Wildberries dans le viseur : pourquoi Kiev bombarde l'Amazon russe

Trois sites touchés en une nuit
La nuit du 3 au 4 août, trois entrepôts Wildberries ont été frappés. Le premier, près de Toula, au sud de Moscou — cinq morts, dix blessés. Les autorités russes ont fourni ce bilan. Deux autres centres, l'un près de Saint-Pétersbourg, l'autre au nord-ouest de la capitale, ont également été endommagés.
Depuis la mi-juillet, l'Ukraine ne s'arrête pas là. Elle a ciblé une vingtaine de centres logistiques de l'entreprise. Une tentative contre un entrepôt à Iekaterinbourg, dans l'Oural, a échoué, selon la source.
Les images montrent des bâtiments entièrement consumés. Danil, un habitant d'Ivanis près de Moscou, témoigne : après le bombardement, il s'est rendu sur place. Il a vu « tout l'entrepôt brûlé ». D'après Reuters, Wildberries fait partie des plus gros emprunteurs russes — notamment via la banque publique VTB. Fragiliser l'entreprise, c'est fragiliser tout un système financier lié à l'effort de guerre. Voilà.
Un colosse aux pieds d'argile
Wildberries, c'est le géant du e-commerce russe. Créée en 2004 par Tatiana Bakalchuk, la plateforme contrôlait 52 % du marché en 2025. Avec son concurrent Ozon, elle pèse 8,5 % du PIB russe et emploie indirectement près de 4 millions de personnes.
Pour Kiev, cette puissance est une faiblesse. Le président ukrainien Volodimir Zelensky accuse Wildberries de stocker et d'acheminer des composants électroniques, des pièces pour drones, des équipements de navigation — bref, de faciliter le contournement des sanctions occidentales. L'entreprise conteste. Sa dirigeante, Tatiana Bakalchuk, nie toute implication dans l'effort militaire.
Les entrepôts détruits désorganisent les chaînes d'approvisionnement. Livraisons retardées, vendeurs en perte, prix qui grimpent. L'effet est double : économique et psychologique. Des habitants de Moscou interrogés dans la source expriment colère et impuissance. Certains continuent de commander pour « soutenir les petits vendeurs ». La guerre entre dans leur quotidien.
Aucun juge pour trancher
Il n'existe pas de procédure judiciaire encadrant ces frappes. Pas de mandat d'arrêt, pas de plainte connue. La Russie crie au terrorisme ; l'Ukraine invoque son droit à l'autodéfense et la légitimité de cibler des infrastructures participant à l'effort de guerre. Aucune juridiction internationale n'a qualifié ces attaques. Pour l'instant.
Et maintenant ?
L'objectif ukrainien est double, selon la source : désorganiser l'économie russe et frapper psychologiquement les citoyens. Le front étant figé, Kiev veut rendre la guerre « plus coûteuse » pour Moscou. Sur tous les plans.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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