EXCLUSIF: Une survivante de Bergen-Belsen brise le silence sur l'horreur nazie

Bergen-Belsen : l'enfer à 4 ans
Évelyne Askolovitch a 87 ans. Elle en avait à peine 4 lorsqu’elle a été déportée à Bergen-Belsen. Avant cela, elle a été internée à Wurth, dans le sud des Pays-Bas. Retenez ce détail : 90% des enfants de Wurth sont morts dans ce camp.
Les enfants étaient battus. Les gardiennes frappaient ceux qui ne pouvaient pas tenir debout. Évelyne faisait partie de ces enfants. Elle se souvient d’une chose : elle avait arrêté de parler. "Je ne parlais plus. C’était un mécanisme de survie", confie-t-elle. Sa mère, dans un livre, l’a écrit noir sur blanc : "Evelyne ne parle plus, les enfants ne parlaient plus."
Aujourd’hui, ces souvenirs ressurgissent. Physiquement. Lors d’une commémoration à Wurth, elle s’est retrouvée tétanisée. "Mon corps s’est souvenu de ce que ma tête avait oublié", explique-t-elle. Les coups, la peur, la faim. Tout est encore là, enfoui dans sa mémoire.
Westerbork : le camp de l'oubli
Westerbork. Un camp de transit aux Pays-Bas. Les nazis y ont déporté 102 000 personnes. Parmi elles, des femmes, des enfants. Ce transport des enfants en juin 1943 reste l’un des épisodes les plus sombres de la Shoah. Évelyne y a survécu. Mais elle en porte les cicatrices.
"Je me demande encore comment des femmes peuvent battre des enfants", dit-elle. Les baraques des enfants étaient séparées de celles des mères. Ces dernières ne pouvaient voir leurs enfants que lorsqu’ils étaient sur le point de mourir. Une cruauté inimaginable.
Les Pays-Bas, un pays civilisé ? Évelyne en doute. Elle dénonce l’amnésie collective. "On n’en parle pas. Ce n’est pas dans le programme scolaire", lance-t-elle. Pourtant, 102 000 noms sont gravés sur un mur à Amsterdam. Mais personne ne s’en souvient.
La mémoire contre l'oubli
Évelyne Askolovitch a écrit un livre. "Ce souvenir ensemble", publié aux Éditions Grasset. Elle l’a coécrit avec son fils Claude. Un témoignage poignant. Une mémoire qu’elle a longtemps gardée fermée. "J’ai rouvert cette porte pour que l’histoire ne se répète pas", dit-elle.
Elle intervient dans les écoles. Elle témoigne devant les jeunes. Des échanges parfois difficiles, mais essentiels. "Je leur dis de faire attention à qui ils votent. De ne pas laisser l’histoire se répéter", insiste-t-elle.
Les négationnistes ? Elle les combat. "Aux Pays-Bas, certains disent que ça n’a pas existé. C’est insupportable", affirme-t-elle. Elle rappelle les chiffres : 6 millions de Juifs tués pendant la Shoah. Un génocide planifié, organisé, exécuté.
Réconciliation : les femmes en première ligne
Évelyne Askolovitch milite pour la réconciliation. Entre femmes juives et musulmanes. "Nous sommes cousins. Nous avons beaucoup en commun", explique-t-elle. Elle cite l’exemple d’un rabbin qui a réuni des femmes des deux communautés autour de la cuisine.
"La paix peut venir par les femmes", croit-elle. Elle lutte contre les divisions, les haines. Elle veut construire des ponts. Pour elle, c’est une question de survie. "Il ne faut rien laisser passer. Il faut créer des liens", insiste-t-elle.
Transmettre pour ne pas oublier
Évelyne Askolovitch sait qu’elle est l’un des derniers témoins de la Shoah. Elle ne veut pas imposer cette mémoire à ses petits-enfants. "C’est trop douloureux", dit-elle. Mais elle continue de témoigner. Dans les écoles, devant les jeunes.
"Je laisse quelque chose derrière moi", espère-t-elle. Elle veut que cette mémoire survive. Que les générations futures se souviennent. Pour que l’horreur ne se répète jamais.
Le dossier est loin d’être clos. La mémoire de la Shoah doit être préservée. Évelyne Askolovitch le fait avec courage. Avec détermination. Elle est une voix parmi les dernières. Une voix essentielle.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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