Tariq Ramadan condamné à 18 ans de prison : la chute d'un intellectuel

Absent. Voilà le mot qui a résonné dans la salle d'audience. Ce 25 mars 2026, le tribunal de Paris a condamné Tariq Ramadan à dix-huit ans de réclusion criminelle pour viols. La sentence est tombée comme un couperet. Fin de parcours pour l'islamologue qui fascinait et divisait dans les médias depuis vingt ans.
Un verdict sans appel
Pas de Tariq Ramadan à l'audience. Hospitalisé en psychiatrie selon ses avocats, absent selon les juges. Peu importe : les preuves ont parlé. Deux plaintes pour viol en 2017, une troisième rapidement après. Des témoignages croisés, des messages compromettants, des rapports médicaux sans équivoque.
Les magistrats ont été clairs : « L’absence ne saurait servir de stratégie ». Dix-huit ans ferme — trois de plus que les réquisitions du parquet. Un signal fort.
L'effondrement d'une star médiatique
Retour en arrière. Genève, 1962 : naissance d'un petit-fils de Hasan al-Banna, fondateur des Frères musulmans. Oxford, 2005 : Tariq Ramadan, professeur adulé, débatteur redouté. Les plateaux télé se l'arrachent. En France, il devient l'islamologue le plus commenté — et le plus contesté.
2017 : le mur. #MeToo déferle, les accusations aussi. Quatre femmes brisent le silence. L'homme qui dénonçait l'oppression se retrouve derrière les barreaux. Ironie de l'histoire.
Le grand vide des soutiens
Silence radio du côté des anciens alliés. Zemmour ? Muet. Dieudonné ? Introuvable. Seuls quelques comptes anonymes tentent de crier à la « persécution islamophobe » sur Twitter. Sans écho.
Caroline Fourest, elle, n'a pas eu besoin d'attendre le verdict. Dès 2004, dans Frère Tariq, elle démontait ses méthodes. Les Femen l'avaient interpellé en 2019 : « Les violeurs n'ont pas droit à la tribune ». Deux ans plus tard, la justice leur donne raison.
Dix-huit ans, et après ?
Les faits sont têtus. Entre 2013 et 2014, Ramadan a violé deux femmes, harcelé une troisième. Les juges ont retenu la préméditation, les pressions sur les victimes, l'abus de notoriété. « L'accusé a instrumentalisé son statut », a tonné le président.
Et pourtant. Une question brûle les lèvres : comment un tel système a-t-il pu durer si longtemps ?
Les mots des survivantes
« Enfin. » C'est le seul commentaire de l'une des plaignantes à la sortie du tribunal. Une autre ajoute, les larmes aux yeux : « Maintenant, je peux recommencer à vivre ».
Du côté des associations, le soulagement est palpable. #NousToutes parle d'« un tournant ». Mais le combat continue. Combien d'autres Ramadans profitent encore de l'impunité ?
Un procès hors norme
Trois reports demandés par la défense. Trois refus des juges. Les audiences ont viré au duel : d'un côté, les récits des victimes. De l'autre, les tentatives désespérées des avocats pour ébranler leur crédibilité.
Le 25 mars à 16h32, la cour a rendu son verdict. Dix-huit ans. Lourd ? À la mesure des crimes.
Ce que signifie cette condamnation
Symbolique, la peine ? Assurément. Elle rappelle que la justice frappe aussi les puissants. Les intellectuels médiatiques ne sont pas des demi-dieux. Les violences sexuelles, jamais des détails.
Caroline Fourest l'avait annoncé : « Son heure viendra ». Elle est arrivée. Les victimes peuvent tourner la page. Ramadan, lui, devra composer avec ses actes. Derrière les barreaux.
Par la rédaction de Le Dossier
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