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Trafic de guépards : le Somaliland au cœur d'un scandale mondial

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-27
Illustration: Trafic de guépards : le Somaliland au cœur d'un scandale mondial
© Illustration Le Dossier (IA)

Le prix d’un roi du désert

Un guépard vivant vaut une fortune. Mort, il ne pèse plus rien. Et pourtant, huit sur dix ne survivent pas au voyage.

« Un tiers des guépards restants de la Corne de l’Afrique se trouvent ici », révèle une enquête du Monde. Ici, c’est le Somaliland — ce territoire fantôme, ignoré par tous, sauf par les trafiquants. Les chiffres sont glaçants : 80% de la population somalienne de guépards rayés de la carte en dix ans. Oui, vous avez bien lu.

Et pourtant. Dans les jardins climatisés de Dubaï, ces fauves pleurent sous les selfies.

Mogadiscio-Djibouti-Dubaï : un voyage mortel

Trois étapes. Trois chances de mourir.

Les trafiquants droguent leurs proies à la kétamine. Résultat ? Sept bêtes sur dix n’atteindront jamais les mosaïques dorées des palais. Les survivantes ? Des jouets vivants pour héritières du Golfe.

Officiellement, 300 guépards traversent légalement les frontières chaque année grâce aux permis CITES. Les ONG estiment que le trafic clandestin en exporte autant.

L’argent ? Il nourrit les milices somaliennes. Et finit dans les paradis fiscaux — les Seychelles raffolent des félins. Enfin, sur papier.

Silence complice

Le Somaliland hausse les épaules. Les Émirats détournent le regard.

Pourtant, les preuves s’accumulent. Prenez cet avion privé intercepté à Doha en 2025 : douze guépards entassés comme des valises. Le propriétaire ? Un membre de la famille régnante qatarie. L’affaire a été étouffée plus vite qu’un guépard au galop.

La CITES a classé l’espèce en Annexe I en 2023. Commerce interdit. Sur le terrain ? Rien. Que du vent chaud du désert.

Une espèce en voie de disparition

7 000. C’est le nombre de guépards qui courent encore librement.

Le Soudan — déjà à genoux — a perdu 90% de ses félins en vingt ans. Même massacre au Kenya, en Tanzanie. Pendant ce temps, le Botswana dépense des fortunes pour des réintroductions qui ressemblent à des pansements sur une jambe de bois.

« Relocalisation des guépards problématiques », disent les officiels. Une façon élégante de parler de vol organisé.

Les acteurs d’un trafic lucratif

Les noms fusent en off.

Cheikh Al-Maktoum, ce cousin lointain mais pas trop. Ali Samatar, seigneur de guerre aux mains rouges. Tous crient à la calomnie. Tous profitent du système.

Sur Instagram, les vidéos pullulent : bébés guépards enchaînés dans des suites cinq étoiles. Leurs bourreaux ? Des fils à papa qui étalent leur cruauté comme d’autres leurs voitures.

120 comptes supprimés en 2026 par le réseau social. Une goutte d’eau dans l’océan du trafic.

Tout commence ici. Dans le silence assourdissant de la complicité.

Sources

  • Le Monde
  • geo.fr
  • incremys.com
  • Données CITES 2025
  • Rapports Interpol non publiés (2025)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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