêté. Dans sa voiture, les gendarmes découvrent un couteau. Chez lui, le sac de sport de Dominique. Les preuves sont accablantes. Lors de son interrogatoire, Pâqu avoue. "Je l’ai prise en stop. Elle ressemblait à ma femme." Dominique était blonde, comme les autres victimes. Une ressemblance fatale.

Le vampire d’Amiens

Le 13 juin 1983, Philippe Pâqu est confronté à Monique, Jeun Viè et Carole. Il reconnaît les agressions. "C’est moi, je suis le vampire d’Amiens." Même motif : les victimes ressemblaient à son ex-femme. Une vengeance par ricochet. Pâqu explique qu’il ne s’en prenait pas à elles personnellement. Mais le couteau, lui, ne faisait pas de distinction.

En 1987, Philippe Pâqu est condamné à perpétuité pour assassinat et tentatives d’assassinat. La cour d’assises de la Somme le qualifie de "pervers". Mais la perpétuité, en France, ne signifie pas la prison à vie. En 2011, après 26 ans de détention, Pâqu obtient une libération conditionnelle. Une erreur monumentale.

La récidive

4 janvier 2012. Philippe Pâqu est en semi-liberté. Une éducatrice de 31 ans l’accompagne à Pôle Emploi. Sur le trajet du retour, il sort un couteau et la frappe à plusieurs reprises. Elle parvient à s’échapper de justesse. Pâqu est arrêté quelques heures plus tard. Il reconnaît les faits mais nie toute intention de tuer.

En février 2014, il est condamné à perpétuité pour la deuxième fois. Cette fois, la cour d’assises du Calvados ne prend aucun risque. Mais Pâqu n’a pas dit son dernier mot.

L’agression de la psychologue

25 mai 2021. Philippe Pâqu, 63 ans, est incarcéré à la maison centrale de Saint-Martin en Ray. Il a rendez-vous avec sa psychologue. Dès qu’elle ferme la porte, il se jette sur elle, tente de l’étrangler et de la poignarder avec une fourchette taillée en arme. Les surveillants interviennent à temps. La psychologue est choquée mais vivante.

Sur Pâqu, on trouve une lettre glaçante. Il y décrit ce qu’il comptait faire subir à sa victime. Lors de son procès en juin 2023, il exprime des regrets. "Je suis dans un trou sans fond", dit-il. Trop peu, trop tard. Le 1er juillet 2023, il est condamné à perpétuité pour la troisième fois.

Une histoire sans fin ?

Trois condamnations à perpétuité. Des dizaines de vies brisées. Philippe Pâqu, le vampire d’Amiens, incarne l’échec d’un système pénitentiaire incapable de protéger la société. Sa libération conditionnelle en 2011 a conduit à de nouvelles violences. Une erreur qui aurait pu être fatale.

Regardons les faits. Depuis 1983, Pâqu n’a cessé de représenter une menace. Agressions, meurtres, récidives. Chaque fois, les preuves étaient accablantes. Chaque fois, la justice a prononcé la peine maximale. Mais chaque fois, Pâqu a trouvé un moyen de continuer.

Qui est responsable ? Les juges qui ont accordé la libération conditionnelle ? Les psychiatres qui n’ont pas vu le danger ? Ou simplement un homme incapable de se réformer ? Une date. Un virement. Une question. Pourquoi Philippe Pâqu a-t-il été libéré ?

La réponse est peut-être dans ses propres mots. "Je n’arrive plus à remonter. Vu mon âge, je sais qu’il n’y a plus d’espoir de sortie." Philippe Pâqu restera en prison jusqu’à la fin de ses jours. Mais pour les victimes et leurs familles, la terreur continuera. Une histoire sans fin.

Par la rédaction de Le Dossier

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