LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

Faits divers

Tennessee : le pasteur trumpiste Greg Lock visé par 60 balles, une enquête ouverte

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-11
Illustration: Tennessee : le pasteur trumpiste Greg Lock visé par 60 balles, une enquête ouverte
© YouTube

Soixante balles. Deux ont traversé le mur de la chambre de sa fille. Greg Lock, pasteur évangélique star aux 2,5 millions d'abonnés, a failli être assassiné début septembre dans sa propriété du Tennessee. Selon le reportage de Sept à Huit, le tireur court toujours. L'enquête n'a pas encore livré ses conclusions.

L'instant d'après

La caméra de surveillance a tout filmé. Greg Lock, sa femme et ses enfants rentrent chez eux. Une minute plus tard, ils sont dans la maison. Une minute après le départ du tireur. « Dieu m'a protégé comme il a protégé Donald Trump lors de sa tentative d'assassinat », déclare le pasteur dans le reportage. « Tant que Dieu aura besoin de moi, aucune balle ne pourra m'atteindre. »

Les impacts sont encore visibles. Deux balles ont touché le coin de la maison, au niveau de la chambre de sa fille. L'une a atteint la tête de lit. Le tireur était au bout de l'allée, au niveau du portail. Il a tiré 60 balles. Soixante. La police n'a pas encore identifié le suspect.

Greg Lock, lui, a sa conviction. « Je peux vous dire à 99,9 % que le tireur ne va pas voter Trump. » Une déclaration attribuée, non vérifiée. Le mobile reste inconnu. L'enquête suit son cours.

Un empire bâti sur la polémique

Greg Lock n'est pas un pasteur comme les autres. Il est une machine à clics. 2,5 millions d'abonnés sur les réseaux sociaux. Des livres, des films, de la musique. Un empire qui lui rapporte plusieurs millions de dollars par an, selon le reportage.

Sa recette ? La provocation permanente. En 2016, il se fait connaître en dénonçant les toilettes non genrées d'une chaîne de supermarchés. « Vous encouragez les pervers, les pédophiles, les gens qui vont faire du mal à nos enfants », tonne-t-il. Ses prêches rassemblent des millions de fidèles en ligne.

Il brûle des livres d'Harry Potter, accusés de répandre la sorcellerie. Il fracasse une maison de poupée avec une batte de baseball autour de laquelle il a enroulé une Bible. Symbole, selon lui, de la maison des addictions. « Jetez-les tous », hurle-t-il.

Deux fois par semaine, il prêche dans une tente installée sur sa propriété. Ses sermons mêlent passages bibliques et thèmes de campagne de Donald Trump. « L'absence de contrôle aux frontières, ça concerne nos enfants. Ils vont détruire l'avenir de nos enfants », assène-t-il. « Donc ça ne m'ennuie pas de hurler pour vous réveiller. »

Sur X, il est encore plus virulent. Sa dernière publication avant le reportage : « Ils vous diront que c'est conspirationniste, mais je vous donne un fait. Kamala gagne, il n'y aura plus de démocratie. » Il assume. « X génère beaucoup de haine, mais ça ne me dérange pas. Moi, je me nourris de la haine des autres. »

Des fidèles prêts à tout

Sam vient avec ses enfants toutes les semaines. « Quand il prêche, ça me donne envie de me plonger dans ma Bible pour entendre ce que le Seigneur a à me dire. Et quand je fais ça, le Saint-Esprit me parle de l'importance d'aller voter. » Il est d'accord avec le pasteur : « Vous ne pouvez pas être un chrétien et voter démocrate. »

Tracy et Chuck, 71 et 72 ans, ont déménagé pour se rapprocher de Greg Lock. Ils habitaient dans l'Oregon, à 3 000 kilomètres de là. Ils ont acheté une maison à 20 minutes de l'église. Depuis, ils étudient la Bible dès 6 heures du matin, pendant deux heures. Ils ont même arrêté de regarder le football à la télé. « Le football, c'est de l'idolâtrie », explique Tracy.

Pour eux, Donald Trump est le sauveur. « Quand Trump va devenir président, il va respecter notre Constitution. Le port d'armes sera protégé. Nos droits seront garantis. » La journaliste demande : « Mais c'est déjà le cas, non ? Vous avez la liberté de religion aux États-Unis ? » Réponse : « Oui et non. On sent que le gouvernement opprime nos libertés. Aujourd'hui, on ne peut pas dire ce que l'on pense sur les transgenres, sur l'avortement, sur le mariage gay. Nous sommes diabolisés pour nos croyances. »

Le projet : christianiser le pouvoir

Greg Lock n'est pas un cas isolé. Il est l'une des figures d'un mouvement plus large : les pasteurs trumpistes. Leur objectif ? Transformer les États-Unis en un État religieux gouverné par les lois de la Bible.

Lens Walno, un autre pasteur, prône le « christianisme nationaliste ». Dès 2015, il soutient que Donald Trump a été choisi par Dieu. Il parcourt le pays pour donner le mode d'emploi. « Si tout ce que nous faisons, c'est aller à l'église, prier et pleurer pour la gloire de Dieu sans agir dans notre communauté, nous n'aurons fait que la moitié du travail », explique-t-il. « Organisez-vous au niveau local pour renverser l'élection, pour infiltrer les conseils scolaires, influencer les programmes de l'école, écrire dans la presse et participer aux conseils municipaux. »

Sa plus grande fierté ? Avoir convaincu les chrétiens évangéliques que Trump n'était pas un ennemi. « Il n'est peut-être pas le meilleur représentant de nos valeurs, mais l'église doit sortir de sa piété, de son jugement et embrasser cet homme envoyé par Dieu. » Et de revendiquer : « Grâce à mon influence, l'arrêt de la Cour suprême qui protégeait l'avortement a été annulé. »

Prochaine bataille ? « Gagner l'élection. »

Un meeting devant le Capitole

Quelques jours avant l'élection, Greg Lock rejoint d'autres pasteurs trumpistes pour un meeting. Lieu : devant le Capitole, à quelques centaines de mètres de la Maison-Blanche. « C'est pour montrer au diable que nous allons lui reprendre le terrain qu'il nous a volé », lance-t-il.

Ils sont peu nombreux. Une centaine de personnes. Mais l'essentiel est dans la mise en scène. Les six heures de prêche sont retransmises en direct sur internet. Les pasteurs font venir des fidèles de leur paroisse. Certains ont roulé pendant dix heures.

Le message est simple : « Il y a 35 millions de chrétiens évangéliques qui n'ont pas voté en 2020. Si on arrive à convaincre 10 % ou même 1 % de ces chrétiens qui ne se sont pas déplacés il y a quatre ans, ça changera toute l'élection. C'est mathématique. »

Ce que ça dit de la France

Ce fait divers américain peut sembler lointain. Il ne l'est pas. La France compte entre 3 et 4 % d'évangéliques, selon les estimations. En 1995, ils étaient 1,5 %. La progression est rapide. Le sociologue Jean-Paul Willaime l'attribue à la croissance des mouvements évangéliques.

Le modèle américain interroge. Aux États-Unis, les églises évangéliques sont exemptées d'impôts. Mais elles perdent cet avantage si leur pasteur s'engage politiquement. Greg Lock le fait ouvertement. « C'est totalement la responsabilité d'un pasteur de faire ça », assume-t-il. « Si je dois m'occuper de votre âme, il faut aussi que je m'occupe de votre vote. »

En France, la loi de 1905 interdit strictement ce mélange. La séparation de l'Église et de l'État est un pilier républicain. Mais la pression évangélique monte. Des pasteurs français, souvent venus des États-Unis, commencent à s'engager sur des sujets de société : avortement, mariage homosexuel, éducation.

La question est simple : jusqu'où ira cette influence ? Les États-Unis montrent ce qui peut arriver quand la religion devient un outil politique. Quand des pasteurs appellent à « infiltrer les conseils scolaires » et à « renverser l'élection ». Quand un homme politique est présenté comme « envoyé par Dieu ».

Les faits sont têtus. Une tentative d'assassinat a eu lieu. Soixante balles ont été tirées. Le tireur court toujours. L'enquête n'a pas encore livré ses conclusions.

Et maintenant ? La France regarde. Et se demande si ce modèle peut traverser l'Atlantique.

Sources : Reportage de Sept à Huit (TF1), « Ces pasteurs extrémistes qui prêchent pour Trump ». Les informations attribuées dans cet article proviennent exclusivement de ce reportage. Aucune autre source n'a été consultée. Les circonstances exactes de la tentative d'assassinat, le mobile du tireur et l'état d'avancement de l'enquête ne sont pas documentés par d'autres médias à ce stade.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Sur le même sujet